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	<title>admin &#8211; Collectif HAMEB | Halte Au Massacre En Birmanie</title>
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	<title>admin &#8211; Collectif HAMEB | Halte Au Massacre En Birmanie</title>
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		<title>Génocide des Rohingyas : Une politique de petits pas savamment orchestrée</title>
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		<pubDate>Thu, 06 Jun 2019 23:13:01 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Article rédigé par Myriam HAMDANI, chargée de questions juridiques du Collectif HAMEB @2018 HISTORIQUE L’origine du génocide est très ancienne. Dès 1942, les Rohingyas furent l’objet de persécutions et de massacres. Plus de 100 000 membres de cette communauté furent tués cette même année. Dans les années 1960, les Rohingyas furent privés de l’accès à [&#8230;]]]></description>
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<pre class="wp-block-preformatted">Article rédigé par Myriam HAMDANI, chargée de questions juridiques du Collectif HAMEB @2018</pre>



<p> <strong>HISTORIQUE </strong></p>



<p>L’origine du génocide est très ancienne. </p>



<p>Dès 1942, les Rohingyas furent l’objet de persécutions et de massacres. Plus de 100 000 membres de cette communauté furent tués cette même année. Dans les années 1960, les Rohingyas furent privés de l’accès à l’éducation. </p>



<p>L’Arakan regorge de gisements de gaz et minerais. Dès lors, pour s’accaparer les terres, la junte militaire pratique la stratégie de la terre brulée en vue de dissuader les Rohingyas de revenir. Insuffisante, et pour éviter un retour massif de ces derniers, le gouvernement les déchoit de leur nationalité en 1982. Les Rohingyas perdent la faculté de regagner la Birmanie et deviennent apatrides. </p>



<p>Pour tenter de justifier cette loi, la junte militaire au pouvoir prétend que les Rohingyas seraient venus du Bangladesh des suites du colonialisme britannique (1823). </p>



<p>Les mosquées bâties avant l’annexion britannique, les pièces de monnaie propres à la communauté des Rohingyas qui circulaient dans l’état d’Arakan (rebaptisé depuis « état Rakhine ») bien avant cette période, sont autant de preuves démontrant la fragilité de cette hypothèse erronée. </p>



<p>Des historiens attestent de la présence des Rohingyas sur ces terres dès le VIIIème siècle. En 1991, le gouvernement, au mépris de la constitution et du principe de laïcité y afférant, institutionnalise la haine à l’égard des musulmans en créant le Bureau de Promotion du Sasana* avec à sa tête Kyaw Lwin. </p>



<p><strong>ENTRE CONNIVENCE ET MANIPULATION DE L’OPINION PUBLIQUE </strong></p>



<p>La junte militaire s’est fréquemment tournée vers les bouddhistes représentant la religion majoritaire (90% de la population) pour légitimer son pouvoir acquis par des coups d’état successifs. </p>



<p>Les exactions à l’égard des Rohingyas permettent de justifier non seulement le maintien des militaires au pouvoir (dans un intérêt prétendument sécuritaire), mais aussi le pillage par ces derniers des ressources naturelles de l’Arakan où vivait la majorité des Rohingyas. Kyaw Lwin ne sera autre que le fondateur, en 1999, du mouvement 969, un mouvement promouvant une haine irrationnelle à l’encontre des musulmans. </p>



<p> Au sein de ce mouvement figure A.Wirathu, le plus emblématique des extrémistes bouddhistes. Ce dernier découvre en 1997 le livre « La peur de la disparition de la race », interdit par les autorités, excepté lorsqu’il sert leurs intérêts. Appelant au boycott des magasins tenus par des personnes de confession musulmane, à la prohibition de la vente de bien immobilier et plus généralement au ségrégationnisme des Rohingyas, ce livre inspira bon nombre de pamphlets et tracts largement diffusés dans toute la Birmanie.</p>



<p> Au cours d’une conférence à KYAUKSE en date du 3 septembre 2003, M. A.Wirathu dévoila son plan visant à planifier, selon ses termes, à la manière de « la CIA, du MOSSAD etc… Une opération efficace ». </p>



<p>A cette occasion, il demanda à ses disciples de se tenir prêts lorsqu’il leur ferait signe. Un mois plus tard, 11 personnes furent tuées, 2 mosquées et 2 magasins détruits à KYAUKSE. </p>



<p>Malgré des sanctions judiciaires, le mouvement 969 se poursuivra sous la forme du mouvement Ma Ba Tha le 15 janvier 2014. Entre temps, les extrémistes bouddhistes n’hésiteront pas à continuer de fomenter des conflits et d’en accuser à tort les musulmans, afin d’attiser la haine. Il s’agit pour eux de rationaliser leur discours et de présenter le besoin de « protection » de la race et de la religion birmane comme une nécessité immédiate. </p>



<p>Ce faisant, en 2012, des moines bouddhistes reprirent pour leur compte Facebook des images d’armes qu’ils présentèrent comme une découverte d’armes venant du Bengladesh et destinées aux Rohingyas. Il s’avéra, selon un rapport du C4ADS , qu’il s’agissait d’images d’armes en provenance d’Egypte datant de 2011 sans rapport avec les Rohingyas. </p>



<p>La tendance actuelle pour le gouvernement consiste à tenter de justifier ce génocide, manifestement antérieur à 2012, par un prétendu viol survenu en 2012 d’une femme bouddhiste par des musulmans. Force est de constater le caractère disproportionné et le caractère discutable de la réponse à ce prétendu crime. </p>



<p>Concomitamment au déplacement forcé et massif de la population locale, un projet d’envergure relatif au gaz « Shwe Gas », entrepris depuis plusieurs années, est partiellement mis en service en juillet 2013. Il devrait rapporter près de 1,8 milliard de dollars US à la Birmanie chaque année. Rien ne peut légitimer, ni justifier cette politique de nettoyage « ethniqueusitée » par les extrémistes bouddhistes en connivence avec la junte militaire. </p>



<p> Ces successions d’informations mensongères relayées à l’échelle nationale par les extrémistes bouddhistes, associées aux mesures gouvernementales de ségrégation, forment une propagande à laquelle le peuple, majoritairement astreint à la pauvreté, n’est pas indifférent.</p>



<p> Le fruit de cette propagande est l’adoption en 2015 par le Parlement Birman de 4 lois discriminatoires initiées par le Mouvement Ma Ba Tha. Ces lois, dont l’objet officiel est de « protéger la race et la religion » bouddhiste, prévoient notamment : </p>



<p>&#8211; L’obligation d’obtention d’une autorisation préalable délivrée par les autorités locales pour toute conversion à une autre religion que le bouddhisme, ainsi qu’en cas de mariage avec un non-bouddhiste, </p>



<p>&#8211; Le contrôle des naissances des minorités ethniques (dont font partie les Rohingyas). </p>



<p>&#8211; L’obligation d’obtention d’une autorisation préalable délivrée par les autorités locales pour toute conversion à une autre religion que le bouddhisme, ainsi qu’en cas de mariage avec un non-bouddhiste, </p>



<p><strong>SUR LA COMPETITION ENERGETIQUE ET L’APPROPRIATION DES RICHESSES </strong></p>



<p>Le gaz off-shore constitue la principale ressource de la junte militaire. En 1988, après le retrait du Général Ne Win, remplacé par le State Law and Order Restauration Council (SLORC), le Myanmar s’engage dans une politique d’ouverture économique au travers de concessions à des entreprises étrangères d’exploration puis d’exploitation on-shore et off-shore de gisements pétroliers et gaziers. </p>



<p>Après la répression de manifestants pacifiques de l’opposition civile, le refus de voir Aung San Suu Kyi, s’emparer du pouvoir suite aux élections et son assignation à résidence, au milieu des années 1990, la moitié des investisseurs étrangers se retire sous la pression médiatique et judiciaire d’ONG occidentales. </p>



<p>A partir de 1993 le SLORC autorise l’exploration d’un certain nombre de concessions menant aux découvertes successives d’importants gisements de gaz. La phase de déclin de l’industrie pétrolière est rapidement compensée par l’essor de l’industrie du gaz. Les campagnes médiatiques et judiciaires conduisent au retrait d’investisseurs occidentaux, sans impact majeur sur la junte qui trouve de nouveaux investisseurs, principalement asiatiques, moyennant : &#8211; Le renforcement des capacités militaires de la junte, &#8211; Un soutien politique, notamment devant le Conseil de Sécurité des Nations Unies, &#8211; Un soutien économique dans les secteurs stratégiques </p>



<p> La stratégie de sécurité énergétique permet à la junte militaire de réduire pour ne pas dire écarter l’impact des sanctions internationales qui devraient lui être infligées. Des multinationales telles que TOTAL, CHEVRON ou encore UNOCAL, mais aussi des états tels que la Chine, sont autant de puissances étrangères qui s’en accommodent fort bien et dont les investissements irriguent le pays, permettant au confit de s’enliser… L’industrie gazière constitue plus du tiers des investissements directs étrangers au Myanmar. Le seul site de Shwe, représente près de 54 milliards de dollars US sur 30 ans. </p>



<p> Les ressources énergétiques et les minerais ont motivé et porté au pouvoir la junte militaire, tout en garantissant son maintien. LA VALSE DES GENERAUX La Cour Pénale Internationale, indépendamment de l’absence de ratification du Traité de 2002 par la Birmanie, s’est déclarée compétente le 6 septembre 2018 pour juger si le traitement à l’encontre des Rohingyas relève d’un crime contre l’humanité. </p>



<p>La Birmanie a résolument rejeté cette décision. Traduire les généraux en justice est fondamental. Mais pour en finir avec les persécutions, il est indispensable de traiter les mécanismes qui ont permis de les porter et maintenir au pouvoir. </p>



<p><strong>PROPOSITION DE STRATÉGIE PACIFIQUE DE RÉSOLUTION DU GENOCIDE </strong></p>



<p>Le « Meurtre de membres du groupe », l’« Atteinte grave à l’intégrité physique ou mentale de membres du groupe », la « Soumission intentionnelle du groupe à des conditions d’existence devant entraîner sa destruction physique totale ou partielle », ou encore les « Mesures visant à entraver les naissances au sein du groupe » sont des actes non cumulatifs, qui commis dans l’intention de détruire, en tout ou en partie un groupe, constituent un crime de génocide selon le Statut de Rome de 1998. Pour lutter contre ce génocide, le Conseil de Sécurité doit adopter une résolution à l’encontre de la Birmanie sur le modèle de la résolution 181 du Conseil de sécurité de l’ONU relatif à la politique d’Apartheid en Afrique du Sud. </p>



<p> La Charte des Nations Unies donne compétence au Conseil de sécurité pour intervenir de manière coercitive contre tout ce qui peut menacer la paix. Depuis la guerre de Corée, l’interprétation de la Charte érige un droit de véto au profit des membres permanents en présence d’un seul vote négatif. Or, la mise en œuvre de mesures coercitives n’est recevable que dans le respect d’un autre principe fondamental, celui de l’égalité. </p>



<p>Force est de constater en l’espèce les limites de ce processus décisionnel. </p>



<p>Par ailleurs, une forte pression doit être exercée afin que la Chine cesse de se fournir en hydrocarbures en Birmanie, et ainsi de financer indirectement ce génocide. Il en va de même pour l’ensemble des multinationales implantées en Birmanie telles que Total ou Chevron, et tous les organismes, étatiques ou non, présents en Birmanie. </p>



<p>Etant précisé que cette problématique ne doit pas faire office de prétexte pour justifier l’intervention d’un pays tiers en Birmanie, qui ne ferait que légitimer le discours propagandiste du Pouvoir en place, et qui nourrirait le conflit, à l’instar des récentes expériences Syrienne et Libyenne. </p>



<p>Seules les forces d’interposition du Conseil de Sécurité seraient légitimes à intervenir, sous réserve de ne pas en dévoyer l’esprit. Aucune puissance étrangère ne doit tenter d’en tirer profit, notamment pour accroître ses parts de marché en matière énergétique sous couvert d’ingérence humanitaire. Le néocolonialisme doit cesser. </p>



<p>La Communauté internationale doit impérativement imposer un embargo portant sur les armes, les hydrocarbures et les minerais, et ce, jusqu’à la fin des persécutions et au rétablissement effectif des droits fondamentaux des Rohingyas et autres minorités ethniques persécutées dans le pays, notamment les peuples Kachin et Karen. Elle doit mettre en place un suivi régulier des conditions de vie de ces minorités, et s’assurer que le Gouvernement birman mette tous les moyens en œuvre pour en assurer le respect et mette un terme aux persécutions. </p>



<p>Enfin, le Gouvernement Birman doit impérativement permettre le respect du principe d’ingérence humanitaire, en levant toutes restrictions faites aux associations humanitaires venant au soutien des victimes.  </p>
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		<title>Débat TV &#8211; Le sort des Rohingyas, minorité opprimée de Birmanie &#8211; HAMEB chez Public Sénat</title>
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		<pubDate>Tue, 04 Jun 2019 20:44:21 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Le sort des Rohingyas inquiète la communauté internationale. Cette minorité musulmane fuit la Birmanie, victime de persécutions. Plus de 400 000 personnes auraient trouvé refuge cet été au Bangladesh, pays voisin. Les Nations Unies et de nombreuses ONG dénoncent un nettoyage ethnique, elles réclament un accès humanitaire et l&#8217;arrêt des opérations militaires contre les Rohingyas. [&#8230;]]]></description>
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<p>Le sort des Rohingyas inquiète la communauté internationale. Cette minorité musulmane fuit la Birmanie, victime de persécutions. Plus de 400 000 personnes auraient trouvé refuge cet été au Bangladesh, pays voisin. Les Nations Unies et de nombreuses ONG dénoncent un nettoyage ethnique, elles réclament un accès humanitaire et l&rsquo;arrêt des opérations militaires contre les Rohingyas. Quelles sont les raisons de ces persécutions ? Dans quelles conditions vivent ces populations ? Quel rôle peut jouer Aung San Suu Kyi, actuellement très critiquée pour son silence ? Nora Hamadi et ses invités décryptent cette situation.</p>



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<h2 class="wp-block-heading"><strong>INVITÉS</strong></h2>



<p><strong> -Jean-Noël Wetterwald</strong><br />Ancien délégué régional du HCR en Asie du Sud-Est et au Bangladesh<br />&#8211;<strong>Bénédicte Brac de la Perrière</strong><br />Anthropologue, chercheuse au CNRS (Centre Asie du Sud-Est)<br />&#8211;<strong>Nordine Errais</strong><br />Président et cofondateur du Collectif HAMEB<br />&#8211;<strong>Christine Chaumeau</strong><br />Journaliste pour Courrier International<br />&#8211;<strong>Benoît Grimont</strong><br />Coréalisateur du documentaire « Birmanie, le pouvoir des moines »</p>



<h4 class="wp-block-heading">PRÉSENTÉ PAR</h4>



<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft"><img decoding="async" src="https://www.publicsenat.fr/sites/default/files/styles/pse_episode_presentateur/public/thumbnails/image/norq.jpg?itok=eX_G2XgB" alt="Nora Hamadi" /></figure>
</div>



<p><a href="https://twitter.com/NoraHamadi">Nora Hamadi</a></p>



<p>DIFFUSÉ DIMANCHE 08 OCTOBRE 2017 À 00:19 &#8211; <a href="https://www.publicsenat.fr/emission/un-monde-en-docs/le-sort-des-rohingyas-minorite-opprimee-de-birmanie-77237" target="_blank" rel="noreferrer noopener" aria-label="Public Sénat (opens in a new tab)">Public Sénat</a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>



<p>Visionner l&rsquo;intégralité de l&rsquo;émission :</p>
<p class="title style-scope ytd-video-primary-info-renderer"><a href="https://www.youtube.com/watch?v=rpFFlzPQ83c">Le sort des Rohingyas, minorité opprimée de Birmanie</a></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Interview &#8211; Qui sont les Rohingyas ? Collectif HAMEB</title>
		<link>https://hameb.org/interview-qui-sont-les-rohingyas-collectif-hameb/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 04 Jun 2019 20:26:31 +0000</pubDate>
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<figure class="wp-block-embed-youtube aligncenter wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe title="HALTE AU MASSACRE DES ROHINGYAS" width="1290" height="726" src="https://www.youtube.com/embed/KPyiw3ZlAV0?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div><figcaption>Halte au Massacre des Rohingyas &#8211; Par Ouma TV</figcaption></figure>
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		<title>Interview: Rohingyas l&#8217;urgence d&#8217;agir One Heart HAMEB &#8211; Collectif HAMEB</title>
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		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 04 Jun 2019 20:22:17 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Alors que la crise des Rohingyas fait rage en Birmanie, l’Organisation des Nations Unies a dénoncé ce lundi 2 octobre l’ampleur de la souffrance humaine dans l’Ouest du pays. Depuis la reprise des violences en septembre, 62 villages ont déjà été incendiées. Mais pourquoi est-ce un cauchemar humanitaire&#160;? Une minorité persécutée Minorité musulmane en Birmanie, [&#8230;]]]></description>
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<p>Alors que la crise des Rohingyas fait rage en Birmanie, l’Organisation des Nations Unies a dénoncé ce lundi 2 octobre l’ampleur de la souffrance humaine dans l’Ouest du pays. Depuis la reprise des violences en septembre, 62 villages ont déjà été incendiées. Mais pourquoi est-ce un cauchemar humanitaire&nbsp;?<br><br><strong>Une minorité persécutée</strong></p>



<figure class="wp-block-embed-youtube aligncenter wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
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</div></figure>



<p>Minorité musulmane en Birmanie, les Rohingyas sont considérés comme la plus grande population apatride au monde. Ils sont près d’un million de musulmans sunnites à peupler l&rsquo;État Rakhine dans le nord-ouest du pays. Problème, la Birmanie les considère comme Bangladais, leur refusant systématiquement la citoyenneté. Depuis plusieurs dizaines d’années déjà, les Rohingyas sont ainsi victimes de discrimination&nbsp;: règles de mariage, confiscation de terres ou encore travail forcé. La situation s’aggrave encore fin août, lorsque l’armée birmane lance une vaste campagne de répression, dénoncée par l’ONU comme une tentative d’épuration ethnique. Villages brûlés, tirs sur des civils, exactions militaires, les forces birmanes ne tiennent pas compte des condamnations. Privés d’eau potable, les Rohingyas survivent dans des conditions d’hygiène déplorables. La reprise des violences en septembre a déclenché un nouvel exode massif&nbsp;: ils sont déjà plus d’un demi-million à se réfugier au Bangladesh.<br><br><strong>Agir pour les Rohingyas</strong></p>



<p>À ce stade, cette flambée de violences se traduirait par un bilan d’un millier de morts. Nous avons rencontré Djebril Kaouche, secrétaire général de HAMEB (Halte Au Massacre En Birmanie). Formé en août 2012, ce collectif vise à sensibiliser aux souffrances des minorités ethniques en Birmanie. L’objectif&nbsp;: venir en aide aux communautés persécutées tout en médiatisant le massacre pour continuer à dénoncer, alerter. Engagé pour les Droits de l’Homme, Djebril Kaouche nous a livré son témoignage. « La situation est horrible, d’autant plus que c’est la période de la mousson. Ils ont besoin de couvertures, de nourriture, de soins, d’eau potable. C’est important d’en parler, il s’agit des Droits de l’Homme les plus élémentaires. On ne peut pas fermer les yeux », poursuit-il.</p>



<p>Découvrez la suite de l’interview dans notre reportage vidéo. Et pour agir, c&rsquo;est simple :</p>



<ul class="wp-block-list"><li>Soutenir le collectif HAMEB en faisant un don.</li><li>Diffuser l&rsquo;information autour de vous et sur les réseaux sociaux</li></ul>



<p><a href="https://www.oneheart.fr/search?keywords=%23rohingyas">ROHINGYAS</a><a href="https://www.oneheart.fr/search?keywords=%23birmanie">BIRMANIE</a><a href="https://www.oneheart.fr/search?keywords=%23agir">AGIR</a><a href="https://www.oneheart.fr/search?keywords=%23hameb">HAMEB</a><a href="https://www.oneheart.fr/search?keywords=%23bangladesh">BANGLADESH</a><a href="https://www.oneheart.fr/search?keywords=%23humanitaire">HUMANITAIRE</a></p>



<p>Source : <a href="https://www.oneheart.fr/videos/rohingyas-l-urgence-d-agir-19042" target="_blank" rel="noreferrer noopener" aria-label="OneHeart (opens in a new tab)">OneHeart</a></p>
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			</item>
		<item>
		<title>LA TRAGÉDIE ROHINGYA</title>
		<link>https://hameb.org/la-tragedie-rohingya/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 03 Jun 2019 10:58:09 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Le 25 août 2017 dans l’État de Rakhine, des violences à grande échelle ont éclaté lorsque l’armée birmane, la police et des milices locales ont lancé des opérations en réaction aux attaques de l’Armée du Salut des Rohingyas d’Arakan. Depuis, plus de 647 000 Rohingyas ont fui le Myanmar pour se réfugier au Bangladesh.&#160;Des enquêtes [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong>Le 25 août 2017 dans l’État de Rakhine, des violences à grande échelle ont éclaté lorsque l’armée birmane, la police et des milices locales ont lancé des opérations en réaction aux attaques de l’Armée du Salut des Rohingyas d’Arakan. Depuis, plus de 647 000 Rohingyas ont fui le Myanmar pour se réfugier au Bangladesh.&nbsp;</strong><a href="https://www.msf.fr/presse/communiques/etudes-faites-msf-estiment-qu-au-moins-6700-rohingyas-ont-ete-tues-lors-attaques-" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><strong>Des enquêtes menées par MSF dans les camps de réfugiés au Bangladesh estiment qu&rsquo;au moins 6 700 Rohingyas ont été tués lors de ces attaques, dont 730 enfants.</strong></a></p>



<p>Pour Mohammad, membre de la communauté Rohingya au Myanmar, la vie a toujours été difficile. Mais le 25 août de cette année, elle est devenue un enfer.</p>



<p>«&nbsp;<em>J’étais à la mosquée pour la prière du matin. Vers 5h30, c’était un vendredi matin calme, quand soudain nous avons entendu des hommes entrer dans notre village&nbsp;</em>», raconte Mohammad, un instituteur désormais réfugié et qui vit avec sa femme enceinte dans des conditions déplorables au Bangladesh, comme près d’un million de membres de sa communauté.</p>



<p>Les hommes, dit-il, ont commencé à tirer avec des mitrailleuses et à lancer des grenades sur les fermes et les maisons.</p>



<p>«&nbsp;<em>C’était l’armée et les gardes-frontières qui attaquaient mon village. J’ai vu leurs uniformes</em>&nbsp;», poursuit-il.</p>



<p>La panique a éclaté dans son village. «&nbsp;<em>Tout le monde courait dans toutes les directions, personne ne savait quoi faire. Est-ce que je dois fuir le village ? Est-ce que je dois rentrer à la maison vérifier si ma famille va bien ? Je n’arrivais pas à réfléchir&nbsp;</em>».</p>



<p>Avec son cousin Seif al-Islam, qui était également à la mosquée, il a décidé de fuir et de se cacher dans la forêt aux alentours jusqu&rsquo;à ce que les rafales de mitraillette s’arrêtent. Mais pendant leur fuite, Seif a été touché par deux balles &#8211; l&rsquo;une à la tête, l&rsquo;autre dans le ventre.</p>



<p>Mohammad était tellement terrorisé, qu’il ne s’est pas arrêté et a continué à courir. Tout ce qu’il entendait, raconte-t-il, c’était une pluie de balles continue et le vacarme des gens qui criaient.</p>



<p>Dans la forêt, il a trouvé des centaines d’autres personnes qui se cachaient derrière des arbres. Elles sont restées là toute la journée, terrorisées et craignant une nouvelle attaque. La fusillade a fait rage pendant des heures – du lever au coucher du soleil. «&nbsp;<em>Tout le monde avait peur, priant Dieu, pleurant et se demandant ce qui était arrivé à leurs proches</em>&nbsp;», explique-t-il.</p>



<p>Après la tombée de la nuit, les coups de feu ont cessé. Toutefois ni lui, ni les autres n’ont osé sortir de leur cache et ont passé la nuit en silence, dans la forêt.</p>



<p>Tôt le lendemain matin, Mohammad et les autres ont commencé à rentrer. Alors qu’ils arrivaient dans le village, il a vu un de ses voisins s’effondrer en larmes quand il a découvert ses proches morts ou blessés.</p>



<p>Il imaginait le pire, à mesure qu’il se rapprochait de sa maison – trouver sa femme, sa mère et ses six sœurs tuées.</p>



<p>«&nbsp;<em>Finalement, je suis arrivé à ma maison. En entrant, j’ai trouvé tout le monde en train de pleurer, ils croyaient que j’étais mort. Nous étions tellement sous le choc qu’il n’y a eu à cet instant aucune expression de joie. C’est à ce moment-là que j’ai décidé que nous irions au Bangladesh, où nous pourrions être en sécurité. J’ai promis à ma famille que je prendrai soin d’eux. Personne ne mourrait ici&nbsp;</em>», raconte Mohammad.</p>



<p>La famille a rapidement emporté quelques vêtements et couvertures qu’ils possédaient et sont partis le même jour à 6 heures du matin.</p>



<p>Ils ont payé un pêcheur pour les emmener de l’autre côté de la rivière Naf, qui sépare le Myanmar et le Bangladesh. En l’espace d’une semaine, ils ont trouvé une place dans le camp tentaculaire à Cox’s Bazar au Bangladesh, où avec l’aide d’une ONG, ils ont construit un abri en bambou pour se protéger.</p>



<p>Comme près de 620 000 Rohingyas depuis la répression du mois d’août, ils ont trouvé refuge dans des camps où ils vivent dans des conditions déplorables. Heureux d’être en vie, ils craignent toutefois l’avenir.</p>



<p>Mohammad et sa femme se sont mariés il y a 10 mois et ils attendent aujourd’hui leur premier enfant. «&nbsp;<em>Elle est enceinte de 3 mois, mais mon enfant va naître ici comme un animal&nbsp;</em>», dit-il.</p>



<p>Son père était fermier et est décédé à l’âge de 37 ans. Mais Mohammad s’est démené tout au long de sa jeunesse pour prendre sa vie en main et avoir un impact sur sa communauté. Il a obtenu en 2011 un diplôme de physique de l’université de Sittwe dans l’État de Rakhine, devenant ainsi le premier membre de sa famille à avoir fait des études.</p>



<p>Il est presque impossible pour les Rohingyas d&rsquo;accéder à l&rsquo;enseignement supérieur. De sévères restrictions de mouvement affectent également leur accès à l&rsquo;éducation primaire ainsi qu&rsquo;aux soins de santé de base. Désireux d&rsquo;aider néanmoins les jeunes de sa communauté, Mohammad a créé avec sept autres enseignants, sa propre école d’enseignement secondaire dans son village.</p>



<p>Maintenant, avec le village détruit par les flammes et ses rêves d’un avenir meilleur brisés, Mohammad a perdu espoir.</p>



<p>«&nbsp;<em>Nous sommes en sécurité maintenant, mais nous n’avons pas encore séché nos larmes, surtout lorsque nous évoquons ou que nous nous remémorons ce que nous avons vu dans le village</em>&nbsp;», explique-t-il.</p>



<h2 class="wp-block-heading">— « PAS TON PAYS » —</h2>



<p>Um Kalsoum, 23 ans, n’a pas eu autant de chance. Elle a perdu son fils de 7 ans, Abdul Hamid et sa fille de 6 ans Salima, le 25 août, lors de l’attaque de la commune de Rauthedaung.</p>



<h2 class="wp-block-heading">— DES DÉCENNIES D’ANGOISSE —</h2>



<p>Mohammad, le survivant de l’État de Rakhine, explique que sa communauté, avant d’être confrontée à cette violence, a aussi été la cible d’agressions et de discriminations pendant des années.</p>



<p>«&nbsp;<em>Les attaques ne sont pas nouvelles&nbsp;</em>», dit-il. «&nbsp;<em>Elles ont commencé il y a des années. Les militaires tuent, violent, procèdent à des arrestations sommaires et oppriment les Rohingyas de la pire manière</em>&nbsp;».</p>



<p>Même avant le 25 août, Mohammad et sa famille étaient démunis.</p>



<p>«&nbsp;<em>Les décideurs de la capitale veulent que nous n’ayons rien pour que nous partions</em>&nbsp;», explique-t-il.</p>



<p>De fait, la violence et la privation ont été terribles pendant si longtemps, que beaucoup de Rohingyas de la région ont immédiatement su quoi faire lorsqu’ils ont entendu parler de l’escalade de la violence. Mais même pour ceux qui ont fui en pensant s’éloigner des atrocités, c’était trop tard.</p>



<p>«&nbsp;<em>Nous avons appris que l’armée allait venir nous tuer, nous nous sommes alors tous préparés à partir, le dernier jour de l’Eid al-Adha (fête musulmane) le 4 septembre</em>&nbsp;», explique Mohamad Ali, un fermier de 60 ans qui a laissé derrière lui ses terres et ses 25 vaches dans la commune de Sittwe.</p>



<p>Avec quelque 1700 autres Rohingyas, sa famille et lui se sont dirigés vers la rivière.</p>



<p>«&nbsp;<em>Quelques heures plus tard, l’armée a attaqué notre groupe avec des armes blanches et des fusils. Ils ont tué au hasard et il y avait du sang partout. Ceux qui étaient trop faibles pour courir ont supplié d’être épargnés, mais même eux ont été tués. Mes deux petites-filles – Del Bahar, 10 ans et Del Nawaz, 15 ans – ont été tuées. Et mon épouse bien aimée, Rohima, qui avait 58 ans, s’est fait tirer dessus à trois reprises, elle est tombée à terre, morte</em>&nbsp;», dit Ali.</p>



<p>Lui et ses huit enfants ont survécu à l’attaque et ont finalement réussi à atteindre le camp. Mais ici les conditions sont difficiles. Il n’y a pas de latrines dans la zone où il s’est abrité avec sa famille, et pas d’accès à l’eau potable.</p>



<p>«&nbsp;<em>Je suis un vieil homme et mes jambes me font souffrir. Je n’ai plus une longue vie devant moi, mais j’espère que mes enfants vivront en paix</em>&nbsp;», avance Ali. «&nbsp;<em>J’espère qu’ils ne nous forceront pas à retourner au Myanmar, nous faire massacrer de nouveau en silence.</em>&nbsp;»</p>



<pre class="wp-block-preformatted"><strong><a rel="noreferrer noopener" aria-label="Footnotes: Par Mohammad Ghannam, MSF (opens in a new tab)" href="https://msf.exposure.co/la-tragedie-rohingya-chapitre1" target="_blank">Footnotes:</a></strong><a rel="noreferrer noopener" aria-label="Footnotes: Par Mohammad Ghannam, MSF (opens in a new tab)" href="https://msf.exposure.co/la-tragedie-rohingya-chapitre1" target="_blank"> Par Mohammad Ghannam, MSF</a>
<a href="https://msf.exposure.co/la-tragedie-rohingya-chapitre1" target="_blank" rel="noreferrer noopener" aria-label=" (opens in a new tab)">Source : MSF 2019 - déc.2017</a></pre>
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		<title>Collectif HAMEB : Prendre un enfant Rohingya par la main</title>
		<link>https://hameb.org/collectif-hameb-prendre-un-enfant-rohingya-par-la-main/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 02 Jun 2019 03:47:54 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[La pauvreté, la famine et la guerre, sont devenues une macabre routine à laquelle certains peuples sont confrontés jour et nuit. C’est l’histoire d’une minorité Rohingya, apatride, dépouillée de ses biens et de ses droits les plus fondamentaux. Ce que vit cette minorité persécutée dépasse toutes les horreurs que nous puissions imaginer.&#160; Source : Yabanat [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><em>La pauvreté, la famine et la guerre, sont devenues une macabre routine à laquelle certains peuples sont confrontés jour et nuit. C’est l’histoire d’une minorité Rohingya, apatride, dépouillée de ses biens et de ses droits les plus fondamentaux. Ce que vit cette minorité persécutée dépasse toutes les horreurs que nous puissions imaginer.&nbsp;</em></p>



<p>Source : <a rel="noreferrer noopener" aria-label="Yabanat Magazine (opens in a new tab)" href="https://www.yabanatmagazine.com/collectif-hameb-enfant-rohingya/" target="_blank">Yabanat Magazine</a> &#8211;  Par&nbsp;<a href="https://www.yabanatmagazine.com/author/ickpale-khalifeh/">Ickpale Khalifeh</a>&nbsp;-12 février 2015</p>



<p>L’ONG&nbsp;<a href="https://www.yabanatmagazine.com/rohingyas-collectif-hameb/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">collectif HAMEB</a>&nbsp;(Halte Aux Massacres En Birmanie) a été fondée en 2012 pour venir en aide aux Rohingyas. Nous avons eu le plaisir de rencontrer le responsable du pôle projet&nbsp;<a href="https://www.yabanatmagazine.com/bani-street-moussa/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">humanitaire</a>, Omar Farhane, qui nous a informées sur l’ensemble de la situation.</p>



<p>Le collectif HAMEB a été la première association française à dénoncer le génocide en Birmanie. Le collectif réunit aujourd’hui plusieurs membres en France, en Belgique, en Suisse et en Canada. Leurs plans d’actions sont basés sur quatre axes :</p>



<ol class="wp-block-list"><li>Le collectif fait pression sur les gouvernements. Notamment le Parlement birman afin qu’il abroge la loi de 1982 qui a retiré la citoyenneté aux Rohingyas.</li><li>Il fait également de la sensibilisation auprès de la communauté musulmane francophone par le biais de conférences et de manifestations.</li><li>Il interpelle tous les médias qui passent sous silence le génocide.</li><li>Le collectif apporte régulièrement l’aide d’urgence sur le terrain où très peu d’ONG sont présentes. En octobre dernier, pour l’Aïd el Adha, 71 vaches ont été sacrifiées et distribuées dans des villages et camps de réfugiés.</li></ol>



<h2 class="wp-block-heading">Un orphelinat en Malaisie</h2>



<p>Leur nouveau projet lancé depuis plusieurs mois, est d’ouvrir un orphelinat en Malaisie, dans la ville de Terrengganu au Nord-Est du pays. Le nombre d’orphelins estimé dans ce pays va au-delà des 90 enfants. Des orphelinats existent déjà en Malaisie pour les Rohingyas, mais l’état des lieux est catastrophique parfois.</p>



<p>Les membres du collectif HAMEB se sont rendus sur place et ont constaté que l’hygiène y est quasiment inexistante. Les responsables de ces orphelinats, qui sont eux-mêmes des Rohingyas, se sentent complètement démunis. Les enfants qui ont vécu l’horreur, sont traumatisés et n’ont pas l’attention qui leur est due. Ils sont tout bonnement livrés à eux-mêmes. Ils deviennent sauvages et parfois très violents.</p>



<p>C’est une situation à laquelle le collectif HAMEB fait face en les aidant grâce aux dons, en plus de leur projet d’un nouvel orphelinat. Il aidera à améliorer l’état sanitaire des orphelinats déjà existants, et à mettre en place un personnel plus qualifié pour accompagner les enfants.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="585" height="390" src="http://hameb.org/preprod/wp-content/uploads/2019/06/1545866_398467676954903_824349433_n.jpg" alt="" class="wp-image-1784" srcset="https://hameb.org/wp-content/uploads/2019/06/1545866_398467676954903_824349433_n.jpg 585w, https://hameb.org/wp-content/uploads/2019/06/1545866_398467676954903_824349433_n-300x200.jpg 300w, https://hameb.org/wp-content/uploads/2019/06/1545866_398467676954903_824349433_n-570x380.jpg 570w" sizes="(max-width: 585px) 100vw, 585px" /></figure></div>



<p>L’orphelinat ouvrira pour une vingtaine d’enfants, âgés de 5 à 13 ans, dans un premier temps. Le programme scolaire est déjà établi, les matières qui seront enseignées par des bénévoles et des salariés comprendront les enseignements de bases : mathématiques, langues, histoire et géographie. Mais aussi du Tawhid, du Fiqh et du Tajwid. Répondre à l’appel de l’orphelin compte parmi les actes les plus méritoire pour un croyant. Vous pourrez donc très bientôt parrainer un enfant tout au long de son cursus jusqu’à sa majorité.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Quelle est la situation actuelle des Rohingyas ?</h2>



<p>Nous pouvons l’affirmer sans erreur qu’ils vivent, ou plutôt survivent, dans un état critique. Leur vie ne tient plus qu’à un fil. Beaucoup d’histoires sordides émergent à la surface. Prélèvement de leurs organes, dans des conditions déplorables. Parfois au beau milieu des forêts, pour le trafic d’organes. Et en général, ils ne survivent pas aux prélèvements.</p>



<p>Les femmes et les filles sont réduites à l’esclavage et à la prostitution. Des conditions de vie affligeantes. L’état sanitaire (propagation des maladies et insalubrité) est très grave partout où ils sont. Ils sont sujets aux massacres perpétrés par des bouddhistes extrémistes et ont été parqués à leur insu dans la région d’Arakan. Leurs droits fondamentaux sont bafoués. Ils sont refoulés et ignorés des pays voisins. Parfois même des pays majoritairement musulmans.</p>



<p>Ils ne sont pas considérés par les grandes institutions mondiales, malgré qu’elles soient conscientes et affirment qu’ils appartiennent à la minorité la plus persécutée au monde. Quand est-il des humanistes et des humanitaires ? Ils sont également dans l’impasse, face à l’ampleur des dégâts, mais aussi face à la surdité totale des politiciens. Ce peuple passé longtemps sous silence, possède une place désormais dans nos cœurs de croyant. Ils s’ajoutent à la longue liste des opprimés victimes de la barbarie sous les yeux des grandes instances de ce monde.</p>



<p><em>Pour toutes les informations nécessaires et le suivi du projet, rendez-vous sur&nbsp;<a href="https://www.collectif-hameb.fr/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">le site</a>&nbsp;du collectif HAMEB et&nbsp;<a href="https://www.facebook.com/Collectif.HAMEB/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">leur page Facebook</a>. Ils seront également présents à la rencontre annuelle des musulmans de France au Bourget.</em></p>
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		<item>
		<title>Le Collectif HAMEB remporte le Prix du meilleur court-métrage du Festival des films Mokhtar Awards 2017</title>
		<link>https://hameb.org/le-collectif-hameb-remporte-le-prix-du-meilleur-court-metrage-du-festival-des-films-mokhtar-awards-2017/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 01 Jun 2019 14:29:31 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[La question de l&#8217;exil et des migrations a été des plus soulevées en Europe depuis 2016. C&#8217;est sur cette thématique que le festival des Mokhtar Awards a choisi de surfer. Une cinquantaine de productions sont aujourd&#8217;hui soumises au public avant la tenue d&#8217;une cérémonie prévue pour octobre. Pour sa quatrième édition, les&#160;Mokhtar Awards&#160;ont demandé à [&#8230;]]]></description>
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<p>La question de l&rsquo;exil et des migrations a été des plus soulevées en Europe depuis 2016. C&rsquo;est sur cette thématique que le festival des Mokhtar Awards a choisi de surfer. Une cinquantaine de productions sont aujourd&rsquo;hui soumises au public avant la tenue d&rsquo;une cérémonie prévue pour octobre. Pour sa quatrième édition, les&nbsp;<a rel="noreferrer noopener" href="http://www.saphirnews.com/Les-Mokhtar-Awards-un-festival-inedit-de-videos-dans-la-muslimphere-lance_a17823.html" target="_blank">Mokhtar Awards</a>&nbsp;ont demandé à des vidéastes et réalisateurs français et étrangers d’élaborer des courts métrages (de 9 minutes) sur la thématique de l’exil. Ce sont cinquante films qui sont désormais soumis au vote du public avant la cérémonie finale organisée en octobre 2017.  </p>



<p></p>



<p>Le Collectif HAMEB s&rsquo;en sort avec honneur en remportant le premier prix catégorie fiction avec le court métrage intitué « Mémoire d&rsquo;un Rohingya », racontant l&rsquo;histoire d&rsquo;un homme issu de la minorité opprimée en Birmanie. Le Collectif HAMEB réussit donc son pari en plaçant son combat en tête de liste du festival. Le tout composée d&rsquo;une équipe 100% de bénévoles. </p>



<p></p>



<p><strong><em>Synop</em>sis du court-métrage « Mémoire d&rsquo;un Rohingya</strong> : Rescapé d’un nettoyage ethnique de sa communauté en Birmanie, un vieillard Rohingya nous transporte dans le temps à travers sa mémoire. Au fond de sa bibliothèque, un Qalam à la main, le vieillard nous transmet toute l’émotion d’un souvenir lourd à porter. Un devoir de mémoire qui hisse un message poignant pour sauver sa communauté, un cri d’alarme émouvant qui appelle à l’éveil des consciences.</p>



<figure class="wp-block-embed-youtube aligncenter wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe title="Mémoire d&#039;un Rohingya" width="1290" height="726" src="https://www.youtube.com/embed/eh1wZfiMF_0?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div><figcaption>Film « Mémoire d&rsquo;un Rohingya » &#8211; Réalisation @Collectif HAMEB | 2017</figcaption></figure>



<p>Source :  <a rel="noreferrer noopener" aria-label="estival du Film Mokhtar (s’ouvre dans un nouvel onglet)" href="http://mokhtarfilmfestival.com/memoire-dun-rohingya-errais-noureddine/" target="_blank">Festival du Film Mokhtar</a></p>



<hr class="wp-block-separator"/>



<pre class="wp-block-verse"><strong>Ci-dessous quelques images du coulisse du film :</strong></pre>



<ul class="wp-block-gallery columns-2 is-cropped wp-block-gallery-1 is-layout-flex wp-block-gallery-is-layout-flex"><li class="blocks-gallery-item"><figure><img decoding="async" width="1024" height="768" src="http://hameb.org/preprod/wp-content/uploads/2019/06/IMG_8894-1024x768.jpg" alt="" data-id="1825" data-link="http://hameb.org/preprod/2019/06/01/le-collectif-hameb-remporte-le-prix-du-meilleur-court-metrage-du-festival-des-films-mokhtar-awards-2017/img_8894/" class="wp-image-1825" srcset="https://hameb.org/wp-content/uploads/2019/06/IMG_8894-1024x768.jpg 1024w, https://hameb.org/wp-content/uploads/2019/06/IMG_8894-600x450.jpg 600w, https://hameb.org/wp-content/uploads/2019/06/IMG_8894-300x225.jpg 300w, https://hameb.org/wp-content/uploads/2019/06/IMG_8894-768x576.jpg 768w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure></li><li class="blocks-gallery-item"><figure><img decoding="async" width="1024" height="683" src="http://hameb.org/preprod/wp-content/uploads/2019/06/IMG_8905-1024x683.jpg" alt="" data-id="1824" data-link="http://hameb.org/preprod/2019/06/01/le-collectif-hameb-remporte-le-prix-du-meilleur-court-metrage-du-festival-des-films-mokhtar-awards-2017/img_8905/" class="wp-image-1824" srcset="https://hameb.org/wp-content/uploads/2019/06/IMG_8905-1024x683.jpg 1024w, https://hameb.org/wp-content/uploads/2019/06/IMG_8905-600x400.jpg 600w, https://hameb.org/wp-content/uploads/2019/06/IMG_8905-300x200.jpg 300w, https://hameb.org/wp-content/uploads/2019/06/IMG_8905-768x512.jpg 768w, https://hameb.org/wp-content/uploads/2019/06/IMG_8905-570x380.jpg 570w, https://hameb.org/wp-content/uploads/2019/06/IMG_8905.jpg 2048w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure></li><li class="blocks-gallery-item"><figure><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="768" src="http://hameb.org/preprod/wp-content/uploads/2019/06/IMG_8900-1024x768.jpg" alt="" data-id="1823" 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<pre class="wp-block-preformatted"><strong>Equipe du tournage :</strong>
-Music-Compositeur / Camera : French Underground
-Scriptwriter / Scénariste : Muzammel Chaudary, Sakina Kechirat, Myriam Hamdani
-Montage / Animation : Khalid Gargati, Bilel Allem
-Metteur en scène : Karim Bellazar
-Studio Son : Moslem Mokni
-Directeur de production : Noureddine Errais
-Réalisation : Collectif HAMEB @2017
</pre>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Birmanie : inquiétante escalade de la violence anti-musulmane</title>
		<link>https://hameb.org/birmanie-inquietante-escalade-de-la-violence-antimusulmane/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 01 Jun 2019 14:05:53 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classifié(e)]]></category>
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					<description><![CDATA[Le pouvoir birman et la communauté internationale restent inactifs face à la multiplication des attaques. Human rights watch évoque un «&#160;nettoyage ethnique&#160;». PAR ERWAN MANAC&#8217;H  &#8211; PUBLIÉ LE 7 MAI 2013 POUR POLITIS.FR Intervenants :  Mireille Boisson, spécialiste de la Birmanie pour Amnesty Internationale  Nordine ERRAIS, Président du Collectif HAMEB  Célestine Foucher, coordinatrice d’Information Birmanie Les [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>

Le pouvoir birman et la communauté internationale restent inactifs face à la multiplication des attaques. Human rights watch évoque un «&nbsp;nettoyage ethnique&nbsp;».

</p>



<h5 class="wp-block-heading">PAR <a rel="noreferrer noopener" aria-label=" (s’ouvre dans un nouvel onglet)" href="https://www.politis.fr/auteurs/erwan-manach-362/" target="_blank">ERWAN MANAC&rsquo;H</a>  &#8211; PUBLIÉ LE 7 MAI 2013 POUR POLITIS.FR</h5>



<pre class="wp-block-preformatted">Intervenants : 
Mireille Boisson, spécialiste de la Birmanie pour Amnesty Internationale 
Nordine ERRAIS, Président du Collectif HAMEB 
Célestine Foucher, coordinatrice d’Information Birmanie</pre>



<p><strong>Les bouffées de violences surgissent sur des accrochages sans importance</strong>&nbsp;et se répandent comme une traînée de poudre. Depuis près d’un an, les musulmans de Birmanie sont la cible de violences ethniques de plus en plus fréquentes. L’ONG Human rights watch alertait même le 22 avril contre un «&nbsp;nettoyage ethnique&nbsp;» à l’œuvre, selon elle, avec la complicité du gouvernement.</p>



<p>Premières victimes de ces bouffées de violences meurtrières, la petite communauté des Rohingyas, une ethnie musulmane d’origine bangladaise recluse dans le nord de l’État Rakhine, à l’ouest du pays. L’ancienne junte militaire leur a retiré la nationalité birmane en 1982 en les excluant des 135 «&nbsp;races nationales&nbsp;» reconnues. Depuis, les régimes successifs alimentent les tensions en désignant les quelques 800&nbsp;000 à 1 million de Rohingyas birmans comme ennemis de l’intérieur. Leur liberté de déplacement est drastiquement limitée. Ils subissent des impositions arbitraires, des confiscations de terres et du travail forcé, sous la férule d’une police spéciale, la NaSaKa<sup><a href="https://www.politis.fr/articles/2013/05/birmanie-inquietante-escalade-de-la-violence-antimusulmane-22043/#fn:2">1</a></sup>.</p>



<p>La dissolution de la junte en 2011 et l’ouverture progressive du régime ont laissé éclater la haine, très diffuse dans la société birmane, contre cette communauté à la natalité très forte.</p>



<p>En juin 2012, une première explosion de violence a fait au moins 200 victimes et 140&nbsp;000 déplacés. Human right watch assure que des fosses communes ont été observées dans la région. Le 13 juin,<em>«&nbsp;un camion du gouvernement a déversé 18 cadavres nus ou partiellement vêtus à proximité d&rsquo;un camp de Rohingyas déplacés près de Sittwe, la capitale de l&rsquo;État&nbsp;»,</em>&nbsp;indique aussi l’ONG, évoquant un «&nbsp;crime contre l’humanité&nbsp;». Depuis ce massacre – et après une nouvelle flambée de violence au mois de novembre &#8211; 27&nbsp;800&nbsp;personnes&nbsp;ont dû fuir la Birmanie en bateau dans le golfe du Bengale, selon les chiffres du Haut commissariat aux réfugiés.</p>



<hr class="wp-block-separator"/>



<p>Depuis deux mois, ces violences ethniques se sont transposées dans le centre de la Birmanie, où elles se généralisent contre l’ensemble des musulmans.</p>



<p>Partout en Birmanie, un sentiment nationaliste alimente l’idée d’une supériorité de la majorité bouddhiste (89 % de la population) contre les minorités musulmanes qui représentent 4 % de la population selon les chiffres officiels, très parcellaires<sup><a href="https://www.politis.fr/articles/2013/05/birmanie-inquietante-escalade-de-la-violence-antimusulmane-22043/#fn:3">2</a></sup>.&nbsp;<em>« Il y a toujours eu une xénophobie et un sentiment antimusulman très forts, même au plus haut de l’État</em>&nbsp;, raconte Mireille Boisson, spécialiste de la Birmanie pour Amnesty Internationale.&nbsp;<em>Et la Birmanie a toujours connu des guerres ethniques depuis l’indépendance (en 1947). »</em></p>



<figure class="wp-block-image"><img decoding="async" src="https://static.politis.fr/medias/articles/2013/05/birmanie-inquietante-escalade-de-la-violence-antimusulmane-22043/logo-969.jpg" alt="Le logo du mouvement 969. "/></figure>



<p>Ce sentiment antimusulman est instrumentalisé ces derniers mois, jusqu’à l’obsession, par un mouvement nationaliste bouddhiste : la «&nbsp;campagne 969&nbsp;». Dans des CD et DVD en libre circulation, ce mouvement diffuse un message de haine et appelle au boycott des commerces musulmans qui se distinguent en affichant le nombre «&nbsp;786&nbsp;» sur leur devanture. La campagne nationaliste diffuse en réaction sur les commerces bouddhistes des autocollants «&nbsp;969&nbsp;», un nombre qui symbolisent les Trois Joyaux (vertus cardinales) du bouddhisme (9 attributs de bouddha, 6 du Dharma et 9 du Shangha).&nbsp;<em>«&nbsp;Plusieurs sources locales font état de violences perpétrées par des moines et des militants du mouvement 969 contre des bouddhistes ayant eu commerce avec des musulmans&nbsp;»,</em>&nbsp;indique même&nbsp;<a href="http://www.courrierinternational.com/article/2013/03/26/des-bouddhistes-extremistes-attisent-la-haine-anti-musulmans?page=all">un journaliste</a>&nbsp;sur place.</p>



<p>À la tête de cette campagne, le moine&nbsp;<a href="http://www.japantimes.co.jp/news/2013/04/30/asia-pacific/new-numerology-of-hate-takes-root-in-myanmar/#.UYOHzSv_5pR">Wirathu</a>, libéré en janvier&nbsp;2012 de neuf ans d’emprisonnement pour incitation à la haine envers les musulmans, s’est lui-même surnommé «&nbsp;le Ben Laden birman&nbsp;».</p>



<figure class="wp-block-image"><img decoding="async" src="https://static.politis.fr/medias/articles/2013/05/birmanie-inquietante-escalade-de-la-violence-antimusulmane-22043/wirathu650.jpg" alt="Le moine Wirathu, leadeur du mouvement extrémiste numérologiste « 969 ». - [Capture d'écran-&gt;http://www.japantimes.co.jp/news/2013/04/30/asia-pacific/new-numerology-of-hate-takes-root-in-myanmar/#.UYOHzSv_5pR]"/></figure>



<p><em>«&nbsp;Nous avons longtemps pensé que les violences étaient un problème de l’État Rakhine, et qu’elles ne concernaient que la communauté des Rohingyas, mais nous avons aujourd’hui la preuve que ce sont les musulmans qui sont visés&nbsp;»,</em>&nbsp;s’inquiète Nordine Errais, responsable du Collectif Halte au massacre en Birmanie.</p>



<p>Dans ce climat de haine, les bouffées meurtrières explosent rapidement. Le 20 mars, c’est une dispute entre un vendeur d’or musulman et des clients bouddhistes qui a déclenché deux jours de violence à Meiktila, une ville du centre de la Birmanie, faisant officiellement 42 victimes et au moins 12&nbsp;000&nbsp;déplacés. Début mai, à Oakkan, au centre du pays, on déplorait une nouvelle victime suite aux&nbsp;<a href="http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2013/05/02/97001-20130502FILWWW00458-birmanie-inculpation-pour-blaspheme.php">violences</a>&nbsp;déclenchées après qu’une Birmane musulmane a bousculé un enfant moine de 11&nbsp;ans.&nbsp;<em>«&nbsp;Selon plusieurs témoignages, ces violences sont parfois le fait de groupuscules bien organisés et très influents qui se déplacent pour mener des attaques »,</em>&nbsp;explique Célestine Foucher, coordinatrice d’<a href="http://www.info-birmanie.org/">Information Birmanie</a>, un centre de ressources basé en France.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Le rôle trouble de l’État</h3>



<p>Les observateurs disposent d’une information limitée, en particulier sur le rôle des autorités face à ces pogroms. La BBC publiait le 21 avril des images des événements survenus le 20&nbsp;mars à Meiktila. Elles montrent en particulier l’inaction de la police locale. Human right watch, qui fournit un rapport fondé sur plusieurs témoignages, accuse à son tour les autorités d’avoir apporté leur appui aux pogroms contre les Rohingyas.</p>



<p><em>«&nbsp;Nous avons des témoignages très contrastés sur l’attitude de la police, qui s’est parfois interposée, mais il est très difficile de savoir ce qui se passe vraiment&nbsp;»,</em>&nbsp;raconte Mireille Boisson. Des renforts ou des couvre-feux ont notamment été annoncés ponctuellement et un dirigeant étudiant a été condamné pour incitation à la violence antimusulmane.&nbsp;Mais les responsables de ces violences restent impunis dans l’écrasante majorité des cas. La justice se montre au contraire sévère envers les musulmans.</p>



<p>Trois Birmans musulmans, accusés d’avoir provoqué une bagarre à l’origine des violences de Meikhtila, ont notamment été&nbsp;<a href="http://www.liberation.fr/monde/2013/04/12/birmanie-premier-verdict-apres-les-violences-religieuses-de-meiktila_895688">condamnés</a>&nbsp;à 14&nbsp;ans de prison ferme et 7&nbsp;autres risquent la peine de mort pour le meurtre d’un moine bouddhiste.&nbsp;<em>«&nbsp;Beaucoup de musulmans sont jugés pour blasphème pour avoir retiré des logos 969, ils encourent deux ans de prison&nbsp;»,</em>&nbsp;rapporte Célestine Foucher.</p>



<pre class="wp-block-preformatted">-<a href="http://www.youtube.com/watch?v=VE1Itv5uhY8">Silence on tue</a>, documentaire sur les pogroms contre le Rohingyas</pre>



<p>-«&nbsp;Les communautés musulmanes doivent former leurs propres groupes et les communautés birmanes doivent former les leurs elles aussi »,&nbsp;<a href="http://eglasie.mepasie.org/asie-du-sud-est/birmanie-myanmar/2013-04-03-le-venerable-wirathu-moine-bouddhiste-et-nationaliste">interview</a>&nbsp;du moine WirathuDans ce contexte, les messages d’apaisement du Dalaï-Lama, des dirigeants religieux de tous bords, d’Aung San Suu Kyi<sup><a href="https://www.politis.fr/articles/2013/05/birmanie-inquietante-escalade-de-la-violence-antimusulmane-22043/#fn:4">3</a></sup>&nbsp;–&nbsp;députée d’opposition devenue ambassadrice de la volonté d’ouverture du régime&nbsp;– comme celui du président Thein Sein, sont jugés insuffisants. Le pouvoir, qui a engagé depuis deux ans des pourparlers de paix avec les groupes ethniques armés, n’a pas non plus réussi à faire taire les accusations de complicité avec les violences.&nbsp;<em>« Ce sont des manœuvres de communication, pour tempérer les critiques et préserver l’image d’un pays en transition</em><em>démocratique, mais concrètement, rien n’est fait pour empêcher les massacres&nbsp;»</em>&nbsp;, estime Nordine Errais. Les forces de l’ordre sont débordées et le pouvoir&nbsp;<em>«&nbsp;craint de se mettre la population à dos si un moine bouddhiste est condamné&nbsp;»,</em>&nbsp;analyse Celestine Foucher.</p>



<figure class="wp-block-image"><img decoding="async" src="https://static.politis.fr/medias/articles/2013/05/birmanie-inquietante-escalade-de-la-violence-antimusulmane-22043/birmanie-illus.jpg" alt="Oakkan, 1 mai 2013, des pages de livres religieux sont éparpillés après l'incendie d'une mosquée. - AFP / Soe Than WIN"/></figure>



<h3 class="wp-block-heading">L’Union européenne lève ses sanctions économiques</h3>



<p>Le risque d’un embrasement généralisé est réel, estiment les défenseurs des droits humains.&nbsp;<em>«&nbsp;Il faut d’urgence régler la question des minorités ethniques, faire taire le moine Wirathu et former les forces de police&nbsp;»</em>&nbsp;, lance Mireille Boisson.</p>



<p>L’urgence est aussi à l’aide humanitaire aux réfugiés.&nbsp;La mousson commence, alors que 60&nbsp;000&nbsp;personnes vivent dans des zones inondables et sous des abris de fortune&nbsp;selon&nbsp;<a href="http://www.unhcr.fr/cgi-bin/texis/vtx/search?page=search&amp;docid=5171596ac&amp;query=myanmar">les chiffres</a>publiés le 19 avril par le Haut commissariat aux réfugiés (HCR).&nbsp;<em>« Le gouvernement birman s&rsquo;est livré à une campagne de nettoyage ethnique contre les Rohingyas, qui se poursuit à ce jour à travers&nbsp;le refus de l&rsquo;accès à l&rsquo;aide humanitaire et l&rsquo;imposition de restrictions à leur liberté de circulation&nbsp;»</em>&nbsp;, déclarait le 22 avril le directeur adjoint de la division Asie à Human rights watch, Phil Robertson.</p>



<p>Malheur du calendrier diplomatique, l’Union européenne a décidé, le 22 avril, de lever ses sanctions économiques contre la Birmanie. Les ventes d’armes restent proscrites, mais les entreprises européennes pourront désormais traiter en Birmanie. L’Europe espère contrer la Chine, qui, deux ans après l’abdication de la junte, accroît déjà à grande vitesse son emprise sur la Birmanie. Mais pour les défenseurs des droits humains, l’annonce européenne accentue surtout le sentiment d’abandon face aux violences.</p>



<hr class="wp-block-separator"/>



<ul class="wp-block-list"><li>Malgré la démocratisation de la Birmanie depuis deux ans, les Rohingyas sont considérés comme apatrides. Ils ont pu voter aux élections de novembre 2010, avec des cartes d&rsquo;enregistrement temporaire délivrées par le gouvernement. Mais les discussions sur le remplacement des documents temporaires par des cartes indiquant un statut résidentiel plus permanent  n&rsquo;ont pas abouti, indique le <a href="http://www.unhcr.fr/pages/4aae621d6eb.html">HCR</a>. <a href="https://www.politis.fr/articles/2013/05/birmanie-inquietante-escalade-de-la-violence-antimusulmane-22043/#fnref:2">↩</a></li><li>Le premier recensement national depuis 31 ans doit être organisé en 2014. <a href="https://www.politis.fr/articles/2013/05/birmanie-inquietante-escalade-de-la-violence-antimusulmane-22043/#fnref:3">↩</a></li><li>Aung San SuuKyi est sévèrement critiqué pour la discrétion de ses réactions après les massacres de Rohingyas <a href="https://www.politis.fr/articles/2013/05/birmanie-inquietante-escalade-de-la-violence-antimusulmane-22043/#fnref:4">↩</a></li></ul>



<hr class="wp-block-separator"/>



<p>Photo : AFP / PAULA BRONSTEIN / GETTY IMAGES ASIAPAC / GETTY IMAGES</p>



<p>Source : Politis.fr </p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Avec Nordine du collectif Halte au Massacre en Birmanie &#8211; Par Ethik-Life.com</title>
		<link>https://hameb.org/avec-nordine-du-collectif-halte-au-massacre-en-birmanie-par-ethik-life-com/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 01 Jun 2019 13:56:11 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Slider]]></category>
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					<description><![CDATA[Les Rohingyas sont une ethnie musulmane birmane, qui est considéré par l&#8217;ONU comme l&#8217;une des communautés les plus persécutées au monde. Le collectif&#160;HAMEB&#160;a décidé d&#8217;agir. Nordine Errais du collectif m&#8217;a accordé un entretien afin de m&#8217;expliquer la situation et ses différentes actions qu&#8217;ils entreprennent. Jack : Salam aleykoum, peux-tu te présenter ainsi que ton association [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>Les Rohingyas sont une ethnie musulmane birmane, qui est considéré par l&rsquo;ONU comme l&rsquo;une des communautés les plus persécutées au monde. Le collectif&nbsp;<a href="http://www.collectif-hameb.fr/" target="_blank" class="" rel="noreferrer noopener">HAMEB</a>&nbsp;a décidé d&rsquo;agir. Nordine Errais du collectif m&rsquo;a accordé un entretien afin de m&rsquo;expliquer la situation et ses différentes actions qu&rsquo;ils entreprennent.</p>



<p><strong><em>Jack : Salam aleykoum, peux-tu te présenter ainsi que ton association ?​</em></strong></p>



<p>Nordine : Wa &lsquo;Aleykoum salam. Je m&rsquo;appelle Nordine Errais, je suis le président, cofondateur de l&rsquo;ONG HAMEB qui vient en aide au Rohingyas. Une ethnie musulmane Birmane, présente dans l&rsquo;état de l&rsquo;Arakan, à l&rsquo;ouest de la Birmanie, persécutée par le régime birman depuis des décennies. J&rsquo;ai commencé à m&rsquo;intéresser à cette situation en 2012. Pour la première fois, on a su ce qu&rsquo;il se passait en Birmanie. Je suis tombé sur un article avec un lexique un peu « bizarre » : cela parlait de minorité musulmane birmane persécutée, nettoyage ethnique, génocide, 200 morts&#8230; Au début, je croyais que cette information venait d&rsquo;un site satirique,&nbsp;<strong>j&rsquo;étais étonné que l&rsquo;on n&rsquo;en parle pas, car c&rsquo;était un problème assez grave au vu des termes employés pour qualifier ce drame.</strong>&nbsp;En allant sur Facebook, j&rsquo;ai vu une autre personne sensibilisée, et suite à une manifestation organisée sur le Trocadero, nous avons voulu avec d&rsquo;autres personnes ne pas en rester là. Des manifestations, cela ne suffit pas, il fallait&nbsp;des actions coordonnées, structurées et utiles. Et de là est partie notre association. On a commencé à se documenter et constater que le problème était plus complexe qu&rsquo;il en avait l&rsquo;air. On a pu constater une ignorance au sujet des Rohingyas et de leur situation par les gens que nous rencontrions, que se soient dans les mosquées, nos proches&#8230; On a tout d&rsquo;abord commencé par des conférences publiques. Aujourd&rsquo;hui, après 5 ans d&rsquo;activité,&nbsp;on a donné une cinquantaine de conférences en France, mais aussi en Belgique, en Suisse et avons développé l&rsquo;association en 3 pôles : sensibilisation, médiatique et humanitaire. Aussi, nous avons dorénavant des antennes HAMEB en Belgique, en Suisse et en Malaisie.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-style-large is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>« <strong><em>Notre association est l&rsquo;une des seules à agir sur tous les fronts : sensibiliser, interpeller les pouvoirs publics, informer à travers d&rsquo;articles mis à jour quotidiennement et action humanitaire sur place. Construction d&rsquo;école en Birmanie, orphelinat en Malaisie&#8230;</em> » Nordine Errais</strong></p></blockquote>



<p><em><strong>Jack : L</strong></em><em><strong>es Rohingyas sont considérés comme l&rsquo;une des minorités les plus persécutées au monde selon l&rsquo;ONU. Pourquoi ils ne sont prioritaires dans l&rsquo;aide humanitaire, voire une intervention des casques bleus ?</strong></em></p>



<p>Nordine : comme tu viens le dire, c&rsquo;est l&rsquo;une des minorités. Il y a d&rsquo;autres minorités persécutées dont l&rsquo;ONU doit aussi s&rsquo;occuper&#8230; Mais le problème est bien plus complexe. Les rapports de l&rsquo;ONU qualifient le massacre de nettoyage ethnique, pour ne pas dire génocide. Car le terme génocide renvoie à une définition juridique qui implique des responsabilités civiles, juridiques, politiques&#8230; Pour qu&rsquo;il y ait une intervention des casques bleus, il faut que le Conseil de sécurité approuve l&rsquo;intervention par plusieurs<a href="http://www.un.org/fr/peacekeeping/operations/newoperation.shtml" class="">&nbsp;processus</a>. Il y aussi le fait que la Birmanie a montré des signes d&rsquo;ouverture depuis 2011. Auparavant, c&rsquo;était un pays renfermé sur lui-même, comme la Corée du Nord. On ne savait pas trop ce qu&rsquo;il se passait à l&rsquo;intérieur, un pays hors système. L&rsquo;ancien président birman a fait une tournée internationale pour montrer des signes d&rsquo;ouverture, il a fait un appel d&rsquo;offre pour développer son pays. La Birmanie est un pays où tout est à faire en terme infrastructure et a de nombreuses ressources en bois, pétrole, minerais&#8230; Afin de ne pas avoir un marché qui leur échappe, l&rsquo;Union européenne a levé l&#8217;embargo économique pour pouvoir y investir.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>« On a fait des concessions sur les droits de l&rsquo;homme pour des intérêts économiques et de profits ».</strong> Nordine Errais</h3>



<p><strong></strong>D&rsquo;ailleurs lors de la venue du président birman en France en 2013, nous étions une délégation à avoir été reçu au ministère des affaires étrangères par le représentant de l&rsquo;ONU d&rsquo;Asie du Sud-Est. Dans son discours, on sentait qu&rsquo;il récitait son cours. Il nous a dit qu&rsquo;il suivait le dossier, alors qu&rsquo;il n&rsquo;y pas de bureau de l&rsquo;ONU en Birmanie ! Aussi que l&rsquo;OCI, l&rsquo;organisation de la coopération islamique s&rsquo;occupait de cette affaire. Et la France dans ses principes de laïcité ne veut s&rsquo;immiscer dans un conflit ethnico-religieux. Ne rentrons pas plus dans les détails&#8230;<strong></strong></p>



<p><strong><em>Jack : Que font les pays limitrophes, dont certains comme le Bangladesh et le Pakistan sont à majorité musulmane ?</em></strong></p>



<p>Nordine : pour le Bangladesh qui est le pays limitrophe de l&rsquo;état d&rsquo;Arakan, la première ministre a clairement dit que les Rohingyas n&rsquo;étaient pas son problème. Le Bangladesh étant un pays sous dévelloppé, il ne peut accueillir la misère de son pays voisin, dont sa dirigeante estime que c&rsquo;est à eux de régler le problème. Si au moins le Bangladesh recevait de l&rsquo;aide pour faire face à l&rsquo;afflux de réfugiés, ça permettrait à ces exilés démunis d&rsquo;avoir de meilleurs traitements.&nbsp;Mais ce qu&rsquo;on peut reprocher au gouvernement Bengali, c&rsquo;est de ne pas respecter les droits humains envers le Rohingyas.&nbsp;<strong>La police commet des exactions à leur encontre et il y avait le projet de carrément les transférer sur une île, et sans ressources !</strong>&nbsp;on ne peut attendre de fraternité musulmane de la part du gouvernement, car la politique menée au Bangladesh est laïque, nationaliste, pro-hindoue, dont l&rsquo;Inde influence grandement. Par exemple, le parti jam&rsquo;aa islamya au Bangladesh est sans cesse poursuivi, car il&nbsp;prône le retour d&rsquo;un pouvoir islamique, soit l&rsquo;exacte contraire de la politique du gouvernement actuel. Concernant la population, nous devons faire attention dans l&rsquo;aide que nous donnons au Rohingyas, et c&rsquo;est même eux qui nous disent de prendre nos précautions, afin de ne pas susciter jalousie, par peur de représailles en retour.</p>



<p><strong><em>Jack : justement, est-ce que cela&nbsp;ne vous cause pas de problème envers-vous même de ne pas pouvoir aider les Bengalis aussi ?</em></strong></p>



<p>Nordine : oui, d&rsquo;un côté, on aimerait les aider aussi, c&rsquo;est humain. Le problème auquel on est confronté, c&rsquo;est que lorsque nous faisons un appel au don, nous le faisons au nom des Rohingyas, pour leur cause. On ne peut pas s&rsquo;amuser à faire ce qu&rsquo;on veut par respect et honnêteté vis-à-vis de nos donateurs. Nous faisons attention dans l&rsquo;utilisation de l&rsquo;argent pour ne pas créer un problème en essayant d&rsquo;en solutionner un autre.</p>



<figure class="wp-block-image is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://i1.wp.com/www.ethik-life.com/wp-content/uploads/2017/05/Rohingyas-children-300x200.jpg?resize=352%2C235&amp;ssl=1" alt="" width="586" height="391"/></figure>



<p><strong><em>Jack : à combien estime-t-on la population et les réfugiés Rohingyas ?</em></strong></p>



<p>Nordine : Il n&rsquo;y a aucun chiffre officiel, car il n&rsquo;y pas de recensement. En 2015, la Birmanie a refusé de les recenser, car elle considère qu&rsquo;ils ne sont pas des Birmans.&nbsp;<strong>Il ne faut pas oublier que c&rsquo;est la population apatride la plus nombreuse au monde !</strong>&nbsp;On estime à 1.3 millions de Rohingyas dans le monde. Le problème, c&rsquo;est qu&rsquo;il y en a dans beaucoup de pays, mais ils ne sont pas considérés.</p>



<h3 class="wp-block-heading">« Dans des nombreux pays asiatiques, ils sont vus comme des gens sales. En Thaïlande par exemple, on les met en détention, il y a même un marché d&rsquo;esclave au nord de la Thaïlande, du trafic d&rsquo;organe et on a même découvert un charnier ! »</h3>



<p>​</p>



<p><strong><em>Jack : qu&rsquo;en est-il de la Malaisie vu comme une référence par les musulmans ?&nbsp;</em></strong></p>



<p>Nordine : la Malaisie traite relativement bien les Rohingyas, elle les laisse tranquille, mais ne leur accorde pas de statut juridique&nbsp;qui les protègeraient quelque part. Ils ont un statut de réfugiés donné par le bureau des Nations Unies, l&rsquo;UHCR en Malaisie, mais qui est très restrictif. Ils ne peuvent pas aller à l&rsquo;école publique, ont des&nbsp;problèmes pour travailler&#8230; C&rsquo;est pour cela qu&rsquo;on est en train de créer un orphelinat et une structure éducative là-bas.</p>



<p><strong><em>​Jack : Est-ce qu&rsquo;on sent la solidarité de la oumma qui arrive à se transcender avec ses valeurs ?</em></strong></p>



<p>Nordine : déjà entre nous en France il y a beaucoup à faire. Ensuite, aucun pays musulman ne se base réellement sur une législation islamique. Mais on retrouve de la solidarité au cas par cas et par des associations caritatives. En Malaisie, on a l&rsquo;ONG&nbsp;<a href="http://www.mapim2u.org/" class="">Mapim</a>&nbsp;qui fait un gros travail envers les Rohingyas, et qui intervient aussi en Palestine, Syrie&#8230; Leurs membres ont même été assiégés en Birmanie lors d&rsquo;une mission humanitaire. Ils sont aussi soutenus par le gouvernement malaisien. La Malaisie fait en sorte d&rsquo;entretenir son image de pays modèle envers les autres pays musulmans. La population locale nous a aussi aidés afin que l&rsquo;on puisse construire l&rsquo;orphelinat. Cela nous a été grandement utile. A la différence du Bangladesh où on a clairement eu une mauvaise expérience. Nous devions à la base construire notre orphelinat là-bas, mais les autorités nous ont bloqués pendant 6 mois et n&rsquo;ont pas voulu nous donner les autorisations nécessaires sous prétexte que cela causerait un appel d&rsquo;air, au final, le projet n&rsquo;a pu aboutir et cela nous fait perdre des mois. On sait bien que leur législation prime sur notre bon vouloir que ce soit au Bangladesh, en Birmanie, on se plie à leurs règles, on n&rsquo;est pas là pour créer des troubles.</p>



<p><em><strong>J</strong></em><strong><em>ack : lorsque que le moine bouddhiste birman Wirathu dit qu&rsquo;il vaut mieux épouser un chien qu&rsquo;un musulm</em></strong><em><strong>an, est-ce que son peuple le croit ?</strong></em></p>



<p>Nordine : c&rsquo;est la première fois que l&rsquo;on me pose cette question ! Mais je vais te répondre dans ce sens. Ayant été en Birmanie plusieurs fois, j&rsquo;ai pu mesurer le climat social, local et ses rapports qu&rsquo;ils ont avec les Rohingyas. Le bouddhisme nationalisme a une très grande emprise sur les Birmans. Le gouvernement est très lié à l&rsquo;autorité religieuse qui s&rsquo;appelle le Mabata, dont nombreuses lois sont voté sur proposition du comité suprême bouddhiste.&nbsp;<strong>La junte militaire a compris l&rsquo;influence que pouvait avoir une propagande bouddhiste et&nbsp;on a fabriqué une pensée unique, une propagande dès le plus jeune âge dans le système éducatif&nbsp;et les médias</strong>. les Rohingyas ont été pointés du doigt, car ils ne partagent pas la religion d&rsquo;état, ils sont physiquement différents avec un teint plus basané et sont vus comme des traîtres de la nation, on y reviendra plus tard sur ce point. Attention il y a une classe intellectuelle qui se rend&nbsp;bien&nbsp;compte que beaucoup de choses ne vont pas et voient bien toute cette manipulation, on a même des prisonniers politiques, c&rsquo;est important de le dire.&nbsp;Il y a aussi des choses choquantes là-bas. Par exemple, le volant est à ta droite, mais on roule quand même à droite ! Le bus dépose les gens en plein milieu de la route, sans compter les nombreux accidents que cela causent. Et personne pour remettre en cause ces absurdités. &nbsp;</p>



<p><strong><em>Jack :</em></strong><em>&nbsp;</em><strong><em>Ceci dit, il y a d&rsquo;autres musulmans là-bas qui ne sont pas Rohingyas, comment cela se passe pour eux ?</em></strong></p>



<p>Nordine : effectivement, les Rohingyas sont une ethnie à part entière, il existe 135 ethnies en Birmanie. On a une minorité musulmane là-bas qui s&rsquo;appellent les Kamans, ce sont les anciens archers du royaume d&rsquo;Arakan. Les Kamans ressemblent physiquement aux Birmans, à la différence des Rohingyas qui en plus subissent un racisme ordinaire de classe sociale. Les Kamans adoptent un prénom birman alors que les Rohingyas utilisent le plus souvent un prénom musulman, bien qu&rsquo;ils aient également un prénom bouddhiste. A Rangoun, on a des mosquées qui cohabitent avec des pagodes depuis des siècles. Aujourd&rsquo;hui, à cause de la crise des Rohingyas, il y a de la crispation, de la peur, et les Kamans se font discret pour ne pas que l&rsquo;on s&rsquo;attaque à eux aussi. Il y a eu aussi des commerces musulmans attaqués suite à une histoire inventée d&rsquo;une moine bouddhiste qu&rsquo;on aurait fait trébucher dans un commerce. Finalement, au-delà de l&rsquo;ethnie Rohingyas, c&rsquo;est bien à la religion musulmane que l&rsquo;on s&rsquo;attaque en Birmanie.&nbsp;</p>



<figure class="wp-block-image is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://i1.wp.com/www.ethik-life.com/wp-content/uploads/2017/05/Rohingyas-martyr-300x206.jpg?resize=345%2C237&amp;ssl=1" alt="" width="586" height="403"/></figure>



<p><strong><em>Jack : on parle d&rsquo;exactions, mais on en oublie d&rsquo;où ça a commencé tous ça ?​</em></strong></p>



<p>Nordine : en fait, il faut imaginer la Birmanie et cette partie de l&rsquo;Asie différemment qu&rsquo;il y a maintenant. Les problèmes actuels sont dus en partie au ravage de la colonisation anglaise. Auparavant, l&rsquo;état d&rsquo;Arakan était autrefois le royaume d&rsquo;Arakan. Les Arakanais se sont islamisés par les flux migratoires des arabo-indiens musulmans qui faisaient du commerce. D&rsquo;un côté, il y avait l&#8217;empire birman et de l&rsquo;autre côté, le Bengale, un territoire immense couvrant le Bangladesh, le Cachemire et l&rsquo;Inde. La colonisation britannique arrive et prend quasiment tous ces territoires, du Pakistan à la Birmanie. Les Britanniques ont ensuite administré tous ces territoires à leur façon. La région actuelle d&rsquo;Arakan et le Bangladesh étaient sous leur total contrôle et les colons exploitaient les richesses de ce territoire, champs miniers et agricoles. les Rohingyas étaient justement utilisés pour ces travaux-là.&nbsp;</p>



<h3 class="wp-block-heading">« Au nord de l&rsquo;Arakan, il y avait les Birmans qui eux ne voulaient pas se soumettre aux anglais, ils étaient vus comme des résistants alors que les Bengalis et Rohingyas étaient vus comme des traîtres qui ont collaborés, avec une couleur de peau noir et une autre religion. Ceci dit, c&rsquo;est un raccourci historique de dire ça : il y a eu du travail forcé, des persécutions et beaucoup de morts. »</h3>



<p>Lors de l&rsquo;indépendance de la Birmanie en 1948, le royaume de l&rsquo;Arakan a été coupé en deux avec les frontières coloniales, une partie dans le Bangladesh et l&rsquo;autre dans la Birmanie devenu l&rsquo;état d&rsquo;Arakan. Les Birmans disent que le territoire des Rohingyas est de l&rsquo;autre côté, chez le voisin bengali, alors qu&rsquo;historiquement, ils ont toujours vécu là ! En 1962, il y a eu un coup d&rsquo;état du général Ne Win, fondateur de la junte birmane. Il va attiser les tensions entre les ethnies, diviser pour mieux régner comme on dit. Il va mettre en place une propagande Bouddhiste sous couvert de nationalisme&nbsp;pour stigmatiser les autres ethnies aux alentours. Les chrétiens dans le nord, les animistes, les musulmans&#8230;</p>



<figure class="wp-block-image is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://i2.wp.com/www.ethik-life.com/wp-content/uploads/2017/05/historiques-300x300.jpg?resize=338%2C338&amp;ssl=1" alt="" width="594" height="594"/></figure>



<p><strong><em>Jack : en France la religion bouddhisme est vu une religion « peace », alors que ce n&rsquo;est pas le cas là bas, et y a-t-il eu des condamnations de représentant comme le Daïla Lama ?</em></strong></p>



<p>Nordine : nous, on n&rsquo;est pas en train de mettre en frontal les religions, on ne veut pas rentrer dans ce débat. On sait bien que le bouddhisme a été instrumentalisé. Le bouddhisme est une religion de paix, pas de problème avec ça. Mais à la différence d&rsquo;une religion comme l&rsquo;Islam qui est institutionnalisé, avec un livre révélé, une jurisprudence, il y a une totale liberté dans le bouddhisme, il n&rsquo;y a pas de texte fondateur, n&rsquo;importe qui, qui s&rsquo;agitent avec la parole peut se réclamer moine et bouddhiste, et on le voit bien avec le moine Wirathu qui arrive à influencer toute une population&nbsp;avec, faut le dire, un faible niveau de réflexion des Birmans, à qui on a fait subir un lavage de cerveau dès le plus jeune âge. On a eu des condamnations du Daïla Lama, il est d&rsquo;ailleurs interdit d&rsquo;entrer par la junte. Mais bon, il est un peu l&rsquo;épouvantail que l&rsquo;on agite lorsqu&rsquo;il y a des problèmes&#8230;</p>



<p><strong><em>Jack : Pour terminer, un mot sur Aung San Suu Kyi​ ?</em></strong></p>



<p>Nordine : c&rsquo;est dramatique, car beaucoup attendait un changement d&rsquo;elle. Il n&rsquo;y a rien qui a changé et on se rend compte qu&rsquo;elle n&rsquo;a pas réellement de pouvoir en Birmanie et que tout est verrouillé par la junte. Actuellement, elle est ministre des affaires étrangères. Déjà, elle ne peut pas devenir présidente, car la constitution veut que la personne aspirant à la plus haute fonction soit elle et sa famille 100 % birmane. Hors, elle&nbsp;s&rsquo;est mariée à un Anglais et a eux des enfants avec, on lui a fait bien comprendre que c&rsquo;est une chance qu&rsquo;elle est ce poste. Aussi, la junte garde les ministères clés, la défense, l&rsquo;intérieur, ils ont 25 % de sièges au parlement. De plus, il y a eu un accord passé avec Aung San Suu Kyi. S&rsquo;il y a des menaces pour l&rsquo;intégrité nationale, elle peut être destituée de ses fonctions et la junte reprend les pleins pouvoirs. Elle ne veut s&rsquo;immiscer dans ce qui se passe dans l&rsquo;état d&rsquo;Arakan de peur que cela se retourne contre elle, et de se mettre à dos toute la population birmane. Dernier point important sur Aung Sang Suu Kyi : elle&nbsp;refuse les accusations de viols de masse, les arrestations, les meurtres et l’incendie des maisons par les forces armées. Elle renie ce qui a été documenté et attesté par de nombreux journalistes et des chercheurs indépendants, y compris l’ONU.Le Conseil des droits de l’homme des Nations unies a décidé le mois dernier d’envoyer une mission d’enquête en Birmanie pour enquêter sur les violences présumées. Le gouvernement, cependant, a repoussé l’initiative des Nations unies qui déclare que la mission envenimerait la situation.&nbsp;</p>



<p><strong><em>Jack : barakallahoufik de cet entretien et de vos actions.</em></strong></p>



<p>Propos recueillis Par Jack, de Ethik-Life.com </p>



<p>Source :  <a href="https://www.ethik-life.com/avec-nordine-du-collectif-halte-au-massacre-en-birmanie">https://www.ethik-life.com/avec-nordine-du-collectif-halte-au-massacre-en-birmanie</a><a href="https://www.ethik-life.com/avec-nordine-du-collectif-halte-au-massacre-en-birmanie/">/</a> </p>
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		<title>Interview du Président du Collectif HAMEB par Upper-Mag</title>
		<link>https://hameb.org/interview-du-president-du-collectif-hameb-par-upper-mag/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 01 Jun 2019 13:38:41 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classifié(e)]]></category>
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					<description><![CDATA[Bonjour Nordine Errais, nous sommes heureux de vous recevoir sur Upper-mag. Parlez-nous de vous, qui êtes-vous ?  Je&#160;suis&#160;co-fondateur&#160;et&#160;président&#160;du&#160;Collectif&#160;HAMEB.&#160;Je&#160;milite&#160;depuis quelques années au côté de mes collègues pour la cause Rohingya, et comme le font aussi braillement d’autres confrères comme Moussa de BaniStreet, ou encore l’association Bereket Seri et d’autres. Vous êtes président de l’association « Collectif [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong>Bonjour Nordine Errais, nous sommes heureux de vous recevoir sur <a rel="noreferrer noopener" target="_blank" href="http://upper-mag.com/">Upper-mag</a>. Parlez-nous de vous, qui êtes-vous ?</strong> </p>



<p>Je&nbsp;suis&nbsp;co-fondateur&nbsp;et&nbsp;président&nbsp;du&nbsp;Collectif&nbsp;HAMEB.&nbsp;Je&nbsp;milite&nbsp;depuis quelques années au côté de mes collègues pour la cause Rohingya, et comme le font aussi braillement d’autres confrères comme Moussa de BaniStreet, ou encore l’association Bereket Seri et d’autres.</p>



<p></p>



<p><strong>Vous êtes président de l’association « Collectif Halte Au Massacre En Birmanie – HAMEB »dites-nous quel est le but de ce collectif.</strong>Oui, le but de cette ONG est tout d’abord de militer par tous les moyens pour défendre les droits de la minorité Rohingya dans le monde, et plus généralement des minorités ethniques discriminées en Birmanie telles que les Karens, les Chins et Kachin. Vous comprenez donc quela raison d’exister du collectif HAMEB est totalement légitime, et s’inscrit dans une logique de plaidoyer à long terme, dans une époque où la minorité Rohingya en a le plus besoin, et en dépit des médias qui tardent à s’en occuper.Le Collectif HAMEB intervient également sur le terrain depuis sa création en 2012. À ce jour,nous avons effectué plus d’une dizaine d’opération en Birmanie, en Malaisie, au Bangladesh, et en Indonésie. Nous allons la ou les Rohingyas se trouvent, malgré les risques et difficultés&nbsp;que nous rencontrons dans ces pays, et en particulier en Birmanie dans lesquels nous avons mené des opérations humanitaires très sensibles et assez&nbsp;risquées pour la sécurité de nos bénévoles.</p>



<p><strong>Le 16 septembre dernier, le Trocadéro a été témoin d’un rassemblement condamnant les actes de répressions et le meurtre contre des Musulmans dans l’État d’Arakan. Parlez-nous de ce rassemblement.</strong></p>



<p>Absolument, nous avons été à l’initiative de ce rassemblement avec le soutien et l’appui de plusieurs de nos partenaires comme Info Birmanie, Amnesty International, Dignité International, ERC ou encore <em>Human Right Mission&nbsp;</em>. Ce rassemblement est une réaction absolument légitime qui fait suite aux événements tragiques du mois d’août dernier que nous connaissons aujourd’hui, c’est-à-dire le massacre de plusieurs milliers de Rohingyas par l’armée birmane et a provoqué la fuite de plus de 530.000 personnes vers le Bangladesh dans des conditions inhumaines. L’armée a également commis des viols sur des femmes, brûler plusieurs villages Rohingyas qui sont aujourd’hui visibles via des images satellites analysées par Amnesty&nbsp;International.&nbsp;Nous&nbsp;avons&nbsp;maintenant des&nbsp;preuves&nbsp;d’un véritable&nbsp;nettoyage ethniques que nous dénonçons depuis des années !</p>



<p><strong>Dites-nous qui sont les Rohingyas, sont-ils Birmans comme le pense la doxa ou sont-ilsBangladais comme le dise les Birmans ?</strong> </p>



<p> Selon l’ONU, la communauté Rohingya est l’une des plus persécutées au monde. Ils font partie des 135 ethnies qui&nbsp;composent la mosaïque ethnique très&nbsp;diverse de la Birmanie.&nbsp;Comme le rapportent plusieurs&nbsp;historiens, ce&nbsp;sont descendants de&nbsp;commerçants arabes, turcs,&nbsp;bangalis ou mongols et leur présence en Birmanie au XVe siècle. La junte birmane estime pourtant qu’ils seraient arrivés au moment de la colonisation britannique et les considère comme des immigrants illégaux Bangladais. La junte a alors mené, avec le soutien de certains moines extrémistes Bouddhistes, une compagne de propagande féroce pour les isoler et les pointer du doigt comme étant le problème numéro 1 du pays. C’est alors qu’en 1982, une loi a été mis en place pour leur retirer la citoyenneté birmane. Après des décennies de répressions et d’exactions, <strong>les Rohingyas ne seraient plus que 800.000 dans un pays qui compte près de 52 millions d’habitants à majorité bouddhiste</strong></p>



<p><strong>Que pensez-vous qu’il faille faire pour arrêter ce massacre ? et l’ONU est-il en partie responsable de laisser faire ?</strong></p>



<p>C’est une question très dicile et personne ne détient la solution miracle. Cependant, ce que nous avons toujours exiger, c’est l’arrêt immédiat des exactions et le rétablissement de l’accès aux humanitaires. Pour y arriver, les efforts doivent se faire aussi bien à l’intérieur du pays (le gouvernement, les partis politiques, la société civile Birman) mais aussi de l’extérieur, à travers la pression de la communauté internationale en misant sur l’action additionnée de divers organes tels que les institutions représentatives internationales (ONU, Commissions Européens, l’action de l’ASEAN…Etc.), les différentes sociétés civiles dans le monde (ONG,manifestations…etc.), mise en place de mesures et sanctions efficaces (embargo économiques et militaires…) par des compagnes de&nbsp;boycotts et de sensibilisation a plus large échelle.</p>



<p><strong>Comment peut-on aider les Rohingyas ?</strong></p>



<p>Eh bien, il y a plusieurs leviers. Il existe un certain nombre d’associations qui commencent à agir et mettre en place des actions pérennes. Il faut aider ces associations à travers des dons ou en devenant bénévoles. Aller sur le terrain dans les pays où se trouvent des milliers de Rohingyas comme le Bangladesh, la Thaïlande ou la Malaisie…etc. et y prêter main-forte aux initiatives locales lorsqu’ils en existent (orphelinats, camps … Etc.). Il est également important d’aller au-delà de l’humanitaire, il faut que chacun s’implique à son niveau pour militer et devenir une voix supplémentaire pour la défense des Rohingyas. Et c’est véritablement de ça dont ils ont besoin, an de les aider à rétablir leur droit le plus élémentaire (interpeller les pouvoirs publics, les élus, organiser des compagnes de sensibilisations, de rassemblements…etc), tout est bon pour faire avancer cette cause et la même au même titres que les autres causes nobles dans le monde telles que la cause Syrienne, Palestinienne, Yéménite, les Chrétiens d’Orient, la cause Centrafricaine…etc.</p>



<p><strong>Avez-vous prévu un prochain convoi humanitaire ?</strong>Une prochaine action est en cours de mise en place et aura probablement lieu en ce mois novembre. Cela sera probablement l’une des plus grosses opérations humanitaires que nous n’ayons jamais organisées. Nous avons initié une coordination avec la participation de plusieurs de nos partenaires. L’idée est de mettre en place une coalition humanitaire qui regroupe toutes les associations de bonne volonté et mutualiser ainsi nos efforts et compétences aussi bien dans le médicale, que dans l’alimentaire, ou non alimentaire. Nous espérons atteindre avec nos partenaires le plus de bénéficiaires possibles dans les camps du district de Teknaf au Bangladesh, et apporter ainsi un peu de réconfort à ces milliers de personnes </p>



<p><strong>Quelles sont les difficultés rencontrées sur le terrain ?</strong>En ce qui concerne la Birmanie, l’accès y est totalement fermé pour les ONG humanitaires, et le risque est très élevé pour y tenter une action. Nous avons donc reporté nos prochains voyages et attendons que la situation se calme un peu. Au Bangladesh, le terrain n’est pas sans difficultés non plus. En eet, le cas des Rohingya étant très politisé dans ce pays, la réglementation change alors très rapidement et nous pouvons avoir des blocages administratifs et/ou opérationnels à tout moment. Mais nos équipes et nos partenaires y travaillent dur pour faire parvenir les dons dans de bonnes conditions.<strong>Quelle est l’ampleur de la mobilisation mondiale ?</strong>La mobilisation est plutôt disparate d’un pays à un autre. Les pays arabes sont quasiment absents dans le soutien de cette cause. Quelques initiatives gouvernementales isolées telles que la Turquie, le Maroc, l’Algérie ou encore quelques pays du Golf et l’Asie ont déjà envoyé des aides humanitaires. Mais la mobilisation des sociétés civiles reste insusante. Sans les actions des associations, la mobilisation serait quasiment absente </p>



<p><strong>Trump et Macron a dénoncé devant l’ONU le « nettoyage ethnique » contre la minorité musulmane des Rohingyas, pensez-vous que cela puisse faire&nbsp;bouger les choses ?</strong></p>



<p>Ces déclarations inattendues sont assez nouvelles, surtout pour la France qui a toujours gardé son silence sur la question. Bien entendu, ces déclarations ont des conséquences sur le plan diplomatique et contribuent à faire pression sur le gouvernement birman. Mais dans tous les cas, cela reste insuffisant car il faut une véritable coalition et coordination internationale qui doit perdurer dans le temps jusqu’à faire réagir les autorités Birmanes.</p>



<p><strong>Parlez-nous des projets du Collectif HAMEB et en Europe.</strong></p>



<p>Le Collectif HAMEB dispose de plusieurs antennes en France et l’étranger (Belgique, Suisse et Malaisie, et j’espère une prochaine antenne au Bangladesh). HAMEB est Composé intégralement que de bénévoles qui dépensent de leur temps et énergie pour la cause Rohingya depuis plusieurs années. Actuellement, nous avons plusieurs projets que nous menons quotidiennement (des conférences d’information et de sensibilisations régulières à travers la France, des galas de collecte de dons, des interventions régulières auprès de la presse et des pouvoirs publics…etc.). Nous préparons également avec nos partenaires notre prochaine opération humanitaire baptisée CSR (Coordination Solidarité Rohingya) en novembre prochain. Enn, notre antenne malaisienne travaille quasi-quotidiennement pour mettre à pied notre orphelinat dédié aux enfants orphelins.</p>



<p><strong>Quels sont vos vœux pour les Rohingyas ?</strong>&nbsp;J’espère de&nbsp;tout cœur&nbsp;que&nbsp;les différentes&nbsp;mobilisations et&nbsp;les efforts&nbsp;de chacun&nbsp;de nous&nbsp;feront progresser positivement la cause Rohingya. J’espère que nous atteindrons notre but ultime : la réintégration sereine et complète des Rohingyas dans leur pays, qu’ils retrouvent leur citoyenneté ; leur dignité et leurs droits élémentaires </p>



<p>Interview réalisé par UpperMag &#8211; 2 Janvier 2018</p>
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