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	<title>Non classifié(e) &#8211; Collectif HAMEB | Halte Au Massacre En Birmanie</title>
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	<description>ONG humanitaire </description>
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	<title>Non classifié(e) &#8211; Collectif HAMEB | Halte Au Massacre En Birmanie</title>
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		<title>Carnet de Birmanie : les Rohingya oubliés.</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Collectif HAMEB]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 26 Dec 2019 00:31:21 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Carnet de voyage du Rappeur Médine en compagnie du Collectif HAMEB, à l'intérieur des camps de concentration des Rohingyas en #Birmanie. ]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h4 class="wp-block-heading"><strong>Carnet de voyage du Rappeur Médine en compagnie du Collectif HAMEB, à l&rsquo;intérieur des camps de concentration des Rohingyas en #Birmanie. </strong></h4>



<p style="color:#747d85" class="has-text-color"><em>«</em>&nbsp;Le gouvernement de Birmanie doit immédiatement mettre un terme à ces graves violations des droits de l’Homme contre son peuple, au lieu de continuer à nier qu’elles se sont produites, et accepter la responsabilité de garantir que les victimes aient accès à la justice, à des réparations et à être en sécurité&nbsp;<em>», a déclaré la semaine passée le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme. En novembre 2016, l’ONU avait même fait état d’un «&nbsp;</em>nettoyage ethnique<em>&nbsp;». La Birmanie compte 88 % de bouddhistes et plus d’une centaine de minorités ethniques&nbsp;et culturelles — les Rohingya, de confession musulmane, ne sont toutefois pas reconnus comme birmans par les autorités nationales&nbsp;: 800 000 personnes se voient tenues&nbsp;pour apatrides depuis le début des années 1980. Le rappeur havrais Médine s’est rendu sur place, aux côtés du collectif&nbsp;HAMEB&nbsp;(Halte au massacre en Birmanie) : il sort&nbsp;aujourd’hui le clip de son morceau en hommage aux Rohingya, «&nbsp;Enfant du destin&nbsp;: Nour&nbsp;»&nbsp;; nous publions quant à nous ses notes de voyage.&nbsp;</em>☰Par Médine </p>



<figure class="wp-block-embed-youtube wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe title="Médine - Nour #Enfant du destin (Official Video)" width="1290" height="726" src="https://www.youtube.com/embed/GH1cOFInMuw?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div><figcaption> Médine &#8211; Nour&nbsp;<a href="https://www.youtube.com/results?search_query=%23Enfant">#Enfant</a>&nbsp;du destin (Official Video)  </figcaption></figure>



<p class="has-drop-cap">Paris. Hasard du calendrier&nbsp;: c’est la Journée internationale des droits de l’Homme. Le bus contient des voyageurs de tout type&nbsp;:&nbsp;<em>mama</em>&nbsp;sénégalaise emmitouflée dans un&nbsp;pagne en wax et doudoune en polyester, rasta blanche aux rajouts de mèches blondes qui contrastent sur les rougeurs de son visage causées par le froid… C’est ma première dans les bus Macron, dont tout le monde vante les mérites comme l’ouverture du nouveau resto branchouille. Je m’endors très rapidement, bercé par le relief normand. Je me souviens m’être demandé ce que les gens penseraient de tout ça, de ce morceau, de ce voyage et de son but. Après deux escales, une à La Défense et l’autre à Porte Maillot, le bus me largue dans l’un des nombreux parkings de l’aéroport Charles de Gaulle. J’attrape la navette qui&nbsp;m’emmène&nbsp;au Terminal 2 — j’ai réservé une nuit non loin de l’aéroport, une mauvaise habitude qui me coûte cher la nuitée mais m’assure d’être à l’heure pour les formalités d’embarquement très tôt le matin. Chambre 204, vue sur parking embrumé avec musique&nbsp;<em>lounge</em>&nbsp;en fond sonore. J’écoute plusieurs fois la maquette du morceau «&nbsp;Enfant du destin&nbsp;: Nour&nbsp;»&nbsp;avant de me rendre compte qu’il s’agit d’une version en chantier et que la définitive se trouve dans l’un des nombreux mails envoyés plus tôt dans la semaine par Proof, mon&nbsp;<em>beatmaker</em>. Je commence mon immersion dans l’actuel Myanmar [<em>autre nom de la Birmanie, ndlr</em>]. J’ouvre plusieurs fenêtres sur l’écran de l’ordinateur&nbsp;—&nbsp;articles de presse ou photos —&nbsp;avant de terminer ma soirée devant les Simpson afin de me ventiler l’esprit. Deux épisodes monstrueux&nbsp;: l’un où Moe, le patron de bar, devient poète et l’autre où Homer s’engage dans l’armée&nbsp;US. Réveil programmé à 6h30. </p>



<blockquote class="wp-block-quote is-style-large is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p><strong>«&nbsp;Les robes orange safran des moines se mêlent à celles des femmes bonzes, qui portent l’habit religieux rose pâle&nbsp;en&nbsp;s’abritant sous leur&nbsp;parapluie&nbsp;en osier.&nbsp;»</strong></p></blockquote>



<div class="wp-block-image"><figure class="alignleft is-resized"><img decoding="async" src="https://www.revue-ballast.fr/wp-content/uploads/2017/01/medd.jpg" alt="" class="wp-image-20574" width="300"/></figure></div>



<p style="font-size:18px">Rangoun. Une journée qui a certainement duré quarante-huit heures. Cinq fuseaux horaires plus loin vers l’est, à contresens de la course du soleil. Les souvenirs sont brouillés par la quantité d’images non classées dans la base de données qui me sert de mémoire. En vous épargnant le rituel des&nbsp;<em>checking</em>&nbsp;aéroportuaires en tout genre, je reviens sur l’événement phare de mon voyage&nbsp;: le retard. En tout, près de quatre heures — non pas au départ mais à l’arrivée, à cause d’une mauvaise visibilité (selon la voix saturée qui sort des haut-parleurs de l’avion). Après avoir tenté une première approche sur le tarmac de Rangoun, le pilote remettra les gaz pour reprendre de l’altitude au-dessus des nuages rosis par le soleil naissant. À l’arrivée, face aux ersatz de pagodes servant d’entrée au terminal, quelques carcasses d’avions hors d’usage&nbsp;plantent le décor.&nbsp;Un&nbsp;<em>checkpoint&nbsp;</em>—&nbsp;moins corsé que ce que j’avais imaginé&nbsp;— m’accueille. Les uniformes du personnel d’aéroport ne sont tout de même pas sans rappeler que l’armée reste omniprésente. Les jeunes femmes arborent une tenue à peine démilitarisée — coquetterie étrange&nbsp;: des chaussettes portées à hauteur de mollets, fourrées dans une paire de mocassins à talons sombres. J’ai seulement hâte, alors, de sentir la caresse (ou la morsure) du soleil sur mon visage. Dernier rempart&nbsp;: le rayon X&nbsp;qui scanne les bagages sans grand&nbsp;contrôle. Je saute dans le premier taxi&nbsp;; il arbore sur son rétroviseur le portrait du&nbsp;<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Ashin_Wirathu">moine Wirathu</a>, populaire pour ses positions extrêmes concernant la minorité musulmane des Rohingya. Il est même surnommé par certains médias occidentaux le «&nbsp;<em>Ben Laden bouddhiste</em>&nbsp;». Toujours est-il que le chauffeur s’ambiance sur&nbsp;<a href="https://www.youtube.com/watch?v=aLEhh_XpJ-0">«&nbsp;Say Say Say&nbsp;»</a>&nbsp;de Michael Jackson et Paul McCartney, me mettant en totale&nbsp;sécurité auditive. La musique triomphe encore là où les idées s’affrontent.</p>



<p style="color:#393e42" class="has-text-color has-background has-very-light-gray-background-color">Yangon. Malgré mes yeux fatigués, je ne manque rien du spectacle qu’offre Yangon. Une ville que je ne connais qu’à travers la vision que Sylvester Stallone m’en donna&nbsp;dans le dernier volet de la saga&nbsp;<em>Rambo.&nbsp;</em>Une ville que je croyais être la capitale jusqu’à ma venue ici&nbsp;: elle n’est en fait que capitale économique. La ville de la nobelisée<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Aung_San_Suu_Kyi">&nbsp;Aung San Suu Kyi</a>&nbsp;est aussi colorée que les&nbsp;<em>sarong</em>&nbsp;de cette dernière. Les robes orange safran des moines se mêlent à celles des femmes bonzes, qui portent l’habit religieux rose pâle&nbsp;en&nbsp;s’abritant sous leur&nbsp;parapluie&nbsp;en osier. De nombreux stands jalonnent la route jusqu’à l’hôtel où nous logeons — fleuristes, potiers, fabricants de statue et forgerons défilent devant nous… Notre hôtel est situé face à une barre d’immeuble dont la pierre est recouverte de traces de gaz d’échappement et autres dépôts de pollution, lui donnant quelque aspect grisâtre très ancien. On pourrait même croire qu’il s’agit là d’infrastructures classées au patrimoine mondial tant la vétusté des lieux laisse croire à une architecture d’un autre siècle. Le moindre centimètre carré au pied des immeubles est exploité par les restaurateurs de&nbsp;<em>street food.</em>&nbsp;Grillades sur charbon de bois, breuvages de fruits locaux, fritures en tout genre… Je rejoins la pagode principale du quartier, gardée par deux gigantesques statues&nbsp;: sans doute des animaux chimériques de la tradition bouddhiste. La pagode Shwedagon est le centre névralgique de l’endroit où je loge&nbsp;: tout semble mener à elle. Le toit-terrasse&nbsp;de l’hôtel en a fait son attraction principale en offrant de jour comme de nuit une ligne d’horizon&nbsp;coiffée d’un dôme d’étincelantes dorures. C’est ici que je rencontre <strong>Ali, du collectif&nbsp;HAMEB, de Belgique</strong> —&nbsp;il nous a précédés d’un jour pour mieux préparer l’opération humanitaire. Un quadragénaire immense à l’accent belgo-marocain&nbsp;: la stature sait mettre en confiance pour ce type de voyages dit «&nbsp;à risques&nbsp;». Ali connaît très bien le terrain&nbsp;; il est déjà venu quatre fois en Birmanie. C’est le quatrième Belge avec qui je pars en séjour cette année&nbsp;; quatre expériences différentes mais qui se confirment entre elles&nbsp;: la qualité humaine des souffre-douleurs de nos blagues potaches reste exceptionnelle&nbsp;! La première mauvaise nouvelle tombe en fin de journée. Moussa ne nous rejoindra pas à Rangoon car son vol domestique tardif lui a fait louper son vol international. Il est au Bangladesh, pays où il fut emprisonné durant 7 mois pour «&nbsp;activités suspectes&nbsp;». On se retrouvera certainement à Sittwe dans quelques jours. Inch’Allah&nbsp;!</p>



<figure class="wp-block-image"><img decoding="async" src="https://www.revue-ballast.fr/wp-content/uploads/2017/02/bir1.jpg" alt="" class="wp-image-21580"/></figure>



<pre class="wp-block-preformatted">Crédit&nbsp;: Florin de France et Cheez&nbsp;NAN</pre>



<p style="color:#44494d;font-size:17px" class="has-text-color">Sittwe. Embarquement sur le tarmac bouillonnant qui embrume l’horizon,&nbsp;à bord d’un appareil à la carlingue poussiéreuse et aux hélices émoussées. Ce vol domestique nous transporte vers l’État d’Arakan. Cette fois, deux hélicoptères vert-camouflage sont stationnés devant l’unique salle d’attente qui fait office de terminal. Ils semblent escorter un avion avec un chargement important de hauts fonctionnaires. Les abords de Sittwe Airport sont gardés par de jeunes militaires en uniformes&nbsp;hétérogènes&nbsp;: casque pourpre, veste sable et treillis aux couleurs de la flore locale. Seule l’arme de combat est commune à tous et rappelle sèchement le contexte dès notre atterrissage. Dans la salle administrative au mobilier ergonomique, les voyageurs doivent repérer leurs bagages dans les chariots qui servent de tapis roulant. Une pancarte bleue électrique au lettrage blanc annonce les zones accessibles sans autorisation et celles où celle-ci s’avère&nbsp;indispensable&nbsp;dans l’État Rakhine. Le passage à la police aux frontières se fait au final sans trop de stress. Les taxis-brousse se bousculent en voyant la bande d’Européens que nous sommes&nbsp;: ici, on marchande en milliers de kyat&nbsp;— cette&nbsp;monnaie qui fait de toi un demi-millionnaire avec l’équivalent de 500 euros. À l’arrière du taxi, nous rejoignons les deux artères principales de Sittwe. Un rond point affiche en son centre une statue (hommage ou propagande ?)&nbsp;d’ouvriers travaillant le bambou et louant la valeur du travail. Le concert sonore de la ville alterne entre récitation religieuse, musique&nbsp;<em>pop</em>&nbsp;de karaoké et klaxons criards — sans code de la route apparent, l’avertisseur sonore des deux et quatre roues sert vraisemblablement de clignotant. Dans l’assourdissante compétition des décibels entre mégalopoles, Paris semble être à côté un oisillon qui n’a pas encore mué.</p>



<blockquote style="text-align:right" class="wp-block-quote is-style-large is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p><strong>«&nbsp;Notre gars bouffe les mots comme un gitan sorti d’un film de Guy Ritchie avec la voix de Tchéky Karyo.&nbsp;»</strong></p></blockquote>



<p style="font-size:18px">Être justement réveillé par les klaxons… Je comprends mieux pourquoi la privation de sommeil par le son est une torture interdite par les Conventions de Genève&nbsp;! À Rangoun, nous avions pris un repas digne de ce nom en prévision d’un régime draconien forcé sur Sittwe. Une prédiction vite démentie dès le premier&nbsp;<em>breakfast</em>&nbsp;chez&nbsp;RV&nbsp;: une sorte de brasserie ouverte du matin au soir, à la devanture rouge, style&nbsp;<em>diner</em>&nbsp;à l’étasunienne. Déjeuner à base de riz frit, fruits de mer, piments frais,&nbsp;<em>toasts</em>&nbsp;et jus de fruits&nbsp;pressés. Chaque titre de musique joué est un&nbsp;<em>remix</em>&nbsp;local d’un grand classique de la pop internationale&nbsp;: Mariah Carey, Michael Jackson, Scorpions… Et même&nbsp;un morceau du&nbsp;<em>Roi Lion.&nbsp;</em>Notre chauffeur, le temps du séjour, nous est présenté&nbsp;: un certain «&nbsp;Baw Baw&nbsp;»&nbsp;(prononcer «&nbsp;Bobo&nbsp;»). Un jeune d’à peine trente ans. Dents rougies par le bétel (tabac birman à chiquer), cheveux coiffés en bataille. Son visage, recouvert de poudre de&nbsp;<em>thanakha&nbsp;</em>(cosmétique local), donne l’impression d’avoir été plongé dans une crème pâtissière qui aurait séché. Il porte une cigarette électronique autour du cou tel un bijou précieux. Il semble être bègue, à entendre sa diction — j’ai de l’empathie pour lui, moi qui, enfant, ai souffert du même trouble de la parole. Notre gars bouffe les mots comme un gitan sorti d’un film de&nbsp;<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Guy_Ritchie">Guy Ritchie</a>&nbsp;avec la voix de&nbsp;<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Tch%C3%A9ky_Karyo">Tchéky Karyo</a>. Il conserve en fait un liquide pourpre sous sa langue&nbsp;: une mixture qui le rend euphorique et lui confère cette curieuse façon de tchatcher.</p>



<p class="has-background has-very-light-gray-background-color">Ce débrouillard commence toutes ses phrases comme Columbo dans sa version originale&nbsp;: «&nbsp;<em>My wife, she says…</em>&nbsp;».&nbsp;Baw Baw est censé nous aider à passer les&nbsp;<em>checkpoints</em>&nbsp;et nous amener jusqu’au camp de déplacés. Jusqu’aux Rohingya. Première tentative&nbsp;: nous allons directement au barrage — le premier s’ouvre sans trop de difficultés grâce à un billet bleu de 10 000 kyatt, soit 8 euros. Il en reste encore deux. Le second se montrera moins docile et nous enverra quérir une autorisation de passage au bureau de l’immigration. Nous rebroussons chemin jusque dans le centre ville&nbsp;; l’attente se fait dans le van Toyota de notre conducteur qui, lui, s’emploie avec <strong>Nordine  Errais — le président de l’ONG&nbsp;HAMEB&nbsp;</strong>—&nbsp;à récupérer une autorisation à coup de graissage de pattes… Le sport national. Commence le balai interminable de l’administration. Nos apprentis corrupteurs au pays du&nbsp;<em>bakchich</em>&nbsp;reviennent bredouilles&nbsp;; les camps, ça ne sera pas pour aujourd’hui&nbsp;! Plan B&nbsp;: passer par une organisation locale qui nous permettra d’obtenir le sésame en contrepartie d’un pourcentage prélevé sur les dons. Autant vous dire que c’est un déchirement pour les humanitaires <strong>d’HAMEB</strong>, qui mettent un point d’honneur à conserver intacts les dons, sans même y prélever le budget de fonctionnement ni le financement logistique à même d’acheminer les sommes offertes par les donateurs. Mais l’urgence nécessite de réagir, au risque de perdre intégralement les bénéfices du séjour. D’autant plus que Baw Baw vient de recevoir la visite de la police dans son foyer&nbsp;; il eut à rendre des comptes quant aux tentatives de soudoiement de la journée&nbsp;: «&nbsp;<em>My wife says me&nbsp;: the cops</em>&nbsp;<em>are&nbsp;waiting for me in my home</em>.&nbsp;»&nbsp;Les espoirs de passer les barbelés s’amenuisent.</p>



<figure class="wp-block-image"><img decoding="async" src="https://www.revue-ballast.fr/wp-content/uploads/2017/02/bir7.jpg" alt="" class="wp-image-21589"/></figure>



<p>Crédit&nbsp;: Florin de France et Cheez&nbsp;NAN</p>



<p style="font-size:18px">Une fois effectuées toutes les photocopies de nos passeports, nous nous rendons au bureau d’un certain «&nbsp;Caw Caw&nbsp;»&nbsp;(prononcer Coco). Il débloquera notre situation en tant qu’interlocuteur privilégié d’ONG étrangères dans la région d’Arakan. Et ne manquera pas de sermonner <strong>Nordine&nbsp;</strong>: désormais, nous sommes sous sa responsabilité&nbsp;; tenter de passer les&nbsp;<em>checkpoints</em>&nbsp;sans autorisation risquerait de nous attirer de gros soucis. Même si je lui suis reconnaissant de nous avoir fourni les accès, je crois surtout qu’il s’agit là d’une technique de représentant en alarme de maison&nbsp;: lorsque l’on a quelque chose à vendre, on s’arrange pour prévenir d’un grand danger inévitable sans le service proposé. D’autant plus que la dimension militante du <strong>collectif&nbsp;HAMEB&nbsp;</strong>— dénoncer les pratiques&nbsp;du gouvernement birman — semble poser problème&nbsp;; il faudrait plutôt «&nbsp;<em>s’en tenir aux actions humanitaires&nbsp;</em>». L’échange avec ce Caw Caw n’en reste pas moins cordial et intéressant&nbsp;: sa connaissance du sujet lui permet de se montrer clairvoyant quant aux solutions à mener pour une réconciliation entre Rakhines et Rohingya. Toutes ces discussions m’interrogent sur l’utilité d’un futur morceau sur le sujet et me poussent à renouveler mon intention&nbsp;:&nbsp;être le moins subjectif possible dans ce contexte encore à vif…</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-style-default is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p><strong>«&nbsp;Depuis les violences du mois dernier, au cours desquelles des policiers perdirent la vie, impossible de passer sans autorisation.&nbsp;»</strong></p></blockquote>



<p style="font-size:18px">J’espérais pouvoir accéder au camp aujourd’hui mais l’autorisation nous sera délivrée le lendemain seulement. Nous passons donc outre les mises en garde de début de journée et contactons Zaw Zaw. Ne me demandez pas pourquoi tous les surnoms&nbsp;du coin ont une double répétition syllabique, je ne pourrais vous répondre (même la serveuse du restaurant&nbsp;RV&nbsp;s’appelle Saw Saw). Ledit Zaw Zaw devait constituer le dernier recours à emprunter en raison de son appétence&nbsp;pour le&nbsp;papier de banque. Contrefaçon de&nbsp;<em>Snapback</em>&nbsp;des Houston Rockets vissée sur la tête, frange humide sur son front,&nbsp;<em>longyi</em>&nbsp;(pagne pour homme birman) vert, bouteille à petits carreaux et chandail, visage rond, ventre bedonnant. Il nous est présenté comme le gars qui débloque les solutions délicates. Je vois surtout l’incarnation idéale du second rôle pour ma vidéo. Ah, oui, je ne vous ai pas dit&nbsp;: parmi la somme d’images collectées, je compte réaliser un clip pour ma saga&nbsp;<a href="http://www.deezer.com/playlist/1240282031">«&nbsp;Enfant du destin&nbsp;»</a>. Zaw Zaw nous explique que ce n’est plus comme avant, que ce n’est plus comme l’an dernier, que ce n’est plus comme du temps de notre ami Moussa. Depuis les violences du mois dernier, au cours desquelles des policiers perdirent la vie, impossible de passer sans autorisation. Et encore moins en entrant avec ce qui ressemble de près ou de loin à une caméra. Juste avant de nous séparer, Zaw Zaw propose de nous emmener dans un village Rohingya libre d’accès&nbsp;: une proposition inespérée qui vient à un moment où la patience de l’équipe est au plus bas. Nous partons,&nbsp;à l’arrière du taxi-brousse, pour la campagne birmane.</p>



<p style="font-size:18px">Dès notre arrivée, nous attirons la curiosité des enfants. Une vingtaine nous encercle. Le décor se fond dans la végétation. Des maisons en bois de bambou et feuilles tressées s’entassent dans un espace grand comme deux terrains de foot. Les vieillards ont des barbes d’un dégradé de couleurs indécodable — même par un nuancier. La pauvreté transpire de chaque visage&nbsp;; l’œil des moins jeunes ne pétille plus si bien que l’on se dit qu’il n’a jamais pétillé. Le leader du village se propose de nous faire visiter mais son entreprise sera bientôt brisée par l’arrivée d’un militaire, casque enfoncé à mi-yeux, uniforme mal taillé mais calibre bien chargé. Nous tentons une diversion en jouant les touristes naïfs venus faire des photos de la faune et la flore locales… L’évacuation est demandée tandis que des renforts à mobylettes arrivent. Sous escorte jusqu’à la sortie de la zone hautement contrôlée, nous nous arrêtons par hasard devant un cabanon où seul un demi-homme pourrait rentrer. À&nbsp;l’intérieur, un groupe de quadras qui en paraissent&nbsp;cinquante, posés comme des Algériens&nbsp;à la terrasse d’un café, nous accueillent et nous sensibilisent aux conditions de vie et à&nbsp;leur situation. Ce sont des Rohingya qui ne vivent pas sous contrôle permanent, ni dans des camps. Ils ont pu — je ne sais trop comment — conserver leurs privilèges. Sans doute doivent-ils se trouver assez éloignés du centre ville pour avoir pu conserver leurs habitations…</p>



<figure class="wp-block-image"><img decoding="async" src="https://www.revue-ballast.fr/wp-content/uploads/2017/02/bi6.jpg" alt="" class="wp-image-21590"/></figure>



<ul class="wp-block-list"><li>Crédit&nbsp;: Florin de France et Cheez&nbsp;NAN</li></ul>



<p style="font-size:18px">La pauvreté est la même que dans le village précédent. Le leader nous précise qu’ils ont, ici, une forme de «&nbsp;<em>liberté relative</em>&nbsp;» puisque personne&nbsp;ne sort vraiment du village, sauf nécessité. Mais ils&nbsp;sont surtout les oubliés des&nbsp;ONG&nbsp;: ni en situation de déplacement, ni prioritaires d’un point de vue humanitaire. Un dilemme me traverse l’esprit, le même, certainement, que celui de mes compagnons humanitaires&nbsp;: comment sélectionne-t-on les bénéficiaires&nbsp;? n’est-il pas injuste de prioriser certains au détriment d’autres&nbsp;? Des questions de novice sur le terrain, bien sûr. Le&nbsp;<strong>HAMEB&nbsp;</strong>assume la priorisation de certaines zones mais s’efforce tout de même de recenser plus largement les espaces d’intervention. Il est clair que ceux qui n’ont pas de quoi cultiver (car leur culture est confisquée), ni de quoi travailler (car il leur est interdit de circuler) doivent bénéficier de l’aide en priorité. Ça n’est qu’une question de temps pour les autres. D’ailleurs, grâce à cet arrêt imprévu, une opération de distribution est planifiée pour la fin de semaine dans ce village de Ka Din Pite Chay.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-style-large is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p><strong>«&nbsp;L’endroit&nbsp;est encerclé par un camp militaire ceinturé de&nbsp;barbelés. L’armée n’y entre pas mais empêche les villageois d’y sortir.&nbsp;»</strong></p></blockquote>



<p style="font-size:18px">Nos autorisations viennent de recevoir les bonnes signatures. La durée&nbsp;? Deux opérations sur deux jours, sous la responsabilité (entendre&nbsp;: sous escorte déguisée) d’une organisation locale. L’une dans un village et l’autre dans un camp. Les deux mots sont différents et ne désignent pas la même situation&nbsp;: le premier constitue une vitrine pour l’État Rakhine, qui dirige les&nbsp;ONG&nbsp;vers celui-ci afin de montrer qu’il n’y a pas de violation de droit (la population reste très pauvre et soumise à des contrôles de déplacement) ; le second compte des populations déplacées suite à un événement violent. La version officielle du gouvernement&nbsp;? Les Rohingya sont regroupés dans ces endroits pour leur sécurité car des tensions inter-ethniques les exposent à&nbsp;des violences, au contact du reste de la population. En réalité, ils sont une minorité privée de droits fondamentaux — on ne leur reconnaît pas la nationalité, ni le droit de travailler, ni le droit à la terre, ni&nbsp;de se marier, ni de circuler librement… Notre arrivée au village fut précédée par un convoi de camions&nbsp;: ils ont déchargé les denrées alimentaires listées au préalable par les habitants eux-mêmes. Ainsi, riz, piment, sel, huile et lentilles vont être distribués à plus de 140 familles, soit environ 500 personnes.</p>



<p style="font-size:18px">Les familles font la queue devant la cour de la mosquée, cœur du village auquel tous les chemins mènent. Munies de tickets numérotés, elles signent de leurs empreintes un registre tenu par notre «&nbsp;escorte humanitaire&nbsp;». Ici, on se ravitaille comme on entre en garde-à-vue, phalanges dans l’encrier bleu. Cela durera des heures. Tout le monde&nbsp;a&nbsp;en tête&nbsp;cette image des colonies de fourmis qui, les unes derrière les autres, acheminent sucre et autres&nbsp;articles&nbsp;pesant dix fois leur poids jusqu’à leur fourmilière en contournant le moindre obstacle sans jamais briser la chaîne… Vient le moment de la distribution de friandises pour les enfants. N’ayant vu les miens depuis plus d’une semaine, je redoute un peu ce moment auquel Ali le Belge semble vouloir m’initier&nbsp;: je retrouve le visage de mon dernier fils dans celui de chaque enfant de moins de deux ans. J’ai la gorge nouée en les voyant se presser devant moi à la simple vue des sachets multicolores. Avec Ali, nous espérions discipliner cet instant afin d’éviter les doubles distributions pour ne léser aucun enfant — rien à faire, nous sommes totalement dépassés&nbsp;! Les 120 sucettes disparaissent en un éclair, dans le chahut le plus total. Ce village n’avait pas reçu d’aides depuis le mois de février 2016. Nous le quittons aux alentours de&nbsp;15H30. Jusqu’ici, je n’avais que peu ressenti la présence militaire que j’avais pu voir, omniprésente, à l’aéroport — en réalité, l’endroit&nbsp;est encerclé par un camp militaire ceinturé de&nbsp;barbelés. L’armée n’y entre pas mais empêche les villageois d’y sortir.</p>



<figure class="wp-block-image"><img decoding="async" src="https://www.revue-ballast.fr/wp-content/uploads/2017/02/bi5.jpg" alt="" class="wp-image-21591"/></figure>



<pre class="wp-block-preformatted">Crédit&nbsp;: Florin de France et Cheez&nbsp;NAN</pre>



<p style="font-size:18px">La veille, j’avais insisté auprès de l’équipe pour assister au déchargement du convoi qui avait prévu de se rendre dans les camps. C’est donc assez tôt que nous prenons la route afin de devancer les camions devant arriver en fin de matinée.&nbsp;<em>Checkpoint</em>. La première barrière s’ouvre… Nous poursuivons. Pas plus de 200 mètres plus loin, la deuxième se dresse une seconde fois — c’est ici que nous fûmes recalés quelques jours auparavant. Un poste de police peint en bleu, au milieu d’un chemin de terre. La poussière se lève lorsque des roues de véhicules l’empruntent.&nbsp;Nous sommes passés&nbsp;! Nous sommes dans les camps de déplacés, les camps d’IDP (<em>Internally displaced persons —&nbsp;</em>personnes déplacées en interne), comme on les appelle. Je remarque que le van possède un toit ouvrant et demande au chauffeur de l’ouvrir. La tête dehors, prenant quelques images, je porte un masque contre la poussière qui s’infiltre jusque derrière mes lunettes. L’infrastructure du camp alterne entre maisons de fortune (certaines couvertes par des bâches de couleur) et&nbsp;<em>bungalows</em>&nbsp;de chantier vraisemblablement installés par les&nbsp;ONG. Des baraquements sont numérotés sur tout le chemin à l’aide d’une feuille&nbsp;A4&nbsp;glissée sous une pochette plastifiée comme celles que l’on utilise à l’école. Des cabanons pour une personne, eux aussi numérotés d’un grand chiffre noir ou blanc, sont plantés dans chaque arrière-cour. Ce sont des&nbsp;WC&nbsp;sur pilotis, donnant sur des latrines enfouies sous une dalle de béton.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-style-large is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p><strong>«&nbsp;Prophétie auto-réalisatrice d’Huntington et théorie du Grand remplacement de Renaud Camus semblent avoir de beaux jours jusqu’à l’autre bout de la planète&nbsp;!&nbsp;»</strong></p></blockquote>



<p style="font-size:18px">À mesure que l’on s’enfonce, la chaleur s’intensifie. Peu de coins d’ombre aux alentours. Des rails de chemin de fer balafrent l’immensité du camp sur toute sa largeur. Des femmes&nbsp;y marchent coiffées de parapluies pour s’ombrager. Nous traversons une rue commerçante qui rappelle la ville de Daisy Town, dans&nbsp;<em>Lucky Luke</em>. Un objet attire mon attention, une sorte de ballon en osier tressé avec lequel j’avais vu jouer quelques jeunes de façon acrobatique. Un genre de&nbsp;<em>beach volley</em>&nbsp;se jouant seulement au pied. Plus tard, j’apprendrai qu’on le nomme&nbsp;<em>chanelone</em>&nbsp;— ou&nbsp;<em>Cane Ball</em>, à la britannique. Cette&nbsp;balle ferait un très bon cadeau pour mes fils Massoud et Ghenghis, restés en France chez leurs tantes et grands-parents (j’en prendrai une sur le retour). Arrivés au camp, un Rohingya patibulaire, vêtu d’un anorak coupe-vent rouge, nous accueille. Il transpire beaucoup. Son veston lui offre un statut important dans le district. Toujours autant d’enfants — c’est d’ailleurs l’un des préjugés les plus répandus au sujet des Rohingya&nbsp;: ils se reproduiraient massivement dans le but d’islamiser le pays. Une sorte de «&nbsp;croisade démographique&nbsp;»&nbsp;dont l’absurdité conduit à la régulation des naissances et des&nbsp;mariages par les autorités arakanaises. Prophétie auto-réalisatrice d’<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Samuel_Huntington">Huntington</a>&nbsp;et théorie du Grand remplacement de&nbsp;<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Renaud_Camus">Renaud Camus</a>&nbsp;semblent avoir de beaux jours jusqu’à l’autre bout de la planète&nbsp;! Ali me dira ironiquement&nbsp;: «&nbsp;<em>L’État a peur que les 2 % que constituent les Rohingya deviennent 3 %.</em>&nbsp;»&nbsp;Je fais le tour du camp en quelques enjambées.&nbsp;En l’absence de toutes canalisations, l’eau doit être pompée à même le sol à l’aide d’un levier, tantôt en fer, tantôt en bois.&nbsp;Des batteries d’alimentation sont rechargées par des panneaux solaires de différentes tailles. Des bâtonnets, embrochant des bouses de vaches, allumeront le feu. L’ambiance a un&nbsp;quelque chose de&nbsp;<em>Mad Max</em>,&nbsp;de&nbsp;<em>Waterworld</em>, voire même de&nbsp;<em>Book of Eli&nbsp;—</em>&nbsp;plus encore lorsque l’on entend au loin des battements de musique techno, dont je n’identifierai pas la provenance&nbsp;!</p>



<p style="font-size:18px">La mosquée sert à nouveau de point de ralliement. Deux camions arrivent. Type bétaillères, transportant sacs jaunes et blancs. Le circuit fourmilier se répète d’un endroit à l’autre. Je tente «&nbsp;une Kouchner&nbsp;»&nbsp;en prenant part au déchargement. Une compétition s’installe entre les mules que nous sommes&nbsp;: certains Rohingya portent jusqu’à trois sacs de 50 kilos sur leur dos. Des gringalets d’à peine 60 kilos&nbsp;! Un second sac est ajouté à mon premier, nous sommes à 100 kilos sur les épaules. Mon orgueil est touché&nbsp;: moi, fils d’entraîneur de boxe, frère de prévôt fédéral sportif, je ne peux augmenter ma charge&nbsp;! Le trajet est court, à peine vingt pas. Je transpire à grosses gouttes et donne à mon visage l’effet d’être passé sous un brumisateur. Je tiens jusqu’à la porte de la réserve mais le deuxième sac tombe, rattrapé de justesse par un Rohingya. Les habitants s’entassent devant la réserve avec leurs coupons —&nbsp;et commence la distribution… Bizarrement, je ne vois plus les enfants&nbsp;; je sors et en découvre la raison&nbsp;:&nbsp;un marchand de glaces. À&nbsp;l’aide d’un congélateur mobile, un homme est occupé à embrocher une matière rouge au bout de bâtonnet&nbsp;; les enfants tendent les bras.&nbsp;Je quitte le camp afin de tourner ailleurs quelques images.</p>



<figure class="wp-block-image"><img decoding="async" src="https://www.revue-ballast.fr/wp-content/uploads/2017/02/bir9.jpg" alt="" class="wp-image-21592"/></figure>



<pre class="wp-block-preformatted">Crédit&nbsp;: Florin de France et Cheez&nbsp;NAN</pre>



<p style="font-size:18px"><em>Last Day</em>. Afin de finaliser quelques prises de vue, nous quittons l’hôtel à&nbsp;7H45. Zaw Zaw&nbsp;conduit. Alors que nous prenons la route pour la campagne, une foule amassée autour d’une arène attire notre attention. D’immenses panneaux coupent court à nos interrogations et annoncent la tenue d’un grand tournoi de&nbsp;<em>naban</em>, la lutte birmane, discipline reine dans l’État Rakhine. La foule est compacte, masquant le ring central ensablé. Je repère un taxi stationné suffisamment près pour grimper sur le toit et le transformer en tribune de stade éphémère. Voyant mon quintal arriver près de son véhicule, le conducteur&nbsp;me fait des signes négatifs de la main&nbsp;; j’avais déjà anticipé cette réaction en plongeant la mienne dans ma poche, pour brandir bien haut un billet qui me donnerait accès à cette loge improvisée. Nous sommes cinq ou six sur un toit grand comme une cabine téléphonique. Pour avoir pratiqué le&nbsp;<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Grappling"><em>grappling</em></a>, j’ai quelques notions de lutte, glanées au Club de lutte havrais. Je comprends vite qu’il s’agit d’un genre de lutte libre&nbsp;: le but est de renverser son adversaire ou de le faire plier genoux. J’envoie un&nbsp;<em>snap</em>&nbsp;à une connaissance de ma bonne vieille ville du Havre, un certain Samba Diong, champion du monde de lutte dans sa catégorie, à qui j’ai servi de&nbsp;<em>sparrin-partner</em>&nbsp;quelques semaines auparavant — j’avoue avoir été très tenté de participer, ayant à l’esprit l’émission d’Arte où des sportifs d’autres pays n’ont qu’une semaine pour apprendre une nouvelle discipline de combat et la mettre en pratique à la fin. Mais le tournage de mon clip m’y a fait renoncer&nbsp;: ce sera pour une prochaine fois. Celui-ci nous fait d’ailleurs passer de zone urbaine à rurale, comme ce pont séparant le centre-ville de la campagne sous lequel des bateaux d’un autre âge sont amarrés. C’est sur ce genre d’embarcation que partent les candidats à l’immigration. Une sorte de chalutier en bois à la peinture écaillée. L’un d’entre eux me rappelle ce bateau de Rohingya bloqué au large durant plusieurs semaines, sans vivres, car indésiré par la Thaïlande et la Malaisie.<br></p>



<blockquote class="wp-block-quote is-style-large is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p><strong>«&nbsp;Une sorte de chalutier en bois à la peinture écaillée. L’un d’entre eux me rappelle ce bateau de Rohingya bloqué au large durant plusieurs semaines.&nbsp;»</strong></p></blockquote>



<p style="font-size:18px">Nous sillonnons&nbsp;la campagne birmane, où chapeaux coniques de cultivateurs se mêlent aux seaux&nbsp;des porteurs de pierres de la nouvelle voirie. Un métier pénible qui respecte moins les corps des ouvriers que la parité puisque de nombreuses femmes sont en charge des travaux. Tableau insolite au beau milieu d’une forêt de palmiers&nbsp;: un hélicoptère de guerre complètement bâché, gardé par une demi-douzaine de soldats lourdement armés. Depuis la remorque de mon taxi-brousse, je dévisage les motocyclistes qui tentent de nous doubler — les visages de l’État du Rakhine sont pour la plupart chaleureux, souriants avec les étrangers que nous sommes. Les enfants nous saluent depuis le bord de la route. D’autres restent circonspects. Nous traversons&nbsp;un village anciennement rohingya, dont certaines ruines subsistent et laissent deviner des affrontements récents. Les Rohingya qui vivaient ici sont désormais des «&nbsp;IDP&nbsp;». Le village fut repeuplé et réorganisé&nbsp;: en témoigne la récente route toute asphaltée. N’importe qui passerait ici, sans être briefé par quelqu’un du coin, trouverait l’endroit pittoresque… Dernière déambulation avant le&nbsp;<em>check-out</em>. Nous retournons au centre-ville afin de saisir l’atmosphère du marché de Sittwe. Perpendiculaire à la digue, il tient sur deux rues principales&nbsp;; colorées par les stands des maraîchers et autres épiciers, certaines de ses rues sont pavées par de gros cubes de pierre où les nids de poules constituent la norme. Les cyclo-pousses n’ont toutefois aucun mal à parcourir les voies de long en large. J’emprunte le deux-roues — muni d’une carriole sur le côté du pédaleur — d’un homme assez âgé, le visage marqué. Mon arrière-train d’Afro-Européen aura du mal à s’insérer dans le «&nbsp;fauteuil&nbsp;» passager, si bien que je garderai une jambe tendue pour que toute la matière s’encastre correctement (me conférant un aspect faussement décontracté…).</p>



<p class="has-background has-very-light-gray-background-color">Le marché se termine sur la digue où l’air salin ne parvient pas à masquer l’odeur poisseuse des centaines de prises du jour. Une empreinte olfactive que rien ne semble pouvoir faire disparaître. Le vol vers Yangon est retardé de trois heures&nbsp;; rendez-vous est donné à toute l’équipe à Sule Pagoda, quartier populaire de Rangoun, entre pagode bouddhiste et mosquée bengalie. Endroit symbolique pour sceller notre voyage. L’approche des séparations se fait ressentir dans les déclarations des uns et des autres. La sincérité peut se lire dans les plissures aux coins des yeux. On se promet de se revoir au plus vite, d’être de la prochaine expédition… Cette journée ne se terminera que vingt-quatre heures plus tard, à Paris, où les décorations de Noël habillent chaque réverbère depuis les hangars de Paris-Charles de Gaulle. En partant comme observateur dans un convoi humanitaire, je savais que j’allais être confronté au contraste que le tiers-monde exerce sur nos modèles de société. Mais revenir des camps de Rohingya en période de fêtes, c’est verser le contenu d’une bouilloire sur un pare-brise verglacé. En plein&nbsp;<em>rush</em>&nbsp;de la course aux cadeaux où les chariots de la grande consommation sont bondés, je ne pouvais chasser de mon esprit les charrettes artisanales à une roue dirigées par un bâton&nbsp;: l’essentiel du coffre à jouet rohingya. Je crois bien être revenu avec encore plus de questions que je n’en avais emmenées dans ma valise.</p>



<figure class="wp-block-image"><img decoding="async" src="https://www.revue-ballast.fr/wp-content/uploads/2017/02/bi8.jpg" alt="" class="wp-image-21593"/></figure>



<pre class="wp-block-preformatted">Crédit&nbsp;: Florin de France et Cheez&nbsp;NAN</pre>



<figure class="wp-block-image"><a href="https://www.youtube.com/watch?v=GH1cOFInMuw" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="768" src="http://hameb.org/wp-content/uploads/2019/12/IMG_7459-1024x768.jpg" alt="De Gauche à droite : Nordine Errais (Président du Collectif HAMEB), Ali Izmar (Responsable HAMEB Belgique), Médine, Cheez Nan, Florin De France.  Sittwe,  Birmanie ‎12/12/2016" class="wp-image-2710" srcset="https://hameb.org/wp-content/uploads/2019/12/IMG_7459-1024x768.jpg 1024w, https://hameb.org/wp-content/uploads/2019/12/IMG_7459-600x450.jpg 600w, https://hameb.org/wp-content/uploads/2019/12/IMG_7459-300x225.jpg 300w, https://hameb.org/wp-content/uploads/2019/12/IMG_7459-768x576.jpg 768w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a><figcaption><strong>De Gauche à droite :</strong> Nordine Errais (Président du Collectif HAMEB), Ali Izmar (Responsable HAMEB Belgique), Médine, Cheez Nan, Florin De France.  Sittwe,  Birmanie ‎12/12/2016</figcaption></figure>



<pre class="wp-block-preformatted">Source : <strong>Revue Ballast  </strong>- Publié le  08 février 2017
 <a href="https://www.revue-ballast.fr/carnet-de-birmanie-rohingya-oublies/" target="_blank" rel="noreferrer noopener" aria-label=" (opens in a new tab)">https://www.revue-ballast.fr/carnet-de-birmanie-rohingya-oublies/</a> </pre>
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		<title>Lettre ouverte à Hikmet Ersek, PDG de Western Union</title>
		<link>https://hameb.org/lettre-ouverte-a-hikmet-ersek-pdg-de-western-union/</link>
					<comments>https://hameb.org/lettre-ouverte-a-hikmet-ersek-pdg-de-western-union/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Collectif HAMEB]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 04 Nov 2019 10:04:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classifié(e)]]></category>
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					<description><![CDATA[⭕️ Traduction en français &#8211; 31 octobre 2019 Le Collectif HAMEB et 32 autres organisations de la société civile demandent à #WesternUnion de mettre un terme à sa relation d’affaires avec l’armée #birmane, mise en cause par les enquêteurs de l’ONU pour génocide, crimes contre l’Humanité et crimes de guerre. Western Union est en relation d’affaires avec une banque [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>⭕️ Traduction en français &#8211; 31 octobre 2019</p>



<p><strong>Le Collectif HAMEB et 32 autres organisations de la société civile demandent à </strong><a href="https://www.facebook.com/hashtag/westernunion?source=feed_text&amp;epa=HASHTAG&amp;__xts__%5B0%5D=68.ARCZdzkFcXRsYFrH2p-xaGN7ZlkwXaAKzjeinTXzW5rxS2RMMqOTd9mP1DPspXbnCbObP4r2yceGg7MhgP8BsLFDJnzb7gQlo8fEabk1iAccS7hfgaAZtywXsjJ2e8Jt2mcuWyiKtB16TAEsR7ByCingf1Sa4deRzl_RG9jx1mxv9L8JVyXM4GmRMzpEOyW3TgB042_dZJtVglf-rhre8ZE2spk-ohBkk_LVlUkWojNKriyFDGb5l8SC0zuMUP-34CrcTSeHBNGGlhARCnDMtONVHBCxT9FP3OMHT5Hb06hbMeJv3jThBLojqRt4hbHTmyHSONXg1rws7BKhur7pMVezOw&amp;__tn__=%2ANK-R"><strong>#WesternUnion</strong></a><strong> de mettre un terme à sa relation d’affaires avec l’armée </strong><a href="https://www.facebook.com/hashtag/birmane?source=feed_text&amp;epa=HASHTAG&amp;__xts__%5B0%5D=68.ARCZdzkFcXRsYFrH2p-xaGN7ZlkwXaAKzjeinTXzW5rxS2RMMqOTd9mP1DPspXbnCbObP4r2yceGg7MhgP8BsLFDJnzb7gQlo8fEabk1iAccS7hfgaAZtywXsjJ2e8Jt2mcuWyiKtB16TAEsR7ByCingf1Sa4deRzl_RG9jx1mxv9L8JVyXM4GmRMzpEOyW3TgB042_dZJtVglf-rhre8ZE2spk-ohBkk_LVlUkWojNKriyFDGb5l8SC0zuMUP-34CrcTSeHBNGGlhARCnDMtONVHBCxT9FP3OMHT5Hb06hbMeJv3jThBLojqRt4hbHTmyHSONXg1rws7BKhur7pMVezOw&amp;__tn__=%2ANK-R"><strong>#birmane</strong></a><strong>, mise en cause par les enquêteurs de l’ONU pour génocide, crimes contre l’Humanité et crimes de guerre.</strong></p>



<p>Western Union est<strong> </strong>en relation d’affaires avec une banque détenue par l’armée birmane, que celle-ci utilise comme l’un de ses agents à travers le pays. La Banque Myawaddy est en effet une filiale de la Union of Myanmar Economic Holdings Ltd (UMEHL), un puissant conglomérat d’affaires des militaires. Les profits de cette banque bénéficient à l’armée.</p>



<p>La Mission d’établissement des faits de l’ONU sur la Birmanie a appelé la communauté internationale « à couper tout lien avec l’armée birmane et le vaste réseau d’entreprises qu’elle contrôle et sur lequel elle s’appuie », car « toute activité d’une entreprise étrangère impliquant l’armée et ses deux conglomérats (UMEHL et MEC le risque) expose à un haut risque de contribuer ou d’être en lien avec des violations du droit international des droits de l’Homme et du droit international humanitaire ». « A minima, ces entreprises étrangères alimentent la capacité financière de l’armée.»</p>



<p>Western Union est en relation d’affaires avec une armée responsable du viol de milliers de femmes et les meurtres se comptent par milliers. Il existe pourtant de nombreuses entreprises sans lien aucun avec l’armée et qui présentent une alternative pour les activités de Western Union en Birmanie. Rien ne peut justifier d’alimenter les caisses d’une armée réputée pour sa brutalité.</p>



<p>Nous louons le fait que le PDG de Western Union ait pris position en faveur des réfugiés. Mais en s’alliant avec une armée qui a contraint plus de 700 000 Rohingya à prendre le chemin de l’exil au Bangladesh, Western Union risque de ternir sa réputation et celle de ses plus hauts responsables.</p>



<p>Nous exhortons Western Union à mettre un terme à son partenariat avec la banque Myawaddy. Nous lui demandons également de s’engager à ne pas entrer en relation d’affaires avec la moindre entreprise détenue par /ou liée à l’armée et d’exercer la vigilance requise pour s’assurer qu’elle ne sera plus jamais engagée dans une telle relation.</p>



<p>La version originale de la lettre ouverte : <a rel="noreferrer noopener" aria-label="Cliquez ici (opens in a new tab)" href="https://rohingyacampaign.wordpress.com/2019/10/29/western-union-stop-funding-genocide-in-burma/?fbclid=IwAR2OiV6sE0FPfvTlTqi38euBallt4TflZCJSV-gW0gY3xw31wGWvuJ7ftBI" target="_blank">Cliquez ici</a> </p>



<p><strong>rganizational signers of the letter to Western Union</strong></p>



<table class="wp-block-table is-style-stripes"><tbody><tr><td>Action Committee for Democracy Development</td></tr><tr><td>ALTSEAN-Burma</td></tr><tr><td>Association of Human Rights Defenders and Promoters- HRDP</td></tr><tr><td>Association Suisse Birmanie (Swiss Burma Association)</td></tr><tr><td>Burma Campaign UK</td></tr><tr><td>Burma Task Force</td></tr><tr><td>Burmese Rohingya Organisation UK (BROUK)</td></tr><tr><td>CodePink</td></tr><tr><td>Collectif HAMEB</td></tr><tr><td>Dana Investment Advisors</td></tr><tr><td>Free Burma Campaign (South Africa)</td></tr><tr><td>Friends Fiduciary Corporation</td></tr><tr><td>Fund Our Future</td></tr><tr><td>Global Witness</td></tr><tr><td>Independent Old Catholic Church, Office of Ecumenical, Interfaith, and Global Engagement</td></tr><tr><td>Info Birmanie</td></tr><tr><td>Institute on Statelessness and Inclusion</td></tr><tr><td>International Campaign for the Rohingya</td></tr><tr><td>International Center for Rights and Justice</td></tr><tr><td>International Interfaith Peace Corps</td></tr><tr><td>Investors Against Genocide</td></tr><tr><td>Justice For All</td></tr><tr><td>Karen Organization of America</td></tr><tr><td>Never Again Coalition</td></tr><tr><td>No Business With Genocide</td></tr><tr><td>Odhikar</td></tr><tr><td>Partners Relief and Development UK</td></tr><tr><td>Pax Christi Metro New York</td></tr><tr><td>Progressive Voice</td></tr><tr><td>SharePower Responsible Investing</td></tr><tr><td>Swedish Burma Committee</td></tr><tr><td>Unitarian Universalist Service Committee</td></tr><tr><td>US Campaign for Burma</td></tr></tbody></table>



<p></p>



<p></p>
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		<title>Génocide des Rohingyas : Une politique de petits pas savamment orchestrée</title>
		<link>https://hameb.org/genocide-des-rohingyas-une-politique-de-petits-pas-savamment-orchestree/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 06 Jun 2019 23:13:01 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classifié(e)]]></category>
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					<description><![CDATA[Article rédigé par Myriam HAMDANI, chargée de questions juridiques du Collectif HAMEB @2018 HISTORIQUE L’origine du génocide est très ancienne. Dès 1942, les Rohingyas furent l’objet de persécutions et de massacres. Plus de 100 000 membres de cette communauté furent tués cette même année. Dans les années 1960, les Rohingyas furent privés de l’accès à [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<pre class="wp-block-preformatted">Article rédigé par Myriam HAMDANI, chargée de questions juridiques du Collectif HAMEB @2018</pre>



<p> <strong>HISTORIQUE </strong></p>



<p>L’origine du génocide est très ancienne. </p>



<p>Dès 1942, les Rohingyas furent l’objet de persécutions et de massacres. Plus de 100 000 membres de cette communauté furent tués cette même année. Dans les années 1960, les Rohingyas furent privés de l’accès à l’éducation. </p>



<p>L’Arakan regorge de gisements de gaz et minerais. Dès lors, pour s’accaparer les terres, la junte militaire pratique la stratégie de la terre brulée en vue de dissuader les Rohingyas de revenir. Insuffisante, et pour éviter un retour massif de ces derniers, le gouvernement les déchoit de leur nationalité en 1982. Les Rohingyas perdent la faculté de regagner la Birmanie et deviennent apatrides. </p>



<p>Pour tenter de justifier cette loi, la junte militaire au pouvoir prétend que les Rohingyas seraient venus du Bangladesh des suites du colonialisme britannique (1823). </p>



<p>Les mosquées bâties avant l’annexion britannique, les pièces de monnaie propres à la communauté des Rohingyas qui circulaient dans l’état d’Arakan (rebaptisé depuis « état Rakhine ») bien avant cette période, sont autant de preuves démontrant la fragilité de cette hypothèse erronée. </p>



<p>Des historiens attestent de la présence des Rohingyas sur ces terres dès le VIIIème siècle. En 1991, le gouvernement, au mépris de la constitution et du principe de laïcité y afférant, institutionnalise la haine à l’égard des musulmans en créant le Bureau de Promotion du Sasana* avec à sa tête Kyaw Lwin. </p>



<p><strong>ENTRE CONNIVENCE ET MANIPULATION DE L’OPINION PUBLIQUE </strong></p>



<p>La junte militaire s’est fréquemment tournée vers les bouddhistes représentant la religion majoritaire (90% de la population) pour légitimer son pouvoir acquis par des coups d’état successifs. </p>



<p>Les exactions à l’égard des Rohingyas permettent de justifier non seulement le maintien des militaires au pouvoir (dans un intérêt prétendument sécuritaire), mais aussi le pillage par ces derniers des ressources naturelles de l’Arakan où vivait la majorité des Rohingyas. Kyaw Lwin ne sera autre que le fondateur, en 1999, du mouvement 969, un mouvement promouvant une haine irrationnelle à l’encontre des musulmans. </p>



<p> Au sein de ce mouvement figure A.Wirathu, le plus emblématique des extrémistes bouddhistes. Ce dernier découvre en 1997 le livre « La peur de la disparition de la race », interdit par les autorités, excepté lorsqu’il sert leurs intérêts. Appelant au boycott des magasins tenus par des personnes de confession musulmane, à la prohibition de la vente de bien immobilier et plus généralement au ségrégationnisme des Rohingyas, ce livre inspira bon nombre de pamphlets et tracts largement diffusés dans toute la Birmanie.</p>



<p> Au cours d’une conférence à KYAUKSE en date du 3 septembre 2003, M. A.Wirathu dévoila son plan visant à planifier, selon ses termes, à la manière de « la CIA, du MOSSAD etc… Une opération efficace ». </p>



<p>A cette occasion, il demanda à ses disciples de se tenir prêts lorsqu’il leur ferait signe. Un mois plus tard, 11 personnes furent tuées, 2 mosquées et 2 magasins détruits à KYAUKSE. </p>



<p>Malgré des sanctions judiciaires, le mouvement 969 se poursuivra sous la forme du mouvement Ma Ba Tha le 15 janvier 2014. Entre temps, les extrémistes bouddhistes n’hésiteront pas à continuer de fomenter des conflits et d’en accuser à tort les musulmans, afin d’attiser la haine. Il s’agit pour eux de rationaliser leur discours et de présenter le besoin de « protection » de la race et de la religion birmane comme une nécessité immédiate. </p>



<p>Ce faisant, en 2012, des moines bouddhistes reprirent pour leur compte Facebook des images d’armes qu’ils présentèrent comme une découverte d’armes venant du Bengladesh et destinées aux Rohingyas. Il s’avéra, selon un rapport du C4ADS , qu’il s’agissait d’images d’armes en provenance d’Egypte datant de 2011 sans rapport avec les Rohingyas. </p>



<p>La tendance actuelle pour le gouvernement consiste à tenter de justifier ce génocide, manifestement antérieur à 2012, par un prétendu viol survenu en 2012 d’une femme bouddhiste par des musulmans. Force est de constater le caractère disproportionné et le caractère discutable de la réponse à ce prétendu crime. </p>



<p>Concomitamment au déplacement forcé et massif de la population locale, un projet d’envergure relatif au gaz « Shwe Gas », entrepris depuis plusieurs années, est partiellement mis en service en juillet 2013. Il devrait rapporter près de 1,8 milliard de dollars US à la Birmanie chaque année. Rien ne peut légitimer, ni justifier cette politique de nettoyage « ethniqueusitée » par les extrémistes bouddhistes en connivence avec la junte militaire. </p>



<p> Ces successions d’informations mensongères relayées à l’échelle nationale par les extrémistes bouddhistes, associées aux mesures gouvernementales de ségrégation, forment une propagande à laquelle le peuple, majoritairement astreint à la pauvreté, n’est pas indifférent.</p>



<p> Le fruit de cette propagande est l’adoption en 2015 par le Parlement Birman de 4 lois discriminatoires initiées par le Mouvement Ma Ba Tha. Ces lois, dont l’objet officiel est de « protéger la race et la religion » bouddhiste, prévoient notamment : </p>



<p>&#8211; L’obligation d’obtention d’une autorisation préalable délivrée par les autorités locales pour toute conversion à une autre religion que le bouddhisme, ainsi qu’en cas de mariage avec un non-bouddhiste, </p>



<p>&#8211; Le contrôle des naissances des minorités ethniques (dont font partie les Rohingyas). </p>



<p>&#8211; L’obligation d’obtention d’une autorisation préalable délivrée par les autorités locales pour toute conversion à une autre religion que le bouddhisme, ainsi qu’en cas de mariage avec un non-bouddhiste, </p>



<p><strong>SUR LA COMPETITION ENERGETIQUE ET L’APPROPRIATION DES RICHESSES </strong></p>



<p>Le gaz off-shore constitue la principale ressource de la junte militaire. En 1988, après le retrait du Général Ne Win, remplacé par le State Law and Order Restauration Council (SLORC), le Myanmar s’engage dans une politique d’ouverture économique au travers de concessions à des entreprises étrangères d’exploration puis d’exploitation on-shore et off-shore de gisements pétroliers et gaziers. </p>



<p>Après la répression de manifestants pacifiques de l’opposition civile, le refus de voir Aung San Suu Kyi, s’emparer du pouvoir suite aux élections et son assignation à résidence, au milieu des années 1990, la moitié des investisseurs étrangers se retire sous la pression médiatique et judiciaire d’ONG occidentales. </p>



<p>A partir de 1993 le SLORC autorise l’exploration d’un certain nombre de concessions menant aux découvertes successives d’importants gisements de gaz. La phase de déclin de l’industrie pétrolière est rapidement compensée par l’essor de l’industrie du gaz. Les campagnes médiatiques et judiciaires conduisent au retrait d’investisseurs occidentaux, sans impact majeur sur la junte qui trouve de nouveaux investisseurs, principalement asiatiques, moyennant : &#8211; Le renforcement des capacités militaires de la junte, &#8211; Un soutien politique, notamment devant le Conseil de Sécurité des Nations Unies, &#8211; Un soutien économique dans les secteurs stratégiques </p>



<p> La stratégie de sécurité énergétique permet à la junte militaire de réduire pour ne pas dire écarter l’impact des sanctions internationales qui devraient lui être infligées. Des multinationales telles que TOTAL, CHEVRON ou encore UNOCAL, mais aussi des états tels que la Chine, sont autant de puissances étrangères qui s’en accommodent fort bien et dont les investissements irriguent le pays, permettant au confit de s’enliser… L’industrie gazière constitue plus du tiers des investissements directs étrangers au Myanmar. Le seul site de Shwe, représente près de 54 milliards de dollars US sur 30 ans. </p>



<p> Les ressources énergétiques et les minerais ont motivé et porté au pouvoir la junte militaire, tout en garantissant son maintien. LA VALSE DES GENERAUX La Cour Pénale Internationale, indépendamment de l’absence de ratification du Traité de 2002 par la Birmanie, s’est déclarée compétente le 6 septembre 2018 pour juger si le traitement à l’encontre des Rohingyas relève d’un crime contre l’humanité. </p>



<p>La Birmanie a résolument rejeté cette décision. Traduire les généraux en justice est fondamental. Mais pour en finir avec les persécutions, il est indispensable de traiter les mécanismes qui ont permis de les porter et maintenir au pouvoir. </p>



<p><strong>PROPOSITION DE STRATÉGIE PACIFIQUE DE RÉSOLUTION DU GENOCIDE </strong></p>



<p>Le « Meurtre de membres du groupe », l’« Atteinte grave à l’intégrité physique ou mentale de membres du groupe », la « Soumission intentionnelle du groupe à des conditions d’existence devant entraîner sa destruction physique totale ou partielle », ou encore les « Mesures visant à entraver les naissances au sein du groupe » sont des actes non cumulatifs, qui commis dans l’intention de détruire, en tout ou en partie un groupe, constituent un crime de génocide selon le Statut de Rome de 1998. Pour lutter contre ce génocide, le Conseil de Sécurité doit adopter une résolution à l’encontre de la Birmanie sur le modèle de la résolution 181 du Conseil de sécurité de l’ONU relatif à la politique d’Apartheid en Afrique du Sud. </p>



<p> La Charte des Nations Unies donne compétence au Conseil de sécurité pour intervenir de manière coercitive contre tout ce qui peut menacer la paix. Depuis la guerre de Corée, l’interprétation de la Charte érige un droit de véto au profit des membres permanents en présence d’un seul vote négatif. Or, la mise en œuvre de mesures coercitives n’est recevable que dans le respect d’un autre principe fondamental, celui de l’égalité. </p>



<p>Force est de constater en l’espèce les limites de ce processus décisionnel. </p>



<p>Par ailleurs, une forte pression doit être exercée afin que la Chine cesse de se fournir en hydrocarbures en Birmanie, et ainsi de financer indirectement ce génocide. Il en va de même pour l’ensemble des multinationales implantées en Birmanie telles que Total ou Chevron, et tous les organismes, étatiques ou non, présents en Birmanie. </p>



<p>Etant précisé que cette problématique ne doit pas faire office de prétexte pour justifier l’intervention d’un pays tiers en Birmanie, qui ne ferait que légitimer le discours propagandiste du Pouvoir en place, et qui nourrirait le conflit, à l’instar des récentes expériences Syrienne et Libyenne. </p>



<p>Seules les forces d’interposition du Conseil de Sécurité seraient légitimes à intervenir, sous réserve de ne pas en dévoyer l’esprit. Aucune puissance étrangère ne doit tenter d’en tirer profit, notamment pour accroître ses parts de marché en matière énergétique sous couvert d’ingérence humanitaire. Le néocolonialisme doit cesser. </p>



<p>La Communauté internationale doit impérativement imposer un embargo portant sur les armes, les hydrocarbures et les minerais, et ce, jusqu’à la fin des persécutions et au rétablissement effectif des droits fondamentaux des Rohingyas et autres minorités ethniques persécutées dans le pays, notamment les peuples Kachin et Karen. Elle doit mettre en place un suivi régulier des conditions de vie de ces minorités, et s’assurer que le Gouvernement birman mette tous les moyens en œuvre pour en assurer le respect et mette un terme aux persécutions. </p>



<p>Enfin, le Gouvernement Birman doit impérativement permettre le respect du principe d’ingérence humanitaire, en levant toutes restrictions faites aux associations humanitaires venant au soutien des victimes.  </p>
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		<title>Débat TV &#8211; Le sort des Rohingyas, minorité opprimée de Birmanie &#8211; HAMEB chez Public Sénat</title>
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		<pubDate>Tue, 04 Jun 2019 20:44:21 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Le sort des Rohingyas inquiète la communauté internationale. Cette minorité musulmane fuit la Birmanie, victime de persécutions. Plus de 400 000 personnes auraient trouvé refuge cet été au Bangladesh, pays voisin. Les Nations Unies et de nombreuses ONG dénoncent un nettoyage ethnique, elles réclament un accès humanitaire et l&#8217;arrêt des opérations militaires contre les Rohingyas. [&#8230;]]]></description>
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<p>Le sort des Rohingyas inquiète la communauté internationale. Cette minorité musulmane fuit la Birmanie, victime de persécutions. Plus de 400 000 personnes auraient trouvé refuge cet été au Bangladesh, pays voisin. Les Nations Unies et de nombreuses ONG dénoncent un nettoyage ethnique, elles réclament un accès humanitaire et l&rsquo;arrêt des opérations militaires contre les Rohingyas. Quelles sont les raisons de ces persécutions ? Dans quelles conditions vivent ces populations ? Quel rôle peut jouer Aung San Suu Kyi, actuellement très critiquée pour son silence ? Nora Hamadi et ses invités décryptent cette situation.</p>



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<p><iframe title="« Le sort des Rohingyas », intervention de Nordine | HAMEB chez Public Sénat TV" width="1290" height="726" src="https://www.youtube.com/embed/f41cUDOljpo?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></p>
</div>
</figure>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>INVITÉS</strong></h2>



<p><strong> -Jean-Noël Wetterwald</strong><br />Ancien délégué régional du HCR en Asie du Sud-Est et au Bangladesh<br />&#8211;<strong>Bénédicte Brac de la Perrière</strong><br />Anthropologue, chercheuse au CNRS (Centre Asie du Sud-Est)<br />&#8211;<strong>Nordine Errais</strong><br />Président et cofondateur du Collectif HAMEB<br />&#8211;<strong>Christine Chaumeau</strong><br />Journaliste pour Courrier International<br />&#8211;<strong>Benoît Grimont</strong><br />Coréalisateur du documentaire « Birmanie, le pouvoir des moines »</p>



<h4 class="wp-block-heading">PRÉSENTÉ PAR</h4>



<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft"><img decoding="async" src="https://www.publicsenat.fr/sites/default/files/styles/pse_episode_presentateur/public/thumbnails/image/norq.jpg?itok=eX_G2XgB" alt="Nora Hamadi" /></figure>
</div>



<p><a href="https://twitter.com/NoraHamadi">Nora Hamadi</a></p>



<p>DIFFUSÉ DIMANCHE 08 OCTOBRE 2017 À 00:19 &#8211; <a href="https://www.publicsenat.fr/emission/un-monde-en-docs/le-sort-des-rohingyas-minorite-opprimee-de-birmanie-77237" target="_blank" rel="noreferrer noopener" aria-label="Public Sénat (opens in a new tab)">Public Sénat</a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>



<p>Visionner l&rsquo;intégralité de l&rsquo;émission :</p>
<p class="title style-scope ytd-video-primary-info-renderer"><a href="https://www.youtube.com/watch?v=rpFFlzPQ83c">Le sort des Rohingyas, minorité opprimée de Birmanie</a></p>
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		<item>
		<title>Interview &#8211; Qui sont les Rohingyas ? Collectif HAMEB</title>
		<link>https://hameb.org/interview-qui-sont-les-rohingyas-collectif-hameb/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 04 Jun 2019 20:26:31 +0000</pubDate>
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<figure class="wp-block-embed-youtube aligncenter wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe title="HALTE AU MASSACRE DES ROHINGYAS" width="1290" height="726" src="https://www.youtube.com/embed/KPyiw3ZlAV0?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div><figcaption>Halte au Massacre des Rohingyas &#8211; Par Ouma TV</figcaption></figure>
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		<title>Interview: Rohingyas l&#8217;urgence d&#8217;agir One Heart HAMEB &#8211; Collectif HAMEB</title>
		<link>https://hameb.org/video-rohingyas-lurgence-dagir-one-heart-hameb-collectif-hameb/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 04 Jun 2019 20:22:17 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Alors que la crise des Rohingyas fait rage en Birmanie, l’Organisation des Nations Unies a dénoncé ce lundi 2 octobre l’ampleur de la souffrance humaine dans l’Ouest du pays. Depuis la reprise des violences en septembre, 62 villages ont déjà été incendiées. Mais pourquoi est-ce un cauchemar humanitaire&#160;? Une minorité persécutée Minorité musulmane en Birmanie, [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>Alors que la crise des Rohingyas fait rage en Birmanie, l’Organisation des Nations Unies a dénoncé ce lundi 2 octobre l’ampleur de la souffrance humaine dans l’Ouest du pays. Depuis la reprise des violences en septembre, 62 villages ont déjà été incendiées. Mais pourquoi est-ce un cauchemar humanitaire&nbsp;?<br><br><strong>Une minorité persécutée</strong></p>



<figure class="wp-block-embed-youtube aligncenter wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe title="Rohingyas l&#039;urgence d&#039;agir One Heart HAMEB" width="1290" height="726" src="https://www.youtube.com/embed/rmXj9bb4MzU?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<p>Minorité musulmane en Birmanie, les Rohingyas sont considérés comme la plus grande population apatride au monde. Ils sont près d’un million de musulmans sunnites à peupler l&rsquo;État Rakhine dans le nord-ouest du pays. Problème, la Birmanie les considère comme Bangladais, leur refusant systématiquement la citoyenneté. Depuis plusieurs dizaines d’années déjà, les Rohingyas sont ainsi victimes de discrimination&nbsp;: règles de mariage, confiscation de terres ou encore travail forcé. La situation s’aggrave encore fin août, lorsque l’armée birmane lance une vaste campagne de répression, dénoncée par l’ONU comme une tentative d’épuration ethnique. Villages brûlés, tirs sur des civils, exactions militaires, les forces birmanes ne tiennent pas compte des condamnations. Privés d’eau potable, les Rohingyas survivent dans des conditions d’hygiène déplorables. La reprise des violences en septembre a déclenché un nouvel exode massif&nbsp;: ils sont déjà plus d’un demi-million à se réfugier au Bangladesh.<br><br><strong>Agir pour les Rohingyas</strong></p>



<p>À ce stade, cette flambée de violences se traduirait par un bilan d’un millier de morts. Nous avons rencontré Djebril Kaouche, secrétaire général de HAMEB (Halte Au Massacre En Birmanie). Formé en août 2012, ce collectif vise à sensibiliser aux souffrances des minorités ethniques en Birmanie. L’objectif&nbsp;: venir en aide aux communautés persécutées tout en médiatisant le massacre pour continuer à dénoncer, alerter. Engagé pour les Droits de l’Homme, Djebril Kaouche nous a livré son témoignage. « La situation est horrible, d’autant plus que c’est la période de la mousson. Ils ont besoin de couvertures, de nourriture, de soins, d’eau potable. C’est important d’en parler, il s’agit des Droits de l’Homme les plus élémentaires. On ne peut pas fermer les yeux », poursuit-il.</p>



<p>Découvrez la suite de l’interview dans notre reportage vidéo. Et pour agir, c&rsquo;est simple :</p>



<ul class="wp-block-list"><li>Soutenir le collectif HAMEB en faisant un don.</li><li>Diffuser l&rsquo;information autour de vous et sur les réseaux sociaux</li></ul>



<p><a href="https://www.oneheart.fr/search?keywords=%23rohingyas">ROHINGYAS</a><a href="https://www.oneheart.fr/search?keywords=%23birmanie">BIRMANIE</a><a href="https://www.oneheart.fr/search?keywords=%23agir">AGIR</a><a href="https://www.oneheart.fr/search?keywords=%23hameb">HAMEB</a><a href="https://www.oneheart.fr/search?keywords=%23bangladesh">BANGLADESH</a><a href="https://www.oneheart.fr/search?keywords=%23humanitaire">HUMANITAIRE</a></p>



<p>Source : <a href="https://www.oneheart.fr/videos/rohingyas-l-urgence-d-agir-19042" target="_blank" rel="noreferrer noopener" aria-label="OneHeart (opens in a new tab)">OneHeart</a></p>
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		<item>
		<title>Birmanie : inquiétante escalade de la violence anti-musulmane</title>
		<link>https://hameb.org/birmanie-inquietante-escalade-de-la-violence-antimusulmane/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 01 Jun 2019 14:05:53 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classifié(e)]]></category>
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					<description><![CDATA[Le pouvoir birman et la communauté internationale restent inactifs face à la multiplication des attaques. Human rights watch évoque un «&#160;nettoyage ethnique&#160;». PAR ERWAN MANAC&#8217;H  &#8211; PUBLIÉ LE 7 MAI 2013 POUR POLITIS.FR Intervenants :  Mireille Boisson, spécialiste de la Birmanie pour Amnesty Internationale  Nordine ERRAIS, Président du Collectif HAMEB  Célestine Foucher, coordinatrice d’Information Birmanie Les [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>

Le pouvoir birman et la communauté internationale restent inactifs face à la multiplication des attaques. Human rights watch évoque un «&nbsp;nettoyage ethnique&nbsp;».

</p>



<h5 class="wp-block-heading">PAR <a rel="noreferrer noopener" aria-label=" (s’ouvre dans un nouvel onglet)" href="https://www.politis.fr/auteurs/erwan-manach-362/" target="_blank">ERWAN MANAC&rsquo;H</a>  &#8211; PUBLIÉ LE 7 MAI 2013 POUR POLITIS.FR</h5>



<pre class="wp-block-preformatted">Intervenants : 
Mireille Boisson, spécialiste de la Birmanie pour Amnesty Internationale 
Nordine ERRAIS, Président du Collectif HAMEB 
Célestine Foucher, coordinatrice d’Information Birmanie</pre>



<p><strong>Les bouffées de violences surgissent sur des accrochages sans importance</strong>&nbsp;et se répandent comme une traînée de poudre. Depuis près d’un an, les musulmans de Birmanie sont la cible de violences ethniques de plus en plus fréquentes. L’ONG Human rights watch alertait même le 22 avril contre un «&nbsp;nettoyage ethnique&nbsp;» à l’œuvre, selon elle, avec la complicité du gouvernement.</p>



<p>Premières victimes de ces bouffées de violences meurtrières, la petite communauté des Rohingyas, une ethnie musulmane d’origine bangladaise recluse dans le nord de l’État Rakhine, à l’ouest du pays. L’ancienne junte militaire leur a retiré la nationalité birmane en 1982 en les excluant des 135 «&nbsp;races nationales&nbsp;» reconnues. Depuis, les régimes successifs alimentent les tensions en désignant les quelques 800&nbsp;000 à 1 million de Rohingyas birmans comme ennemis de l’intérieur. Leur liberté de déplacement est drastiquement limitée. Ils subissent des impositions arbitraires, des confiscations de terres et du travail forcé, sous la férule d’une police spéciale, la NaSaKa<sup><a href="https://www.politis.fr/articles/2013/05/birmanie-inquietante-escalade-de-la-violence-antimusulmane-22043/#fn:2">1</a></sup>.</p>



<p>La dissolution de la junte en 2011 et l’ouverture progressive du régime ont laissé éclater la haine, très diffuse dans la société birmane, contre cette communauté à la natalité très forte.</p>



<p>En juin 2012, une première explosion de violence a fait au moins 200 victimes et 140&nbsp;000 déplacés. Human right watch assure que des fosses communes ont été observées dans la région. Le 13 juin,<em>«&nbsp;un camion du gouvernement a déversé 18 cadavres nus ou partiellement vêtus à proximité d&rsquo;un camp de Rohingyas déplacés près de Sittwe, la capitale de l&rsquo;État&nbsp;»,</em>&nbsp;indique aussi l’ONG, évoquant un «&nbsp;crime contre l’humanité&nbsp;». Depuis ce massacre – et après une nouvelle flambée de violence au mois de novembre &#8211; 27&nbsp;800&nbsp;personnes&nbsp;ont dû fuir la Birmanie en bateau dans le golfe du Bengale, selon les chiffres du Haut commissariat aux réfugiés.</p>



<hr class="wp-block-separator"/>



<p>Depuis deux mois, ces violences ethniques se sont transposées dans le centre de la Birmanie, où elles se généralisent contre l’ensemble des musulmans.</p>



<p>Partout en Birmanie, un sentiment nationaliste alimente l’idée d’une supériorité de la majorité bouddhiste (89 % de la population) contre les minorités musulmanes qui représentent 4 % de la population selon les chiffres officiels, très parcellaires<sup><a href="https://www.politis.fr/articles/2013/05/birmanie-inquietante-escalade-de-la-violence-antimusulmane-22043/#fn:3">2</a></sup>.&nbsp;<em>« Il y a toujours eu une xénophobie et un sentiment antimusulman très forts, même au plus haut de l’État</em>&nbsp;, raconte Mireille Boisson, spécialiste de la Birmanie pour Amnesty Internationale.&nbsp;<em>Et la Birmanie a toujours connu des guerres ethniques depuis l’indépendance (en 1947). »</em></p>



<figure class="wp-block-image"><img decoding="async" src="https://static.politis.fr/medias/articles/2013/05/birmanie-inquietante-escalade-de-la-violence-antimusulmane-22043/logo-969.jpg" alt="Le logo du mouvement 969. "/></figure>



<p>Ce sentiment antimusulman est instrumentalisé ces derniers mois, jusqu’à l’obsession, par un mouvement nationaliste bouddhiste : la «&nbsp;campagne 969&nbsp;». Dans des CD et DVD en libre circulation, ce mouvement diffuse un message de haine et appelle au boycott des commerces musulmans qui se distinguent en affichant le nombre «&nbsp;786&nbsp;» sur leur devanture. La campagne nationaliste diffuse en réaction sur les commerces bouddhistes des autocollants «&nbsp;969&nbsp;», un nombre qui symbolisent les Trois Joyaux (vertus cardinales) du bouddhisme (9 attributs de bouddha, 6 du Dharma et 9 du Shangha).&nbsp;<em>«&nbsp;Plusieurs sources locales font état de violences perpétrées par des moines et des militants du mouvement 969 contre des bouddhistes ayant eu commerce avec des musulmans&nbsp;»,</em>&nbsp;indique même&nbsp;<a href="http://www.courrierinternational.com/article/2013/03/26/des-bouddhistes-extremistes-attisent-la-haine-anti-musulmans?page=all">un journaliste</a>&nbsp;sur place.</p>



<p>À la tête de cette campagne, le moine&nbsp;<a href="http://www.japantimes.co.jp/news/2013/04/30/asia-pacific/new-numerology-of-hate-takes-root-in-myanmar/#.UYOHzSv_5pR">Wirathu</a>, libéré en janvier&nbsp;2012 de neuf ans d’emprisonnement pour incitation à la haine envers les musulmans, s’est lui-même surnommé «&nbsp;le Ben Laden birman&nbsp;».</p>



<figure class="wp-block-image"><img decoding="async" src="https://static.politis.fr/medias/articles/2013/05/birmanie-inquietante-escalade-de-la-violence-antimusulmane-22043/wirathu650.jpg" alt="Le moine Wirathu, leadeur du mouvement extrémiste numérologiste « 969 ». - [Capture d'écran-&gt;http://www.japantimes.co.jp/news/2013/04/30/asia-pacific/new-numerology-of-hate-takes-root-in-myanmar/#.UYOHzSv_5pR]"/></figure>



<p><em>«&nbsp;Nous avons longtemps pensé que les violences étaient un problème de l’État Rakhine, et qu’elles ne concernaient que la communauté des Rohingyas, mais nous avons aujourd’hui la preuve que ce sont les musulmans qui sont visés&nbsp;»,</em>&nbsp;s’inquiète Nordine Errais, responsable du Collectif Halte au massacre en Birmanie.</p>



<p>Dans ce climat de haine, les bouffées meurtrières explosent rapidement. Le 20 mars, c’est une dispute entre un vendeur d’or musulman et des clients bouddhistes qui a déclenché deux jours de violence à Meiktila, une ville du centre de la Birmanie, faisant officiellement 42 victimes et au moins 12&nbsp;000&nbsp;déplacés. Début mai, à Oakkan, au centre du pays, on déplorait une nouvelle victime suite aux&nbsp;<a href="http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2013/05/02/97001-20130502FILWWW00458-birmanie-inculpation-pour-blaspheme.php">violences</a>&nbsp;déclenchées après qu’une Birmane musulmane a bousculé un enfant moine de 11&nbsp;ans.&nbsp;<em>«&nbsp;Selon plusieurs témoignages, ces violences sont parfois le fait de groupuscules bien organisés et très influents qui se déplacent pour mener des attaques »,</em>&nbsp;explique Célestine Foucher, coordinatrice d’<a href="http://www.info-birmanie.org/">Information Birmanie</a>, un centre de ressources basé en France.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Le rôle trouble de l’État</h3>



<p>Les observateurs disposent d’une information limitée, en particulier sur le rôle des autorités face à ces pogroms. La BBC publiait le 21 avril des images des événements survenus le 20&nbsp;mars à Meiktila. Elles montrent en particulier l’inaction de la police locale. Human right watch, qui fournit un rapport fondé sur plusieurs témoignages, accuse à son tour les autorités d’avoir apporté leur appui aux pogroms contre les Rohingyas.</p>



<p><em>«&nbsp;Nous avons des témoignages très contrastés sur l’attitude de la police, qui s’est parfois interposée, mais il est très difficile de savoir ce qui se passe vraiment&nbsp;»,</em>&nbsp;raconte Mireille Boisson. Des renforts ou des couvre-feux ont notamment été annoncés ponctuellement et un dirigeant étudiant a été condamné pour incitation à la violence antimusulmane.&nbsp;Mais les responsables de ces violences restent impunis dans l’écrasante majorité des cas. La justice se montre au contraire sévère envers les musulmans.</p>



<p>Trois Birmans musulmans, accusés d’avoir provoqué une bagarre à l’origine des violences de Meikhtila, ont notamment été&nbsp;<a href="http://www.liberation.fr/monde/2013/04/12/birmanie-premier-verdict-apres-les-violences-religieuses-de-meiktila_895688">condamnés</a>&nbsp;à 14&nbsp;ans de prison ferme et 7&nbsp;autres risquent la peine de mort pour le meurtre d’un moine bouddhiste.&nbsp;<em>«&nbsp;Beaucoup de musulmans sont jugés pour blasphème pour avoir retiré des logos 969, ils encourent deux ans de prison&nbsp;»,</em>&nbsp;rapporte Célestine Foucher.</p>



<pre class="wp-block-preformatted">-<a href="http://www.youtube.com/watch?v=VE1Itv5uhY8">Silence on tue</a>, documentaire sur les pogroms contre le Rohingyas</pre>



<p>-«&nbsp;Les communautés musulmanes doivent former leurs propres groupes et les communautés birmanes doivent former les leurs elles aussi »,&nbsp;<a href="http://eglasie.mepasie.org/asie-du-sud-est/birmanie-myanmar/2013-04-03-le-venerable-wirathu-moine-bouddhiste-et-nationaliste">interview</a>&nbsp;du moine WirathuDans ce contexte, les messages d’apaisement du Dalaï-Lama, des dirigeants religieux de tous bords, d’Aung San Suu Kyi<sup><a href="https://www.politis.fr/articles/2013/05/birmanie-inquietante-escalade-de-la-violence-antimusulmane-22043/#fn:4">3</a></sup>&nbsp;–&nbsp;députée d’opposition devenue ambassadrice de la volonté d’ouverture du régime&nbsp;– comme celui du président Thein Sein, sont jugés insuffisants. Le pouvoir, qui a engagé depuis deux ans des pourparlers de paix avec les groupes ethniques armés, n’a pas non plus réussi à faire taire les accusations de complicité avec les violences.&nbsp;<em>« Ce sont des manœuvres de communication, pour tempérer les critiques et préserver l’image d’un pays en transition</em><em>démocratique, mais concrètement, rien n’est fait pour empêcher les massacres&nbsp;»</em>&nbsp;, estime Nordine Errais. Les forces de l’ordre sont débordées et le pouvoir&nbsp;<em>«&nbsp;craint de se mettre la population à dos si un moine bouddhiste est condamné&nbsp;»,</em>&nbsp;analyse Celestine Foucher.</p>



<figure class="wp-block-image"><img decoding="async" src="https://static.politis.fr/medias/articles/2013/05/birmanie-inquietante-escalade-de-la-violence-antimusulmane-22043/birmanie-illus.jpg" alt="Oakkan, 1 mai 2013, des pages de livres religieux sont éparpillés après l'incendie d'une mosquée. - AFP / Soe Than WIN"/></figure>



<h3 class="wp-block-heading">L’Union européenne lève ses sanctions économiques</h3>



<p>Le risque d’un embrasement généralisé est réel, estiment les défenseurs des droits humains.&nbsp;<em>«&nbsp;Il faut d’urgence régler la question des minorités ethniques, faire taire le moine Wirathu et former les forces de police&nbsp;»</em>&nbsp;, lance Mireille Boisson.</p>



<p>L’urgence est aussi à l’aide humanitaire aux réfugiés.&nbsp;La mousson commence, alors que 60&nbsp;000&nbsp;personnes vivent dans des zones inondables et sous des abris de fortune&nbsp;selon&nbsp;<a href="http://www.unhcr.fr/cgi-bin/texis/vtx/search?page=search&amp;docid=5171596ac&amp;query=myanmar">les chiffres</a>publiés le 19 avril par le Haut commissariat aux réfugiés (HCR).&nbsp;<em>« Le gouvernement birman s&rsquo;est livré à une campagne de nettoyage ethnique contre les Rohingyas, qui se poursuit à ce jour à travers&nbsp;le refus de l&rsquo;accès à l&rsquo;aide humanitaire et l&rsquo;imposition de restrictions à leur liberté de circulation&nbsp;»</em>&nbsp;, déclarait le 22 avril le directeur adjoint de la division Asie à Human rights watch, Phil Robertson.</p>



<p>Malheur du calendrier diplomatique, l’Union européenne a décidé, le 22 avril, de lever ses sanctions économiques contre la Birmanie. Les ventes d’armes restent proscrites, mais les entreprises européennes pourront désormais traiter en Birmanie. L’Europe espère contrer la Chine, qui, deux ans après l’abdication de la junte, accroît déjà à grande vitesse son emprise sur la Birmanie. Mais pour les défenseurs des droits humains, l’annonce européenne accentue surtout le sentiment d’abandon face aux violences.</p>



<hr class="wp-block-separator"/>



<ul class="wp-block-list"><li>Malgré la démocratisation de la Birmanie depuis deux ans, les Rohingyas sont considérés comme apatrides. Ils ont pu voter aux élections de novembre 2010, avec des cartes d&rsquo;enregistrement temporaire délivrées par le gouvernement. Mais les discussions sur le remplacement des documents temporaires par des cartes indiquant un statut résidentiel plus permanent  n&rsquo;ont pas abouti, indique le <a href="http://www.unhcr.fr/pages/4aae621d6eb.html">HCR</a>. <a href="https://www.politis.fr/articles/2013/05/birmanie-inquietante-escalade-de-la-violence-antimusulmane-22043/#fnref:2">↩</a></li><li>Le premier recensement national depuis 31 ans doit être organisé en 2014. <a href="https://www.politis.fr/articles/2013/05/birmanie-inquietante-escalade-de-la-violence-antimusulmane-22043/#fnref:3">↩</a></li><li>Aung San SuuKyi est sévèrement critiqué pour la discrétion de ses réactions après les massacres de Rohingyas <a href="https://www.politis.fr/articles/2013/05/birmanie-inquietante-escalade-de-la-violence-antimusulmane-22043/#fnref:4">↩</a></li></ul>



<hr class="wp-block-separator"/>



<p>Photo : AFP / PAULA BRONSTEIN / GETTY IMAGES ASIAPAC / GETTY IMAGES</p>



<p>Source : Politis.fr </p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Interview du Président du Collectif HAMEB par Upper-Mag</title>
		<link>https://hameb.org/interview-du-president-du-collectif-hameb-par-upper-mag/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 01 Jun 2019 13:38:41 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classifié(e)]]></category>
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					<description><![CDATA[Bonjour Nordine Errais, nous sommes heureux de vous recevoir sur Upper-mag. Parlez-nous de vous, qui êtes-vous ?  Je&#160;suis&#160;co-fondateur&#160;et&#160;président&#160;du&#160;Collectif&#160;HAMEB.&#160;Je&#160;milite&#160;depuis quelques années au côté de mes collègues pour la cause Rohingya, et comme le font aussi braillement d’autres confrères comme Moussa de BaniStreet, ou encore l’association Bereket Seri et d’autres. Vous êtes président de l’association « Collectif [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong>Bonjour Nordine Errais, nous sommes heureux de vous recevoir sur <a rel="noreferrer noopener" target="_blank" href="http://upper-mag.com/">Upper-mag</a>. Parlez-nous de vous, qui êtes-vous ?</strong> </p>



<p>Je&nbsp;suis&nbsp;co-fondateur&nbsp;et&nbsp;président&nbsp;du&nbsp;Collectif&nbsp;HAMEB.&nbsp;Je&nbsp;milite&nbsp;depuis quelques années au côté de mes collègues pour la cause Rohingya, et comme le font aussi braillement d’autres confrères comme Moussa de BaniStreet, ou encore l’association Bereket Seri et d’autres.</p>



<p></p>



<p><strong>Vous êtes président de l’association « Collectif Halte Au Massacre En Birmanie – HAMEB »dites-nous quel est le but de ce collectif.</strong>Oui, le but de cette ONG est tout d’abord de militer par tous les moyens pour défendre les droits de la minorité Rohingya dans le monde, et plus généralement des minorités ethniques discriminées en Birmanie telles que les Karens, les Chins et Kachin. Vous comprenez donc quela raison d’exister du collectif HAMEB est totalement légitime, et s’inscrit dans une logique de plaidoyer à long terme, dans une époque où la minorité Rohingya en a le plus besoin, et en dépit des médias qui tardent à s’en occuper.Le Collectif HAMEB intervient également sur le terrain depuis sa création en 2012. À ce jour,nous avons effectué plus d’une dizaine d’opération en Birmanie, en Malaisie, au Bangladesh, et en Indonésie. Nous allons la ou les Rohingyas se trouvent, malgré les risques et difficultés&nbsp;que nous rencontrons dans ces pays, et en particulier en Birmanie dans lesquels nous avons mené des opérations humanitaires très sensibles et assez&nbsp;risquées pour la sécurité de nos bénévoles.</p>



<p><strong>Le 16 septembre dernier, le Trocadéro a été témoin d’un rassemblement condamnant les actes de répressions et le meurtre contre des Musulmans dans l’État d’Arakan. Parlez-nous de ce rassemblement.</strong></p>



<p>Absolument, nous avons été à l’initiative de ce rassemblement avec le soutien et l’appui de plusieurs de nos partenaires comme Info Birmanie, Amnesty International, Dignité International, ERC ou encore <em>Human Right Mission&nbsp;</em>. Ce rassemblement est une réaction absolument légitime qui fait suite aux événements tragiques du mois d’août dernier que nous connaissons aujourd’hui, c’est-à-dire le massacre de plusieurs milliers de Rohingyas par l’armée birmane et a provoqué la fuite de plus de 530.000 personnes vers le Bangladesh dans des conditions inhumaines. L’armée a également commis des viols sur des femmes, brûler plusieurs villages Rohingyas qui sont aujourd’hui visibles via des images satellites analysées par Amnesty&nbsp;International.&nbsp;Nous&nbsp;avons&nbsp;maintenant des&nbsp;preuves&nbsp;d’un véritable&nbsp;nettoyage ethniques que nous dénonçons depuis des années !</p>



<p><strong>Dites-nous qui sont les Rohingyas, sont-ils Birmans comme le pense la doxa ou sont-ilsBangladais comme le dise les Birmans ?</strong> </p>



<p> Selon l’ONU, la communauté Rohingya est l’une des plus persécutées au monde. Ils font partie des 135 ethnies qui&nbsp;composent la mosaïque ethnique très&nbsp;diverse de la Birmanie.&nbsp;Comme le rapportent plusieurs&nbsp;historiens, ce&nbsp;sont descendants de&nbsp;commerçants arabes, turcs,&nbsp;bangalis ou mongols et leur présence en Birmanie au XVe siècle. La junte birmane estime pourtant qu’ils seraient arrivés au moment de la colonisation britannique et les considère comme des immigrants illégaux Bangladais. La junte a alors mené, avec le soutien de certains moines extrémistes Bouddhistes, une compagne de propagande féroce pour les isoler et les pointer du doigt comme étant le problème numéro 1 du pays. C’est alors qu’en 1982, une loi a été mis en place pour leur retirer la citoyenneté birmane. Après des décennies de répressions et d’exactions, <strong>les Rohingyas ne seraient plus que 800.000 dans un pays qui compte près de 52 millions d’habitants à majorité bouddhiste</strong></p>



<p><strong>Que pensez-vous qu’il faille faire pour arrêter ce massacre ? et l’ONU est-il en partie responsable de laisser faire ?</strong></p>



<p>C’est une question très dicile et personne ne détient la solution miracle. Cependant, ce que nous avons toujours exiger, c’est l’arrêt immédiat des exactions et le rétablissement de l’accès aux humanitaires. Pour y arriver, les efforts doivent se faire aussi bien à l’intérieur du pays (le gouvernement, les partis politiques, la société civile Birman) mais aussi de l’extérieur, à travers la pression de la communauté internationale en misant sur l’action additionnée de divers organes tels que les institutions représentatives internationales (ONU, Commissions Européens, l’action de l’ASEAN…Etc.), les différentes sociétés civiles dans le monde (ONG,manifestations…etc.), mise en place de mesures et sanctions efficaces (embargo économiques et militaires…) par des compagnes de&nbsp;boycotts et de sensibilisation a plus large échelle.</p>



<p><strong>Comment peut-on aider les Rohingyas ?</strong></p>



<p>Eh bien, il y a plusieurs leviers. Il existe un certain nombre d’associations qui commencent à agir et mettre en place des actions pérennes. Il faut aider ces associations à travers des dons ou en devenant bénévoles. Aller sur le terrain dans les pays où se trouvent des milliers de Rohingyas comme le Bangladesh, la Thaïlande ou la Malaisie…etc. et y prêter main-forte aux initiatives locales lorsqu’ils en existent (orphelinats, camps … Etc.). Il est également important d’aller au-delà de l’humanitaire, il faut que chacun s’implique à son niveau pour militer et devenir une voix supplémentaire pour la défense des Rohingyas. Et c’est véritablement de ça dont ils ont besoin, an de les aider à rétablir leur droit le plus élémentaire (interpeller les pouvoirs publics, les élus, organiser des compagnes de sensibilisations, de rassemblements…etc), tout est bon pour faire avancer cette cause et la même au même titres que les autres causes nobles dans le monde telles que la cause Syrienne, Palestinienne, Yéménite, les Chrétiens d’Orient, la cause Centrafricaine…etc.</p>



<p><strong>Avez-vous prévu un prochain convoi humanitaire ?</strong>Une prochaine action est en cours de mise en place et aura probablement lieu en ce mois novembre. Cela sera probablement l’une des plus grosses opérations humanitaires que nous n’ayons jamais organisées. Nous avons initié une coordination avec la participation de plusieurs de nos partenaires. L’idée est de mettre en place une coalition humanitaire qui regroupe toutes les associations de bonne volonté et mutualiser ainsi nos efforts et compétences aussi bien dans le médicale, que dans l’alimentaire, ou non alimentaire. Nous espérons atteindre avec nos partenaires le plus de bénéficiaires possibles dans les camps du district de Teknaf au Bangladesh, et apporter ainsi un peu de réconfort à ces milliers de personnes </p>



<p><strong>Quelles sont les difficultés rencontrées sur le terrain ?</strong>En ce qui concerne la Birmanie, l’accès y est totalement fermé pour les ONG humanitaires, et le risque est très élevé pour y tenter une action. Nous avons donc reporté nos prochains voyages et attendons que la situation se calme un peu. Au Bangladesh, le terrain n’est pas sans difficultés non plus. En eet, le cas des Rohingya étant très politisé dans ce pays, la réglementation change alors très rapidement et nous pouvons avoir des blocages administratifs et/ou opérationnels à tout moment. Mais nos équipes et nos partenaires y travaillent dur pour faire parvenir les dons dans de bonnes conditions.<strong>Quelle est l’ampleur de la mobilisation mondiale ?</strong>La mobilisation est plutôt disparate d’un pays à un autre. Les pays arabes sont quasiment absents dans le soutien de cette cause. Quelques initiatives gouvernementales isolées telles que la Turquie, le Maroc, l’Algérie ou encore quelques pays du Golf et l’Asie ont déjà envoyé des aides humanitaires. Mais la mobilisation des sociétés civiles reste insusante. Sans les actions des associations, la mobilisation serait quasiment absente </p>



<p><strong>Trump et Macron a dénoncé devant l’ONU le « nettoyage ethnique » contre la minorité musulmane des Rohingyas, pensez-vous que cela puisse faire&nbsp;bouger les choses ?</strong></p>



<p>Ces déclarations inattendues sont assez nouvelles, surtout pour la France qui a toujours gardé son silence sur la question. Bien entendu, ces déclarations ont des conséquences sur le plan diplomatique et contribuent à faire pression sur le gouvernement birman. Mais dans tous les cas, cela reste insuffisant car il faut une véritable coalition et coordination internationale qui doit perdurer dans le temps jusqu’à faire réagir les autorités Birmanes.</p>



<p><strong>Parlez-nous des projets du Collectif HAMEB et en Europe.</strong></p>



<p>Le Collectif HAMEB dispose de plusieurs antennes en France et l’étranger (Belgique, Suisse et Malaisie, et j’espère une prochaine antenne au Bangladesh). HAMEB est Composé intégralement que de bénévoles qui dépensent de leur temps et énergie pour la cause Rohingya depuis plusieurs années. Actuellement, nous avons plusieurs projets que nous menons quotidiennement (des conférences d’information et de sensibilisations régulières à travers la France, des galas de collecte de dons, des interventions régulières auprès de la presse et des pouvoirs publics…etc.). Nous préparons également avec nos partenaires notre prochaine opération humanitaire baptisée CSR (Coordination Solidarité Rohingya) en novembre prochain. Enn, notre antenne malaisienne travaille quasi-quotidiennement pour mettre à pied notre orphelinat dédié aux enfants orphelins.</p>



<p><strong>Quels sont vos vœux pour les Rohingyas ?</strong>&nbsp;J’espère de&nbsp;tout cœur&nbsp;que&nbsp;les différentes&nbsp;mobilisations et&nbsp;les efforts&nbsp;de chacun&nbsp;de nous&nbsp;feront progresser positivement la cause Rohingya. J’espère que nous atteindrons notre but ultime : la réintégration sereine et complète des Rohingyas dans leur pays, qu’ils retrouvent leur citoyenneté ; leur dignité et leurs droits élémentaires </p>



<p>Interview réalisé par UpperMag &#8211; 2 Janvier 2018</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Interview Edito’ « Les Rohingyas font les frais de viols, lynchages, violences sexuelles, tortures, exécutions sommaires. »</title>
		<link>https://hameb.org/interview-edito-les-rohingyas-font-les-frais-de-viols-lynchages-violences-sexuelles-tortures-executions-sommaires/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 20 May 2019 19:30:57 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classifié(e)]]></category>
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					<description><![CDATA[Noureddine ERRAIS, co-fondateur et président du Collectif HAMEB, association humanitaire créée pour venir en aide à la minorité musulmane des Rohingyas de Birmanie persécutée, répond aux questions du blog sur la situation de cette communauté. – Aujourd’hui votre attention est portée sur les Rohingyas de Birmanie. Pourquoi ? Et pouvez vous m’en dire plus sur [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>Noureddine ERRAIS, co-fondateur et président du Collectif HAMEB,
association humanitaire créée pour venir en aide à la minorité musulmane des
Rohingyas de Birmanie persécutée, répond aux questions du blog sur la situation
de cette communauté.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter is-resized"><img decoding="async" src="http://hameb.org/preprod/wp-content/uploads/2019/05/59979986_1600786886722970_3071220651105714176_n.jpg" alt="" class="wp-image-1718" width="601" height="399" srcset="https://hameb.org/wp-content/uploads/2019/05/59979986_1600786886722970_3071220651105714176_n.jpg 750w, https://hameb.org/wp-content/uploads/2019/05/59979986_1600786886722970_3071220651105714176_n-600x398.jpg 600w, https://hameb.org/wp-content/uploads/2019/05/59979986_1600786886722970_3071220651105714176_n-300x199.jpg 300w" sizes="(max-width: 601px) 100vw, 601px" /></figure></div>



<p>– Aujourd’hui votre attention est portée sur les Rohingyas
de Birmanie. Pourquoi ? Et pouvez vous m’en dire plus sur votre collectif ?</p>



<p>Tout a commencé au lendemain des premières violences «
visibles sur la toile » de juin 2012, je dis « visibles » car je tiens à
préciser que le massacre des Rohingyas ne date pas d’hier. C’est donc grâce au système
de partage d’informations sur les réseaux sociaux que ces exactions sont
parvenues jusqu’à nous.</p>



<p>A l’époque, il y avait très peu d’informations disponibles
sur le nettoyage ethnique atroce de cette ethnie encore méconnue du public.
C’est d’ailleurs cette corrélation frappante entre l’absence d’informations et
le degré d’atrocité extrême subie qui a particulièrement suscité ma curiosité,
comme celle de la majorité des personnes qui découvrent le sujet. Suite à cela,
le mouvement du Collectif HAMEB a vu le jour pour dénoncer, et jusqu’à
aujourd’hui, ce nettoyage ethnique perpétré par la junte birmane en toute impunité
d’une part et le silence flagrant de la communauté internationale d’autre part.</p>



<p>– Concrètement qu’est ce qui est reproché à ces Rohingyas ?</p>



<p>Au départ, la politique discriminante de la junte birmane
visait particulièrement les Rohingyas afin de les exclure et les isoler
progressivement du reste des ethnies composantes de la société birmane. Preuve
en est, la loi votée en 1982 qui les a automatiquement déchus de leur
nationalité. Les &nbsp;conséquences de cette première
manœuvre politique sont désastreuses : déni de citoyenneté, restrictions des
mariages et de libertés de circulation, violation du droit à former une famille
et du droit à la propriété. La quasi-totalité des libertés et des droits
fondamentaux sont bafoués ! La junte birmane a tout mis en œuvre pour créer un climat
de haine, du racisme et de l’ostracisme envers cette ethnie. Une propagande
parfaitement ordonnée et organisée est alors mise en place par la junte
militaire avec l’appui d’un certain nombre de leaders bouddhistes extrémistes
propageant une haine populaire envers les Rohingyas à l’échelle du pays.</p>



<p>D’ailleurs, les Rohingyas sont considérés comme des Bengalis
venus « envahir le pays » par un bon nombre des citoyens birmans y compris les
autorités. On les appelle également les « Kular », ce qui signifie « noir de
peau», et qui est en fait un terme péjoratif utilisé pour rabaisser les
descendants d’indiens en Birmanie.</p>



<p>Les Rohingyas ne sont pas les bienvenus sur leurs propres
terres, bien que ces derniers soient complètement parties intégrantes des
populations Arakanaises. Nous serions finalement tentés de qualifier cette
affaire par un simple racisme communautaire exacerbant et qui n’a rien de
religieux.</p>



<p>– Sont-ils visés parce qu’ils sont Musulmans ?</p>



<p>Nous pensions que les Rohingyas étaient visés parce qu’ils
ne ressemblent pas aux prétendues normes</p>



<p>ethniques préfabriquées par cette propagande nationale et « nationalisante
». Oui, mais pas seulement. La suite des événements est révélateur d’une
hostilité profonde dans la société birmane à la fois raciste mais aussi islamophobe.
Les émeutes sanglantes survenues dans la ville de Mektila en mars 2013, une
ville au centre du pays, constituent un premier élément symptomatique. En
effet, les musulmans visés par ces assassinats n’appartiennent pas à la
communauté Rohingya, mais sont bel est bien des musulmans birmans d’une autre
ethnie. S’en suit alors une série d’attaques proférées contre des symboles directement
ou indirectement liés à l’appartenance religieuse : destructions de plusieurs
mosquées, de maisons et de commerces appartenant à des musulmans, démolition de
cimetières musulmans… A ce stade de lynchages et de violences extrêmes, nous ne
sommes plus dans un contexte de racisme ordinaire, mais d’un réel climat de
tension islamophobe profond qui continue à faire des ravages ! En définitif,
nous pouvons aisément comprendre le jeu dangereux que favorise les discours
politico-religieux qui se résume en une phrase « être birman, c’est être
bouddhiste ». Je tiens tout de même à préciser que la philosophie bouddhiste
est ici exploitée politiquement et socialement de manière pervers et totalement
à l’opposé de ses enseignements authentiques afin de légitimer des actes
inacceptables dans une société endoctrinée.</p>



<p>– Des membres de votre collectif se sont rendus sur place,
quel est leur témoignage de ce voyage sur place ?</p>



<p>Effectivement, plusieurs de nos membres se sont rendus et à
plusieurs reprises dans l’état d’Arakan en Birmanie, mais aussi dans les camps
de «refugiés» Rohingyas au Bangladesh. Ces voyages sont organisés dans le cadre
de nos différentes opérations humanitaires, mais qui ont aussi pour but
d’actualiser nos informations sur le climat social et les conditions de vie des
Rohingyas sur place. Le constat de nos membres est unanime pour qualifier
d’inhumaines les conditions déplorables dans lesquelles vivent chaque jour des
milliers de Rohingyas, dans la mesure où la liberté de la presse est
considérablement limitée lorsqu’elle concerne ces ethnies… Nous avons publié
plusieurs vidéos témoignages de nos membres</p>



<p>Disponibles sur internet. Nous organisons régulièrement des
conférences ouvertes à tout public un peu partout en France, en Belgique, pour
apporter ces témoignages vivants et précieux dans ce contexte</p>



<p>Difficile. Des témoignages qui racontent le calvaire et les
conditions déplorables de ces gens oubliés du monde. Il n’y a malheureusement
que très peu de couverture médiatique sur ce sujet, c’est pourquoi nous publions
régulièrement des articles d’actualité les plus à jour possibles et j’invite
toutes les personnes à venir assister à ces conférences et à contribuer ainsi
rendre plus visible cette cause.</p>



<p>– Quelles sont les exemples de violences, de persécutions
qu’ils subissent ?</p>



<p>La panoplie de violences que subissent les Rohingyas est
tristement large. Ils sont constamment persécutés de tous les côtés, comme par
les autorités qui leur refusent toute protection, pire, elles procèdent
régulièrement à des campagnes d’intimidations, des arrestations arbitraires,
desdisparitions forcées et destructions de moyens de subsistance, notamment.
Non contents de restreindre ainsi leur liberté de circulation, les autorités
birmanes vont jusqu’à leur interdire l’accès à l’alimentation, et les
maintiennent dans des conditions de vie et d’hygiène abominables. L’accès-même
des organisations humanitaires internationales à cette communauté pourtant en
situation de grave crise humanitaire, est systématiquement entravé par les
autorités locales. Au-delà de la complicité et la passivité terrifiante des forces
de l’ordre, les Rohingyas font les frais de viols, lynchages, violences
sexuelles, tortures, exécutions sommaires, ou encore la mise à sac de leurs
habitations et villages, des exactions régulières et répétées par des groupes
d’assaillants, dont on a déjà vu un certain nombre de moines extrémistes
prendre part aux pogroms. Ce n’est donc pas pour rien que l’ONU elle-même
décrit la communauté Rohingya comme « l’une des plus persécutées au monde ! »
Il est donc pour nous clair que derrière cette insoutenable purification ethnique
se cache en réalité une volonté peu assumée de faire disparaître toutes les
traces de présence de cette ethnie sur le sol birman. C’est un véritable «
génocide » qui s’opère sous nos yeux, et Celan ‘engage que mon point de vue.</p>



<p>– Des statistiques existent-elles sur le nombre de personnes
tuées, déplacées…</p>



<p>Peu de statistiques existent sur le cas des Rohingyas et sur
les violences en Birmanie de manière générale. Il est difficile d’établir des
statistiques et encore moins des chiffres officiels dans un pays tel que la
Birmanie. D’ailleurs, le dernier recensement officiel dans ce pays date de
1983. Certains rapports officiels parlent de plus de 237 victimes et entre 150
et 250 000 personnes déplacées depuis les violences de juin 2012. La seule
chose dont on est sûr, c’est que ces bilans sont largement sous-estimés pour
deux raisons : d’abord, les conditions des observateurs sont extrêmement
limitées dans la mesure où tout est fait pour empêcher l’accès aux villages
touchés. Et toutes les statistiques officielles produites par les autorités
birmanes sont instrumentalisées pour parrainer son discours propagandiste.</p>



<p>– Sur place, une aide des ONG est-elle apportée aux
Rohingyas ?</p>



<p>La crise humanitaire que connaît actuellement la communauté Rohingya
est au sommet de son urgence ! Les organisations non gouvernementales se voient
de plus en plus contraintes à limiter leurs interventions dans l’Etat d’Arakan.
Le gouvernement en place impose un certain nombre de restrictions injustes et scandaleuses
qui les obligent à réaffecter une grande partie des dons sous forme d’aides aux
populations locales, ou encore sous forme de taxes et autres (pots de vins,
commissions…etc.). Au-delà des compagnes d’intimidations populaires organisées
régulièrement pour faire pression sur les ONG et les contraindre à quitter le
pays, les autorités n’hésitent plus à retirer les licences d’exercice aux ONG
qui s’aventurent à apporter de l’aide humanitaire aux Rohingyas, comme nous
avons pu le voir récemment avec MSF, WFP ou encore l’Association Humanitaire
Allemande Malteser. Nous concernant, nous avons l’habitude d’user nos propres
moyens pour contourner ces multiples barrières à la fois administratives, logistiques
mais aussi sécuritaires. Nous partons avec la conscience que toute intervention
peut être un gros risque pour nos bénévoles, mais aussi pour les bénéficiaires
qui peuvent être victimes de représailles ou de pillages… Depuis notre création
en 2012, nous avons déjà effectué plusieurs opérations humanitaires dans l’Etat
d’Arakan, dans les camps de réfugiés au Bangladesh, mais également en Malaisie,
apportant ainsi de l’aide à des milliers de Rohingyas, grâce à la mobilisation
de nos donateurs. Néanmoins, les besoins de cette communauté, ne seraient ce
que primaires, sont loin d’être couverts. C’est pourquoi, j’en profite pour
faire un appel aux donatrices et donateurs afin de se mobiliser fortement et
soutenir le travail de ce collectif ainsi que toutes les associations qui
travaillent de loin comme de près en faveur des minorités oubliées du Myanmar.</p>



<p>– Il y a un silence médiatique autour de ce génocide…</p>



<p>Nous ne cesserons de dénoncer ce silence médiatique
effrayant qui règne encore autour de cet abominable nettoyage ethnique.
Expliquer ce déni médiatique est à la fois complexe et simple. D’abord, les
raisons économiques sont sans doute le premier élément à prendre en compte.
Depuis la libération d’Aung San Suu Kyi par la junte Birmane, le pays semble
tendre la main au monde en changeant sa posture politico-économique, surtout
envers les occidentaux. Les médias ont beaucoup parlé de la transition et du processus
de démocratisation progressive vers lequel ce pays semble se diriger. Mais il
faut bien nuancer et surtout mesurer ces propos. La transition du pays est
essentiellement économique, la Birmanie s’empresse d’ouvrir son économie vers
de nouveaux marchés inhabituels comme l’Europe ou encore les USA. Ces derniers,
très enthousiastes, n’hésitent pas à accueillir avec tous les honneurs le
président Thein Sein. Nous l’avons vu notamment lors de la tournée européenne
du président birman en juillet 2013. Nous n’avons d’ailleurs pas manqué de
marquer notre indignation à travers un rassemblement de protestation, devant la
complicité tacite des gouvernements français et européens vis-à-vis des crimes
perpétrés contre un peuple sans droits. Au même moment, nous avons également
exigé un entretien avec le ministère français des affaires étrangères, qui nous
a ensuite reçus après la diffusion d’une pétition d’Avaaz.org atteignant le
million de signataires. Au cours de l’entretien, et malgré la position ferme du
Collectif Hameb, de deux journalistes et des signataires de l’appel à François
Hollande, d’un avocat aux barreaux de Paris, d’un chargé de campagnes Avaaz en
France, d’un responsable Asie Reporters sans frontières (RSF) et enfin d’un
représentant des Rohingyas en France, nous avons eu un discours protocolaire
affirmant l’attachement de la France à ses principes de droits de l’homme et
des libertés, et de la volonté ferme du Président de la République de faire
respecter les droits fondamentaux dans le cadre de sa coopération économique
avec ce nouveau partenaire. Nous savons bien entendu que ce ne sont que des
promesses. D’ailleurs, l’Union européenne n’a pas hésité à lever l’ensemble des
sanctions politiques et économiques à l’encontre de la Birmanie, à l’exception
de l’embargo sur les armes. Cela démontre encore une fois que ni la France ni
l’Union Européenne ne semblent être inquiétées par les multiples violations des
droits de l’homme dans ce pays. Enfin, la question des Rohingyas n’est pas
centrale dans les accords politiques et encore moins dans les affaires
économiques internationales birmanes. Et il ne faut pas s’attendre à ce que les
médias traditionnels fassent la promotion de cette petite ethnie qui
n’intéresse personne. En France, les motifs culturels peuvent également
expliquer en partie ce désintérêt général. En effet, nous sommes beaucoup plus
sensibles à des problématiques franco-francophones non loin de chez nous, par
exemple les anciennes colonies françaises. D’une part parce qu’on parle la même
langue, et d’autre part parce que la France se voit presque naturellement
impliquée ne serait-ce que par ses pseudos liens historiques avec l’Afrique.
D’ailleurs, les activistes Rohingyas et les associations militantes pour leurs causes
sont beaucoup plus actifs dans les pays anglophones tels que l’Angleterre ou
encore les Etats-Unis.</p>



<p>– Est-ce que seuls les Rohingyas sont attaqués ?</p>



<p>Non, les Rohingyas sont loin d’être la seule communauté
persécutée en Birmanie. La Birmanie, ancienne colonie britannique, compte plus
de 135 groupes ethniques différents dont les Bamars (de confession bouddhiste),
qui eux représentent la majorité des 53 millions d’habitants du pays. Le
conflit qui oppose la junte birmane à ses certaines de minorités ethniques est
plus au moins différent d’une ethnie à une autre.</p>



<p>Par exemple, dans le nord du pays, une ethnie de confession
chrétienne appelée Kachin (qui réclame l’autonomie depuis l’indépendance) subit
constamment des violences et tortures par l’armée birmane. D’autres ethnies,
comme les Chins (chrétiens), ou encore les Kamars (musulmans), subissent-elles
aussi des brimades et des menaces, parfois même des violences, pour l’unique
raison que leur foi est différente, dans une Birmanie dont le président, M.
Thein Sein, n’a jamais caché sa volonté de faire du pays un Etat exclusivement
bouddhiste, sans que cela semble choquer le moins du monde la communauté internationale.
Le cas des Rohingyas est néanmoins exceptionnel. Outre le fait qu’ils soient «
Apatrides », ils sont systématiquement discriminés par les autorités depuis des
décennies, et sont complètement rejetés à la fois par la société dans laquelle
ils tentent de vivre, et aussi dans les pays voisins vers lesquels ils fuient
comme le Bangladesh, la Thaïlande… Au-delà des ethnies persécutées, et malgré quelques
libérations, le régime birman fait emprisonner des milliers de leaders
politiques, de militants ou mêmes de manifestants…</p>



<p>– Le gouvernement et la population non-Rohingya
cautionnent-ils ce qu’il se passe ?</p>



<p>Il est clair que les autorités sont complètement complices
et responsables de ce qui arrive aux Rohingyas. Etant considéré comme des
clandestins, le gouvernement de Thein Tsein autorise une épuration ethnique par
massacre, par déportation et surtout en terrorisant les tribus Rohingyas afin
qu’elles quittent ces territoires de leur plein grès par la peur. Le
gouvernement n’intervient presque jamais pour faire taire les discours de haine
propagandistes de certains leaders bouddhistes comme que A.Whirattu et
d’autres. Cette indifférence est pour nous une marque de caution et de
bénédiction d’état.</p>



<p>– Le prix nobel de la paix reste dans le silence, il
semblerait…</p>



<p>C’est un constat consternant. Face à une situation
d’injustice et de nettoyage ethnique indéfendable dont fait l’objet les
Rohingyas et les musulmans en Birmanie, Mme Aung San Suu Ky a pris des
positions surprenantes au regard de l’idéologie de paix qu’elle a toujours mis
en avant dans ses propres combats.</p>



<p>Elle a tenté de justifier l’extrémisme bouddhiste sous
couvert d’un sentiment de peur sociale général qui stipule que les bouddhistes
en Birmanie étaient terrifiés par une « puissance musulmane mondiale », alors que
la population musulmane de ce pays est numériquement insignifiante. Plus grave
encore, Aung San Suu Ky n’a jamais reconnu les Rohingyas comme faisant partie
des ethnies birmanes. Rappelons-nous de sa réponse à un journaliste bengali qui
lui a posé cette question : « Les Rohingyas sont-ils citoyens de Myanmar ? » ce
à quoi elle a répondu : « Je ne sais pas ». Cela se passe de commentaire. En
fait, pour beaucoup de gens, Mme Aung San Suu Ky représente une figure de lutte
pour la liberté et la démocratie dans son pays. Certes, mais ce n’est plus le
cas depuis sa libération. Désormais, elle a endossé son rôle de femme politique
en course pour les présidentielles de 2015. On l’imagine donc mal tourner le
dos à une majorité d’électeurs potentiels (essentiellement bouddhistes) prend
le parti des Rohingyas. Au cours de nos conférences, j’ai entendu un
participant dire que peut-être que Aung San Suu Ky changera de position
lorsqu’elle sera élue présidente… Si cela peut mettre une lueur d’espoir, de
changement chez certains, pourquoi pas, espérons, mais je n’y crois pas.</p>



<p>– En tant qu’association qu’est ce que vous apportez sur
place et comment sensibilisez-vous ici sur le sujet ?</p>



<p>A l’origine, notre collectif s’est créé afin de sensibiliser
sur cette question totalement méconnue par le commun des mortels. Nous avons
rencontré énormément de difficultés pour mobiliser le public dans nos différentes
manifestations et rassemblements. Parler des Rohingyas et des minorités
ethniques birmanes de manière générale n’est pas chose facile, mais cela reste
notre cheval de bataille. Sensibiliser sur cette question est primordial, car
notre indifférence tue. Depuis son existence, nous avons organisé une dizaine de
conférences en France et en Belgique. Nous sommes également présents à travers
nos antennes au Canada et en Suisse afin d’élargir notre champ d’action et
espérer toucher le plus de monde. Nous disposons d’une équipe de traducteurs
dédiée à la communication qui diffuse régulièrement des articles, documents,
vidéos, et rapports traitant l’actualité des minorités, la plus à jour sur le
web. Plusieurs supports de diffusion sont exploités pour la mise en place d’une
veille informationnelle continue (Facebook, site web, Twitter, Youtube…). Nous
comptons également sur nos réseaux de militants Rohingyas et de notre présence
permanente en Malaisie via notre correspondante Mouna Derouich, qui nous
remonte régulièrement des informations vérifiées afin de les exploiter soit à
des fins informationnelles, soit humanitaires, dans le cadre d’un de nos
projets de construction d’un orphelinat pour les enfants Rohingyas en Malaisie.
J’en profite encore une fois pour lancer un appel aux donateurs et aux futurs
partenaires potentiels qui souhaitent nous soutenir financièrement, et aux
bénévoles soucieux de contribuer à cette cause, à prendre contact avec nous et
nous rejoindre.</p>



<p>Plus de renseignements sur le Collectif HAMEB :</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>A Beautiful Beginning to the New Year—My Rolex Daytona Replica</title>
		<link>https://hameb.org/a-beautiful-beginning-to-the-new-year-my-rolex-daytona-replica/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 17 Mar 2018 06:29:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classifié(e)]]></category>
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					<description><![CDATA[This Spring Festival, I gave myself a really nice gift: this beautiful watch, the Rolex daytona replica watch. More than just a watch, this is really a beautiful artwork evoking feelings of joy and bringing in prosperity. Looking at this fantastic watch, a feeling of confidence toward the coming year just washed over me. In [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>This Spring Festival, I gave myself a really nice gift: this beautiful watch, the <a href="https://www.replicafactory.is/collections/daytona">Rolex daytona replica</a> watch. More than just a watch, this is really a beautiful artwork evoking feelings of joy and bringing in prosperity. Looking at this fantastic watch, a feeling of confidence toward the coming year just washed over me. In this article, I&rsquo;m going to share with you my experience with the Rolex Daytona replica, how it has improved my style, and why I think more consumers should consider what&rsquo;s on offer at Replicafactory.is.</p>
<h2 class="wp-block-heading">Unboxing the Rolex Daytona Replica</h2>
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<div class="wp-block-image">
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</p></div>
<h2 class="wp-block-heading">Why I Chose the Rolex Daytona Replica</h2>
<p>Why I fell in love with this rolex Daytona replica:</p>
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<h2 class="wp-block-heading">Styling the Rolex Daytona Replica</h2>
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<div class="wp-block-image">
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</p></div>
<h2 class="wp-block-heading">Enjoying the Festivities with My Rolex Daytona Replica</h2>
<p>This Spring Festival feels extra special with my rolex Daytona replica on my wrist:</p>
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<h2 class="wp-block-heading">Value for Money: The Rolex Daytona Replica</h2>
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<p>2.  Quality Assurance: In the area  of construction, rolex Daytona replica is the best. It is as if you are wearing a  high-end watch and that is why it is wise for those who appreciate quality to invest in it. </p>
<div class="wp-block-image">
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</p></div>
<h2 class="wp-block-heading">Why Replicafactory.is is the Best Choice</h2>
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]]></content:encoded>
					
		
		
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