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	<title>Uncategorized &#8211; Collectif HAMEB | Halte Au Massacre En Birmanie</title>
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	<description>ONG humanitaire </description>
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	<item>
		<title>Comprendre la crise des Rohingya en Birmanie</title>
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		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 25 Apr 2019 19:22:55 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Uncategorized]]></category>
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					<description><![CDATA[En près de deux semaines, ils sont quelque 379 000 Rohingya à avoir fui la Birmanie pour trouver refuge au Bangladesh, échappant ainsi aux violences qui frappent l’Etat d’Arakan (appelé Rakhine par le gouvernement). Quelle est l’origine de cette crise qui dure depuis des dizaines d’années ?]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong>L’ONU estime que près de 379 000 personnes ont fui le pays depuis fin août. Le Conseil de sécurité a réclamé à la Birmanie d’agir pour faire cesser une « violence excessive » contre les Rohingya. </strong></p>



<p>En près de deux semaines, ils sont quelque 379&nbsp;000 Rohingya à avoir 
fui la Birmanie pour trouver refuge au Bangladesh, échappant ainsi aux 
violences qui frappent l’Etat d’Arakan (appelé Rakhine par le 
gouvernement). Quelle est l’origine de cette crise qui dure depuis des 
dizaines d’années&nbsp;?</p>



<ul class="wp-block-list"><li>D’où viennent les Rohingya&nbsp;?</li></ul>



<p>Un
 peu plus d’un million de Rohingya vivent actuellement dans l’Etat 
d’Arakan, dans le nord-ouest de la Birmanie. Ces musulmans sunnites 
vivent dans un pays où plus de 90&nbsp;% des 52&nbsp;millions d’habitants sont 
bouddhistes.               Lire : <a href="https://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2017/09/13/dans-le-nord-de-la-birmanie-une-longue-histoire-de-tensions-et-de-violences_5184821_3216.html">Dans le nord de la Birmanie, une longue histoire de tensions et de violences</a></p>



<p><a href="http://www.monde-diplomatique.fr/2014/11/MOHAMED/50923">Comme le rappelle <em>Le Monde diplomatique</em></a>,
 certains historiens considèrent que les Rohingya descendent de 
commerçants et de soldats arabes, mongols, turcs ou bengalis convertis à
 l’islam au XV<sup>e</sup>&nbsp;siècle.</p>



<p>Dans
 le pays, l’origine même du nom de «&nbsp;Rohingya&nbsp;» est controversée. Les 
historiens birmans soutiennent que personne n’en avait entendu parler 
avant les années 1950. Ceux-ci renforcent la position du gouvernement, 
qui estime que les Rohingya sont arrivés au moment de la colonisation 
britannique, à la fin du XIX<sup>e</sup>&nbsp;siècle, et qu’ils sont donc des émigrés illégaux du Bangladesh voisin.</p>



<ul class="wp-block-list"><li>Apatrides depuis 1982, victimes de nombreuses restrictions</li></ul>



<p>Une
 loi de 1982 instaurée par la dictature militaire a rendu les Rohingya 
apatrides. Ils n’ont pas été reconnus comme faisant partie des cent 
trente-cinq ethnies répertoriées en Birmanie. Aujourd’hui encore, le 
gouvernement birman ne reconnaît que les «&nbsp;races nationales&nbsp;», celles 
présentes dans le pays avant l’arrivée des colons britanniques, en&nbsp;1823.</p>



<p><a href="http://ec.europa.eu/echo/files/aid/countries/factsheets/rohingya_fr.pdf">Selon un rapport de la Commission européenne</a>, mis à jour en mai, <em>«&nbsp;il existe des tensions de longue date&nbsp;» </em>entre les Rohingya et <em>«&nbsp;la communauté bouddhiste du Rakhine&nbsp;»</em>, et <em>«&nbsp;la ségrégation communautaire </em>[y est]<em> institutionnalisée&nbsp;»</em>. Le document met en avant de nombreuses restrictions auxquelles les minorités musulmanes doivent se plier&nbsp;:</p>



<p>«&nbsp;Ils
 ne peuvent pas voyager sans autorisation, ni travailler en dehors de 
leurs villages, ni même se marier sans l’autorisation préalable des 
autorités, et n’ont pas accès en suffisance à la nourriture, aux soins 
de santé et à l’éducation.<em>&nbsp;»</em></p>



<p>Le document européen ajoute qu’<em>«&nbsp;en
 conséquence de la limite du nombre d’enfants autorisés pour les couples
 rohingya, des milliers d’enfants se retrouvent sans certificat de 
naissance car ils n’ont pas été déclarés&nbsp;»</em>.</p>



<p>La 
privation de droits ne s’arrête pas là. Les Rohingya ont été 
officiellement interdits de vote lors des dernières élections générales 
de novembre&nbsp;2015 et <em>«&nbsp;n’ont eu droit à aucune représentation politique&nbsp;»</em>.</p>



<ul class="wp-block-list"><li>Pourquoi cette crise revient-elle au cœur de l’actualité&nbsp;?</li></ul>



<p>Une
 nouvelle flambée de violences dans l’Etat d’Arakan, souvent en proie à 
des troubles, a commencé après l’attaque d’une vingtaine de 
postes-frontières, le 25&nbsp;août, par des rebelles de l’Armée du salut des 
Rohingya de l’Arakan (ARSA), faisant douze morts dans les rangs des 
policiers. Ce groupe rebelle a émergé récemment, face à l’absence 
d’avancées sur le dossier de la minorité musulmane. Ces attaques ont 
déclenché une répression de l’armée et fait plus de quatre cents morts, 
pour la plupart des Rohingya, selon l’armée. L’ONU évoque plus de mille 
morts.</p>



<p><em>«&nbsp;Cette fois, les Rohingya birmans sont la 
cible d’une campagne de déportation systématique, dont l’objectif semble
 être qu’elle soit totale et définitive. Une fin de leur monde&nbsp;», </em>rapporte Rémy Ourdan, envoyé spécial du <em>Monde </em>à la frontière banglado-birmane.<em> «&nbsp;Ceux qui restent derrière les fuyards sont exécutés, et les villages sont systématiquement brûlés&nbsp;»</em>, dit-il encore.               Lire notre reportage : <a href="https://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2017/09/13/il-n-y-a-plus-rien-la-bas-sur-les-routes-de-la-deportation-des-rohingya-birmans_5184722_3216.html">« Partez ou vous allez tous mourir  »&nbsp;: sur les routes de la déportation des Rohingya birmans</a></p>



<p>Le haut-commissaire de l’ONU aux droits humains, Zeid Ra’ad Al Hussein, a déclaré que<em> «</em>&nbsp;<em>la situation sembl[ait] être un exemple classique de nettoyage ethnique&nbsp;»&nbsp;</em>:</p>



<p><em>«&nbsp;Nous
 avons reçu de multiples rapports et des images satellitaires montrant 
des forces de sécurité et des milices locales brûlant des villages 
rohingya, et des informations cohérentes faisant état d’exécutions 
extrajudiciaires, y compris de tirs sur des civils en fuite.&nbsp;»</em></p>



<p>Les
 rebelles rohingya ont déclaré, dimanche 10&nbsp;septembre, un cessez-le-feu 
unilatéral d’un mois, mais le gouvernement birman a répondu qu’il ne 
négociait pas avec des<em> «&nbsp;terroristes&nbsp;»</em>.</p>



<ul class="wp-block-list"><li>Quels sont les précédents épisodes de violence&nbsp;?</li></ul>



<p>En&nbsp;2012,
 des violences intercommunautaires avaient déjà éclaté dans l’Etat 
d’Arakan, faisant plus de deux cents morts, principalement parmi les 
musulmans. Des milliers d’entre eux durent alors quitter leur domicile. 
Plus de cent quarante mille personnes avaient fui cette année-là et cent
 vingt mille sont toujours déplacées quatre ans après les faits, vivant 
dans des camps de misère.</p>



<p>Dans un rapport de 2013, <a href="https://www.hrw.org/report/2013/04/22/all-you-can-do-pray/crimes-against-humanity-and-ethnic-cleansing-rohingya-muslims">l’ONG Human Rights Watch</a> accusait déjà les autorités birmanes, des membres de groupes arakanaiset des moines bouddhistesd’avoir commis des crimes contre l’humanité en menant «&nbsp;<em>des
 attaques coordonnées contre des quartiers et des villages musulmans en 
octobre&nbsp;2012, afin de terroriser la population et de la déplacer de 
force&nbsp;»</em>. L’organisation estime que les autorités birmanes avaient 
participé à la destruction de mosquées, lancé des vagues d’arrestations 
accompagnées de violences et bloqué l’accès des organismes d’aide 
humanitaire aux personnes déplacées.</p>



<p>Entre 2014 et 2015, <em>«&nbsp;quelque
 quatre-vingt-quatorze mille personnes (pour beaucoup, des Rohingya) ont
 fui dans l’irrégularité, à bord d’embarcations précaires, finissant 
souvent entre les mains de trafiquants et de l’esclavage moderne&nbsp;»</em>, rappelle aussi la Commission européenne.</p>



<p>En
 octobre&nbsp;2016, une série d’attaques contre des postes-frontières à 
proximité du Bangladesh fit neuf morts parmi les policiers. Ces 
attentats, revendiqués par l’ARSA, avaient déclenché une vaste opération
 de l’armée. Les activités humanitaires avaient alors été suspendues et 
plus de soixante-quatorze mille Rohingya avaient fui leur village vers 
le Bangladesh, accusant les forces de sécurité de multiples exactions. 
C’est le même scénario qui se répète depuis la fin du mois d’août, de 
façon décuplée.</p>



<ul class="wp-block-list"><li>Où fuient les Rohingya&nbsp;?</li></ul>



<p>Les
 Rohingya se sont enfuis en masse à plusieurs reprises au Bangladesh, en
 Malaisie ou en Indonésie, pour échapper à la répression de la junte 
birmane alors au pouvoir — notamment en&nbsp;1978 et en&nbsp;1991-1992. Plusieurs 
centaines de milliers de Rohingya vivent encore aujourd’hui dans les 
camps de réfugiés au Bangladesh, dans une misère absolue. Dans ce pays, 
ils restent considérés comme des immigrés illégaux.</p>



<p>Aujourd’hui,
 les Rohingya fuient encore massivement le pays par la mer pour 
rejoindre la Malaisie, formant le plus grand exode de la région depuis 
la fin de la guerre du Vietnam.</p>



<p>En mai, la Commission 
européenne estimait que trois cent mille à cinq cent mille Rohingya 
vivaient dans des camps de fortune au Bangladesh, en plus des 
trente-trois mille établis dans deux camps officiels gérés par l’ONU, à 
Nayapara et à Kutupalong. Depuis le 25&nbsp;août, l’ONU estime que <a href="http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2017/09/12/plus-de-370-000-rohingya-ont-fui-la-birmanie-selon-l-onu_5184382_3216.html">ce sont trois cent soixante-dix-neuf mille personnes supplémentaires qui ont fui la Birmanie pour le Bangladesh</a>.               Voir notre infographie : <a href="https://www.lemonde.fr/asie-pacifique/visuel/2017/09/13/en-birmanie-l-exode-des-rohingya_5185131_3216.html">En Birmanie, l’exode des Rohingya</a></p>



<ul class="wp-block-list"><li>Que fait la communauté internationale&nbsp;?</li></ul>



<p>A
 la demande du Royaume-Uni et de la Suède, le Conseil de sécurité de 
l’ONU s’est réuni mercredi 13 septembre pour évoquer ce dossier, malgré 
la résistance de la Chine, principal partenaire économique de la 
Birmanie. A l’issue de cette réunion a huis clos, le Conseil de sécurité
 a réclamé <em><a href="http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2017/09/13/rohingya-la-dirigeante-birmane-aung-san-suu-kyi-annule-un-deplacement-a-l-onu_5184782_3216.html">« des pas immédiats&nbsp;»</a></em> de la part du gouvernement birman pour faire cesser <em>« une violence excessive ».</em></p>



<p>Mardi, Pékin a réitéré son <em>«&nbsp;soutien&nbsp;»</em> à la Birmanie et aux <em>«&nbsp;efforts&nbsp;»</em> des autorités birmanes pour <em>«&nbsp;préserver la stabilité&nbsp;»</em> dans l’ouest du pays.</p>



<p>Des
 dirigeants de pays à majorité musulmane, dont le Bangladesh, 
l’Indonésie, la Turquie et le Pakistan, ont exhorté Naypyidaw [capitale 
du pays depuis 2005] à mettre fin aux violences dans l’Etat d’Arakan. En
 visite dans les camps de réfugiés, la première ministre bangladaise, 
Sheikh Hasina, a affirmé que c’était à la Birmanie de <em>«&nbsp;résoudre&nbsp;»</em> cette crise.</p>



<ul class="wp-block-list"><li>Que répond le gouvernement birman&nbsp;?</li></ul>



<p>Face
 à une crise sans précédent, le silence de Mme Aung San Suu Kyi, 
conseillère spéciale de l’Etat et porte-parole de la présidence, passe 
mal auprès de la communauté internationale. Pressée de réagir, la Prix 
Nobel de la paix a préféré <a href="http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2017/09/13/rohingya-la-dirigeante-birmane-aung-san-suu-kyi-annule-un-deplacement-a-l-onu_5184782_3216.html">annuler un déplacement pour l’Assemblée générale de l’ONU</a>
 prévu à la fin de septembre. Celle-ci a cependant annoncé qu’elle 
s’adresserait à la nation birmane dans une allocution télévisée le 
19&nbsp;septembre pour <em>«&nbsp;parler de réconciliation nationale et de paix&nbsp;».</em></p>



<p>L’an
 dernier, à la tribune des Nations unies, Mme Aung San Suu Kyi, qui 
dirige de facto le gouvernement birman depuis avril&nbsp;2015, avait pourtant
 promis de soutenir les droits des Rohingya.</p>



<p>Sa tâche 
est notamment compliquée par la montée de bouddhistes extrémistes ces 
dernières années et par la grande autonomie de l’armée birmane, qui 
reste toute puissante dans cette zone de conflit.</p>



<p>Source :  Romain Geoffroy / <a href="https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2017/09/13/tout-comprendre-a-la-crise-des-rohingya-en-birmanie_5185226_4355770.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener" aria-label="Le Monde (s’ouvre dans un nouvel onglet)">Le Monde</a></p>
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